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Danon soupçonné d’avoir acheté une couverture médiatique positive

Une enquête a été ouverte par le ministère des Affaires étrangères après qu’un article ait prétendu que l’ambassadeur à l’ONU avait acheté un article élogieux pour promouvoir son travail diplomatique

L'ambassadeur israélien à l'ONU Danny Danon lors d'une conférence anti-BDS au siège des Nations Unies à New York, le 17 novembre 2016. (Crédit : Harel Rintzler)
L'ambassadeur israélien à l'ONU Danny Danon lors d'une conférence anti-BDS au siège des Nations Unies à New York, le 17 novembre 2016. (Crédit : Harel Rintzler)

Le ministère des Affaires étrangères aurait diligenté une enquête sur l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, après l’apparition d’allégations selon lesquelles le diplomate aurait acheté des couvertures médiatiques positives au site Internet populaire Walla, pour louer ses efforts diplomatiques publics au début du mois.

Danon a démenti ces affirmations mais l’étude lancée par le ministère concernant cet incident est en cours après une investigation faite par le quotidien Haaretz, qui prétend que l’ancien membre du Likud a acheté un reportage en violation des réglementations officielles.

Selon le rapport, dans le sillage d’une conférence visant à contrer les boycotteurs d’Israël qui avait été organisée par Danon au siège des Nations unies à New-York au début du mois, à laquelle avaient assisté plusieurs organisations juives américaines éminentes, Walla avait publié un article qui faisait l’éloge de Danan et de son travail diplomatique.

Cet article du 17 novembre n’était pas signé et était initialement attribué à “Walla News en coopération avec l’ambassade à New York”.

Suite à une enquête menée par Haaretz et soumise au ministère des Affaires étrangères et à la mission israélienne à l’ONU, la signature avait été modifiée, affichant dorénavant “Walla News en coopération avec les organisations de lutte contre le mouvement BDS.”

L’article correspondant était une reprise presque mot pour mot d’un communiqué de presse envoyé, vingt-quatre heures auparavant, par le bureau de Danon, et reprenait des photographies émises par le même bureau.

Cette conférence avait accueilli un certain nombre de groupes juifs américains majeurs dont le Congrès Juif Mondial, B’nai B’rith, CAMERA, Hillel, StandWithUs, l’organisation sioniste d’Amérique et le Israeli-American Council.

Remarquablement absent toutefois, les personnels du ministère des Affaires étrangères basés à New York, qui auraient pensé que Danon avait organisé cette conférence de prime abord afin de promouvoir ses intérêts politiques et personnels propres.

Peu après, le porte-parole de Danon, Elie Bennett avait émis une réponse à l’attention du quotidien, démentant que l’article ait été payé.

“La délégation israélienne à l’ONU n’a jamais commissionné un quelconque contenu acheté”, affirmait le communiqué. « L’événement entier coopérait avec des organisations qui combattent le mouvement BDS de différentes manières ».

La division chargée des Médias et des Affaires publiques au sein du ministère des Affaires étrangères a néanmoins lancé une enquête sur Danon et son bureau, avec pour objectif de déterminer si d’éventuelles procédures ministérielles ont été violées.

Selon les réglements officiels, les ambassades doivent soumis une demande et obtenu l’approbation du ministère des Affaires étrangères avant que tout contenu sponsorisé soit autorisé à apparaître dans les médias israéliens. De plus, la diplomatie publique au nom d’Israël et parrainée par des organisations juives doit également être pré-approuvée par les responsables du ministère.

Mais une enquête préliminaire effectuée sur l’incident a déterminé que ni Danon ni son bureau n‘ont demandé la permission d’acheter du contenu sur Walla, ou d’accepter le financement d’une organisation partenaire dans ce but.

Danon a démenti que son bureau ait payé quoi que ce soit pour l’article, et déclare ne pas savoir qui est responsable de la publication du reportage.

Selon Haaretz, le ministère des Affaires étrangères a estimé que les explications apportées par Danon étaient insuffisantes et son directeur général actuel, Yuval Rotem, ainsi que son inspecteur général, Orna Sagiv, ont ordonné que l’enquête continue à suivre son cours.

Un haut-responsable du ministère a été cité, affirmant que des « démarches supplémentaires » avaient été prises en considération pour déterminer si Danon avait – directement ou indirectement – acheté l’article paru sur Walla.

Walla s’est refusé à tout commentaire en réponse aux demandes formulées par Haaretz.

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