Dahlane, rival d’Abbas, pense que le dirigeant palestinien est un “échec”
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Dahlane, rival d’Abbas, pense que le dirigeant palestinien est un “échec”

L’ancien homme fort du Fatah, en exil, déclare que le président de l’AP devrait cesser la coopération sécuritaire avec Israël, critique le Hamas et la lutte armée

Mohammad Dahlane en 2006. (Crédit : Michal Fattal/Flash90)
Mohammad Dahlane en 2006. (Crédit : Michal Fattal/Flash90)

L’ancien fonctionnaire du Fatah, aujourd’hui en exil, Mohammad Dahlane s’en est pris samedi à son rival, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, parlant de lui comme un « échec » et accusant l’approche des négociations pour un accord de paix du vieil homme d’Etat d’être complètement infructueuse.

« Aucun Palestinien dans le passé, le présent ou le futur, ne sera aussi souple avec les Israéliens [qu’Abbas] », a accusé Dahlane pendant un entretien avec le Washington Post publié samedi.

Il a affirmé qu’Israël et son Premier ministre Benjamin Netanyahu pouvaient se permettre d’esquiver les pourparlers et de continuer sans relâche leurs politiques en Cisjordanie parce que la direction palestinienne actuelle était faible et « complaisante ».

Si l’AP cherchait vraiment à faire avancer la cause palestinienne, a continué Dahlane, Abbas, 80 ans, devrait cesser le « faux jeu de négociations » avec l’Etat juif, et suspendre la coordination sécuritaire avec les Israéliens.

Dahlane a également critiqué la Maison Blanche, déclarant que le président Barack Obama n’a fait « aucun effort réel pour arriver à la paix entre les peuples israélien et palestinien », et a émis des protestations contre les officiels américains qui n’ont pas demandé qu’Israël stoppe la construction d’implantations en Cisjordanie et dans Jérusalem est.

Mahmoud Abbas accuse l'occupation d'Israël pour expliquer la violence en Cisjordanie ces dernières semaines. Vu ici dans son bureau de Ramallah, le 6 octobre 2015 (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)
Mahmoud Abbas accuse l’occupation d’Israël pour expliquer la violence en Cisjordanie ces dernières semaines. Vu ici dans son bureau de Ramallah, le 6 octobre 2015 (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Dahlane, ancien chef de la sécurité à Gaza qui a été expulsé du Fatah par Abbas et forcé à l’exil aux Emirats Arabes Unis, a émergé comme l’un des rivaux politiques les plus importants d’Abbas, à la fois dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Des financements massifs des Emirats acheminés via Dahlane aux Palestiniens appauvris ont contribué à sa popularité, particulièrement parmi les résidents des camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie et au Liban.

Il y a deux ans, un tribunal palestinien a reconnu Dahlane coupable par contumace pour diffamation et l’a condamné à deux ans de prison. Il risque d’être emprisonné s’il retourne en Cisjordanie. Dahlane, cependant, n’a de cesse accusé Abbas d’avoir utilisé un « verdict politique » contre lui.

Dahlane est tombé en disgrâce en juin 2007 après la déroute humiliante de ses troupes par le Hamas dans une guérilla de plusieurs semaines qui a vu les islamistes expulser le Fatah de la bande de Gaza.

Pendant l’entretien de samedi, l’ancien homme fort du Fatah a déclaré que la prise de la bande de Gaza par le Hamas n’avait pas aidé les Palestiniens à atteindre leur objectif de mettre en place un Etat, et que les attaques continues du groupe terroriste contre Israël ne donnaient aucun résultat concret.

« Ils ne peuvent pas montrer que leurs roquettes sont la solution », a-t-il déclaré.

Les partisans palestiniens du chef de file du Fatah, Mohammed Dahlan qui a été renvoyé, qui crient des slogans lors d'une manifestation dans la ville de Gaza, le 18 décembre 2014 (Crédit : AFP / Mohammed Abed)
Les partisans palestiniens du chef de file du Fatah, Mohammed Dahlan qui a été renvoyé, qui crient des slogans lors d’une manifestation dans la ville de Gaza, le 18 décembre 2014 (Crédit : AFP / Mohammed Abed)

Dahlane a ajouté qu’il s’opposait à la lutte armée contre Israël, et a déclaré que la vague actuelle de violence dans la région était le produit du désespoir. Au lieu d’attaquer Israël, a affirmé Dahlane, le peuple palestinien devrait s’engager dans des actes de « résistance avec des pertes minimales », selon le Washington Post.

Le dirigeant palestinien en exil a dans le passé appelé fortement à l’éviction d’Abbas.

Dans son entretien avec le Post, Dahlane a déclaré que les « jeunes doivent être impliqués » dans les affaires politiques palestiniennes, et a appelé l’AP à tenir de nouvelles élections législatives dès que possible.

« Nous devons construire une autorité et la renforcer », a-t-il conclu.

Avi Issacharoff et Adiv Sterman ont contribué à cet article.

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