Cruz en disgrâce, mais reste la coqueluche de la droite pro-Israël
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Cruz en disgrâce, mais reste la coqueluche de la droite pro-Israël

Des sources proches des Adelson nient avoir rejeté le sénateur du Texas et disent que les méga-donateurs maintiennent une distance jusqu'au 8 novembre

L'ancien candidat aux primaires républicaines de 2016 le sénateur  Ted Cruz pendant un meeting de campagne au Centre juif de Brighton Beach dans le quartier de Brooklyn à New York, le 7 avril 2016. (Crédit photo: Victor J. Blue/ Bloomberg)
L'ancien candidat aux primaires républicaines de 2016 le sénateur Ted Cruz pendant un meeting de campagne au Centre juif de Brighton Beach dans le quartier de Brooklyn à New York, le 7 avril 2016. (Crédit photo: Victor J. Blue/ Bloomberg)

CLEVELAND, Ohio (JTA) – L’épisode captivant de mercredi soir de la répudiation soudaine et dramatique du sénateur du Texas Ted Cruz par Sheldon Adelson, le grand philanthrope pro-israélien et donateur républicain, semble avoir un peu moins de conséquences jeudi matin, selon des proches d’Adelson et de sa femme, Miriam.

Il n’y a pas rupture, disent-ils, juste un refroidissement jusqu’au lendemain du 8 novembre, jour de l’élection. Jusque-là, les Adelson investissent dans Donald Trump, alors que Cruz reste un chouchou de la droite pro-Israël.

Les medias avaient rapporté mercredi soir que Cruz avait été banni de la suite des Adelson au Quicken Loans Arena de Cleveland après qu’il ait refusé de soutenir Trump lors de son discours à la conférence republicaine mercredi soir et ait dû quitter la scène sous les huées des délégués.

Décrire ce qui est arrivé comme un affront ou un bannissement serait le « dénaturer complètement », a dit le rabbin Shmuley Boteach, qui était présent et a publié un communiqué à la demande des Adelson.

« Après le discours, étant donné son contenu digne d’intérêt, il semble que de nombreux journalistes aient suivi le sénateur là ou il s’est rendu, notamment dans la suite du couple Adelson », a écrit Boteach. « La décision a été prise par les conseillers des Adelson de ne pas faire de spectacle dans la petite suite privée compte tenu de l’intense attention médiatique entourant le sénateur à ce moment mais plutôt de le rencontrer le lendemain en privé. »

Sheldon Adelson pendant une réunion des dirigeants de la Coalition juive républicaine à Las Vegas, le 29 mars 2014. (Crédit : Ethan Miller / Getty Images / AFP)
Sheldon Adelson pendant une réunion des dirigeants de la Coalition juive républicaine à Las Vegas, le 29 mars 2014. (Crédit : Ethan Miller / Getty Images / AFP)

Boteach, dont le groupe de lobbying The World Values Network est financé en grande partie par les Adelson, a précisé que le couple a prévu de rencontrer Cruz jeudi en privé.

« Quelles que soient les différends qu’ils auraient eus avec le discours du sénateur Cruz, ils n’auraient jamais choisi de manquer de respect à un ami qui est un sénateur des États-Unis, un patriote et un ami fidèle d’Israël, » a-t-il conclu.

Cruz est peut-être toujours le meilleur ami politique des militants pro-israéliens qui soutiennent des implantations et voudraient écarter pour de bon la solution à deux Etats, selon Morton Klein, le président de la Zionist Organization of America (ZOA).

« Il n’y a pas mieux que Cruz », estime Klein, dont l’organisation est également un des principaux bénéficiaires de largesses d’Adelson, mais qui a souligné qu’il ne parlait pas au nom du magnat des casinos.

« Je veux dire, d’autres aussi sont bien, » a-t-il ajouté, en mentionnant l’ancien président de la Chambre Newt Gingrich et l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee pami ceux qui furent des candidats aux primaires et peut-être le seront une prochaine fois. « Mais il n’y a pas mieux. »

Les Adelson se sont tenus à l’écart de cette course présidentielle pendant des mois, en partie parce que leur généreux soutien pour Gingrich en 2012 aurait retardé les efforts de Mitt Romney qui fut finalement le candidat choisi pour évincer le président Barack Obama (qui, comme la candidate démocrate de cette année, Hillary Clinton, est considérée comme une menace plus grande que Trump).

Pourtant, Adelson a révélé l’année dernière qu’il était favorable au sénateur de Floride Marco Rubio, tandis que sa femme était impressionnée par Cruz. Les deux candidats avaient aux yeux des pro-israéliens de droite un historique inattaquable sur Israël et sur l’accord nucléaire avec Iran.

Adelson n’a indiqué sa préférence pour Trump qu’en mai, après que la campagne de Rubio ait implosé – il a perdu dans son propre Etat, en Floride, aux dépens de Trump – et après que Trump ait émergé comme le candidat présumé, en dépit d’une joute tardive contre Cruz. Adelson aurait dit à Trump qu’il soutiendrait sa campagne à hauteur de dizaines de millions de dollars.

Il n’y avait pas beaucoup d’amour entre les deux. Lorsque Trump se vantait l’an dernier qu’il n’a pas besoin de l’argent d’Adelson, des sources proches de ce dernier ont été citées comme disant qu’il avait assidûment courtisé le magnat du casino.

Le refus de Trump à dire qu’il tuerait complètement l’accord avec l’Iran – il dit qu’il le déteste, mais semble ouvert à le peaufiner plutôt que de le démolir purement et simplement – et son va-et-vient sur la question de savoir s’il resterait « neutre » sur Israël étaient également une préoccupation pour Adelson et d’autres républicains.

Les candidats aux présidentielles républicains Donald Trump (à gauche) et le sénateur Ted Cruz, discutent pendant une pause de diffusion lors du débat présidentiel républicain sur le campus de l'Université de Miami à Coral Gables, le 10 mars 2016. (Crédit photo : Joe Raedle / Getty Images / AFP)
Les candidats aux présidentielles républicains Donald Trump (à gauche) et le sénateur Ted Cruz, discutent pendant une pause de diffusion lors du débat présidentiel républicain sur le campus de l’Université de Miami à Coral Gables, le 10 mars 2016. (Crédit photo : Joe Raedle / Getty Images / AFP)

Donc, lorsqu’il a semblé mercredi soir qu’Adelson avait ordonné à Cruz de quitter sa suite, il y avait des spéculations sur un fossé. Ces rapports semblaient se confirmer lorsque le conseiller d’Adelson, Andy Abboud, a posté une photo sur Twitter de Trump posant avec les Adelsons avec la légende, « Les Adelson et leur choix pour la présidence ! »

Toutefois, une source proche des Adelson a immédiatement dit à CNN qu’ils avaient écarté Cruz parce qu’ils ne voulaient pas qu’il utilise le couple « comme un outil contre Trump » – ce qui suggère que l’éloignement était dû à des considérations électorales (ce qui sera sans importance après le 8 novembre) et non une rupture permanente.

Cruz était la vedette lors du dîner annuel de la ZOA en 2014. La vedette de 2016 sera le représentant républicain Ed Royce qui préside la commission des Affaires étrangères à la Chambre des Représentants, mais Cruz sera accueilli en héros s’il venait, a dit Klein. (Le dîner aura lieu en décembre, après que l’élection aura laissé les tensions des primaires dans le brouillard.)

« Les Juifs sont de fervents partisans de Cruz, principalement en raison de ses positions pro-Israël, je crois que cela aura eu peu d’impact», a-t-il dit. « »Parce que tout le soutien pour Cruz tourne autour de ses positions fermes sur Israël. »

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