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Dans son accord de coalition, le Shas s’est vu promettre des milliards de shekels

Parmi les promesses, il y a les 5,85 milliards de shekels pour la santé, 1 milliard de shekels en aide alimentaire directe et 220 millions de shekels pour les bâtiments religieux

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le leader du Shas, Aryeh Deri, lors d'un vote à la Knesset, le 28 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le leader du Shas, Aryeh Deri, lors d'un vote à la Knesset, le 28 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans son accord de coalition conclu avec le Likud du nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu, le parti ultra-orthodoxe Shas a obtenu la promesse de milliards de shekels pour faire avancer ses principaux programmes, notamment le soutien aux Israéliens défavorisés, des avantages pour la communauté religieuse et ses institutions, et l’amélioration des services de santé, notamment dans ce qu’on appelle la périphérie.

La focalisation sur ses priorités socio-économiques et religieuses est depuis longtemps une stratégie gagnante pour le Shas. Le parti n’a pas formulé de demandes indépendantes en matière de sécurité ou de politique étrangère, et a en grande partie accepté les demandes du Likud allant au-delà de ses intérêts fondamentaux.

En plus des questions politiques, le Shas a obtenu six portefeuilles ministériels qui seront attribués à cinq de ses 12 législateurs. Le chef du parti, Aryeh Deri, obtiendra deux de ces portefeuilles, en revenant à la tête du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Santé. Il sera également vice-Premier ministre pendant toute la législature.

Les portefeuilles des Affaires religieuses et des Affaires sociales reviendront également au Shas, qui aura aussi deux autres ministres au sein – mais non à la tête – des ministères des Affaires sociales et de l’Éducation.

Pour assumer ses ministères aux côtés des autres membres du 37e gouvernement d’Israël lorsqu’ils prêteront serment jeudi, Deri a fait pression pour que soit modifiée l’une des lois fondamentales qui sous-tendent la structure du gouvernement d’Israël. Reconnu coupable de fraude fiscale en janvier et condamné à une peine avec sursis, Deri aurait dû se présenter devant la commission centrale électorale qui devait décider s’il était apte ou non à devenir ministre, la question étant de savoir si son crime comportait une turpitude morale.

Pour éliminer cette obligation, la coalition entrante a adopté mardi une loi qui limite le critère aux seules peines privatives de liberté – et non aux peines avec sursis. Netanyahu a rallié son parti, le Likud, pour accélérer cette promesse législative.

Le chef du Likud Benjamin Netanyahu, à droite, avec le dirigeant du Shas, Aryeh Deri, lors d’une conférence organisée à Jérusalem, le 12 septembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Aryeh Deri devrait également permuter ses postes aux ministères de l’Intérieur et de la Santé pour le ministère des Finances, à mi-parcours de la législature. Dans l’intervalle, il a obtenu une autorité budgétaire distincte sur le ministère de l’Intérieur, sans participation du ministère des Finances. Il a également débloqué 5,85 milliards de shekels pour améliorer le système de santé, en mettant l’accent sur l’amélioration des services dans les communautés défavorisées et éloignées du centre d’Israël.

Le parti Shas se présente régulièrement comme un parti « social » dont le slogan électoral était « faim de changement », une expression à double sens qui fait allusion aux familles pauvres particulièrement touchées par l’augmentation du coût de la vie en Israël. Le parti a tenu l’une de ses principales promesses électorales, en obtenant « au moins » un milliard de shekels pour renouveler un programme de cartes pré-chargées visant à fournir une aide alimentaire aux familles nécessiteuses. Le programme sera géré par le ministère de l’Intérieur de Deri.

Voici les principales promesses contenues dans l’accord de coalition entre Shas et le Likud, signé mercredi. Ces accords de coalition ne sont pas juridiquement contraignants et leurs clauses ne sont pas toujours appliquées.

Extension des prestations sociales et lutte contre l’augmentation du coût de la vie

En plus du milliard de shekels supplémentaires qu’il a obtenu pour son programme de cartes alimentaires, le Shas a exigé et signé une série de politiques visant à soutenir le développement socio-économique des communautés ultra-orthodoxes, à accroître leur participation à la vie active, à réduire les coûts associés à la bureaucratie gouvernementale et, d’une manière générale, à lutter contre la forte hausse du coût de la vie.

Le parti a obtenu du gouvernement qu’il élabore un plan quinquennal pour le développement socio-économique des ultra-orthodoxes, portant sur des domaines tels que le logement, les transports, les soins de santé, l’éducation, le renforcement des autorités locales, les infrastructures, l’emploi et la réduction des écarts socio-économiques.

La population ultra-orthodoxe d’Israël est, de manière disproportionnée, proche du seuil de pauvreté, un grand pourcentage de ses hommes choisissant de privilégier les études religieuses à plein temps plutôt que de participer à la vie active. De plus, en raison de l’éducation dispensée dans un système parallèle qui n’inclut pas toujours des matières fondamentales comme l’anglais et les mathématiques, et des difficultés à respecter un style de vie ultra-orthodoxe dans un environnement de travail laïc, de nombreux membres de la communauté ont du mal à obtenir des emplois lucratifs dans le secteur traditionnel.

Des entrepreneurs ultra-orthodoxes faisant leurs prières de l’après-midi à Ampersand, l’espace de co-working mis en place par KamaTech, le 4 juillet 2019 (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Pour encourager la participation à la vie active, l’accord du Shas prévoit également un impôt négatif sur le revenu et des crédits d’impôt pour les familles qui travaillent, ces derniers prenant la forme de points de crédit partiels pour chaque enfant supplémentaire.

Le parti a également signé des initiatives visant à réduire la bureaucratie pour les Israéliens travaillant à leur compte, ainsi qu’une réforme des licences permettant aux nouveaux immigrants de travailler dans des professions pour lesquelles ils ont reçu des certifications dans leur pays d’origine.

Le Shas a également fait pression pour que les diplômes religieux soient reconnus comme équivalents aux diplômes de l’enseignement supérieur, afin de pouvoir participer aux appels d’offres gouvernementaux, qui stipulent souvent des exigences relatives au niveau d’études requis pour les postes.

Afin d’encourager la construction d’environ 300 000 nouveaux logements pour répondre à la crise du logement en Israël, le parti veut également réduire les obstacles bureaucratiques à la construction. La bureaucratie sera également réduite pour les produits importés afin d’adopter les normes européennes au lieu des normes israéliennes particulières pour un nombre encore plus grand de biens et de produits, réduisant ainsi les coûts et les obstacles à l’importation.

Conformément aux promesses faites par le Likud, le Shas s’est engagé à geler les taxes sur les services publics et les taxes foncières municipales, ainsi qu’à envisager le gel des prix des carburants et des marchandises à prix contrôlé.

Supprimant une source particulière d’irritation au sein de la communauté ultra-orthodoxe, Shas et Yahadout HaTorah, un autre parti ultra-orthodoxe, ont tous deux obtenu l’engagement d’annuler les taxes adoptées par le gouvernement sortant pour augmenter le prix des couverts à usage unique et des boissons sucrées.

Un épicier dans la ville de Katzrin, dans le nord du plateau du Golan, le 1er juillet 2022. Illustration (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Parmi les autres initiatives relatives au coût de la vie, le parti s’est engagé à soutenir la privatisation du port d’Ashdod, à examiner les possibilités de réduire ou de subventionner les aliments sans gluten, à soutenir la promesse du Likud de fournir une éducation gratuite de la naissance à l’âge de 3 ans et à construire une nouvelle ville ultra-orthodoxe.

Le parti souhaite toutefois revenir sur les réformes agricoles actuelles et controversées adoptées par le gouvernement sortant, destinées à abaisser les barrières protectionnistes imposées aux importations alimentaires. Le Shas a déclaré qu’il tenterait plutôt de trouver un « équilibre » entre la réduction des prix et le renforcement de l’agriculture nationale.

Augmenter les avantages socio-économiques pour les soldats, tout en diminuant le service

Le Shas, ainsi que Yahadout HaTorah, font pression pour deux grandes lois qui permettront d’exempter les hommes ultra-orthodoxes du service militaire.

Dans un premier temps, les partis continueront à faire pression pour un amendement à la loi actuelle sur la conscription qui réduira davantage les quotas de conscription militaire des ultra-orthodoxes, permettant aux hommes d’étudier dans des institutions religieuses à la place. Ensuite, les partis feront pression pour l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale : L’étude de la Torah, qui rehaussera le statut juridique de l’étude de la Torah et pourrait donner une base plus solide à la poursuite des exemptions de service pour l’étude de la religion.

Parallèlement à cette initiative, le Shas a décidé de soutenir les politiques initiées par le Likud pour soutenir financièrement les soldats.

Les propositions visent à augmenter de 20 % le salaire des soldats engagés pour leur période de service obligatoire et à porter la rémunération des soldats de combat à un niveau proche du salaire minimum. Les anciens combattants éligibles verraient le financement de leurs bourses d’études porté à 100 % dans le cadre du programme « De l’uniforme aux études« , conformément à une promesse faite par le Likud lorsqu’il a tenté de saboter la législation dans le but de renverser le gouvernement sortant.

Illustration: les soldats de Tsahal lors d’un raid en Cisjordanie. (Forces de défense israéliennes)

Le programme prévoit également d’accorder à chaque soldat une année d’étude gratuite pour chaque année de service et de créer un plan de mesures préférentielles pour les anciens combattants qui souhaitent étudier la médecine, le droit, l’informatique, la comptabilité ou l’ingénierie. Il permettrait également d’augmenter les ressources et le soutien aux soldats souffrant de troubles de stress post-traumatique.

Injection de fonds pour améliorer l’accès aux soins et aux services de santé

Selon des sources du parti Shas, Deri aurait voulu que le portefeuille de la Santé soit en phase avec les efforts du parti pour aider les communautés mal desservies. L’accès et les ressources en matière de soins de santé varient considérablement à travers Israël, et les communautés déconnectées des régions du centre du pays sont particulièrement désavantagées à cet égard.

En prévision de son entrée au ministère de la Santé, Deri a obtenu un budget supplémentaire de 5,85 milliards de shekels pour améliorer l’accès et les services. L’argent est notamment destiné à réduire le coût des services de santé pour les patients, à améliorer la technologie hospitalière, à augmenter le nombre de lits d’hôpitaux, à améliorer les soins aux nourrissons et à réduire le temps d’attente pour les rendez-vous.

Aryeh Deri (Crédit : Dessin de Szlakmann)

Grâce à un certain nombre de priorités politiques et d’autorités l’accompagnant au ministère de la Santé, Deri a obtenu la promesse de bénéficier de ce financement sans intervention du ministère des Finances.

Relier la périphérie au reste du pays

Depuis des années, Shas s’efforce de soutenir les communautés situées au-delà des grandes villes israéliennes et de l’étalement urbain, et d’obtenir leur soutien.

Le parti s’est engagé à mieux connecter ces régions périphériques au reste du pays, ainsi qu’à réduire les coûts de déplacement entre la périphérie et le centre.

Le Shas s’est engagé à soutenir la construction d’un TGV reliant Kiryat Shmona, au nord, à Eilat, au sud d’Israël, à développer les transports publics vers la périphérie, à annuler la récente réforme des transports et à rétablir les subventions aux transports publics pour les communautés de la périphérie, à annuler le projet de taxe d’encombrement sur les autoroutes et à soutenir une loi autorisant la construction d’un métro à Tel-Aviv, après s’être opposé, pour des raisons politiques, à un projet de métro présenté par le gouvernement sortant.

Illustration : Construction souterraine sur la ligne rouge dans le cadre du système de tramway de Tel Aviv, le 13 septembre 2021. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Il soutiendrait également la création d’un autre aéroport international, ainsi que la privatisation et l’expansion de l’aéroport de Haïfa.

Le parti souhaite également augmenter les réductions pour les étudiants dans les transports publics et accorder aux étudiants des écoles religieuses de la yeshiva et du kollel une même réduction de 50 %.

Pour encourager le développement économique dans le sud du Neguev et le nord de la Galilée, le Shas veut soutenir la transformation de ces régions en centres de biotechnologie et d’agro-technologie avancée.

Maintenir le « statu quo » religieux ?

Comme tous les partis, le Shas a inclus dans son accord une clause visant à préserver le « statu quo » israélien entre la religion et l’État. Pour le Shas, cela signifie revenir sur les réformes honnies faites par le gouvernement sortant, et en pousser de nouvelles.

Outre la taxe sur les ustensiles à usage unique et les boissons sucrées – présentée comme une question d’environnement et de santé, mais considérée comme affectant de manière disproportionnée les communautés ultra-orthodoxes – le Shas veut revenir sur les réformes de l’ancien ministre des Affaires religieuses Matan Kahana.

Kahana avait fait passer une réforme visant à libéraliser le marché de la certification casher, en laissant les établissements et les fabricants choisir n’importe quel rabbinat municipal pour la supervision, et en ouvrant le marché à d’autres prestataires de supervision orthodoxes, dans un texte qui entrera en vigueur en janvier 2023.

Un croissant garni de fraises de la vénérable boulangerie Kadosh, qui a défendu sa décision de confier la supervision casher au Tzohar plutôt qu’au grand rabbinat (Crédit : Autorisation Kadosh)

Shas et Yahadout HaTorah veulent annuler cette réforme, mais Shas aimerait unifier les normes de casheroute au sein du rabbinat.

Il souhaite également annuler une autre des directives de Kahana qui a modifié le processus de nomination des rabbins municipaux, comme le souhaite Yahadout HaTorah.

Parmi les autres points de politique partagés avec Yahadout HaTorah, citons : le maintien de la non-mixité pour la prière au mur Occidental, le renforcement des conditions d’éligibilité pour immigrer en Israël dans le cadre de la loi du retour, le soutien à un renversement partiel de la loi anti-discrimination d’Israël pour permettre aux événements non mixtes et aux entreprises privées de refuser un service sur la base de croyances religieuses, et une loi permettant aux hôpitaux d’interdire la nourriture sans levain pendant les vacances de Pessah. Ils sont également d’accord sur la nécessité de former une commission chargée de déterminer s’il est possible d’offrir des enterrements dans le sol, d’inclure un représentant du Grand Rabbinat dans les commissions d’approbation des permis de travail pour le Shabbat et de permettre aux tribunaux rabbiniques d’étendre leur champ d’action aux affaires civiles.

Shas a également demandé 30 millions de shekels pour encourager plus de jeunes ultra-orthodoxes à participer au programme populaire Taglit Birthright, qui fait venir en Israël de jeunes adultes juifs de la diaspora, ainsi qu’au programme de stages Masa, dont l’objectif est similaire.

Le parti a par ailleurs obtenu 220 millions de shekels pour la construction et la rénovation de bâtiments religieux, notamment des synagogues, des bains rituels et des cimetières.

Augmentation du financement des écoles religieuses, sans exigences relatives au programme de base

Tout en maintenant « l’indépendance » des systèmes d’éducation religieuse, le Shas – ainsi que d’autres partis religieux – a obtenu la promesse de subventions supplémentaires pour les écoles privées, à hauteur de 55 % des écoles publiques, et pour les écoles non officielles reconnues, à hauteur de 75 % du financement des écoles publiques.

Ces écoles privées et non officielles, essentiellement religieuses, bénéficieront de ces augmentations de subventions sans avoir à intégrer dans leurs programmes d’études des matières fondamentales telles que les mathématiques, l’anglais et les sciences.

Parallèlement à ces promesses, le Shas s’est engagé à améliorer l’éducation dans les écoles publiques en matière d’études bibliques et de matières fondamentales comme les mathématiques, l’anglais et les sciences. Il a également fait pression pour que des cours d’histoire et de patrimoine sionistes soient dispensés dans les écoles publiques pour toutes les confessions, y compris les chrétiens et les musulmans.

Le parti s’est également engagé à soutenir l’annulation de la réforme controversée aux examens du bac du gouvernement sortant.

Des étudiants déjeunes dans la yeshiva de l’implantation d’Itamar, dans le nord de la Cisjordanie, le 30 janvier 2020. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Le ministère de l’Éducation veillera également à intégrer les écoles religieuses dans son programme Nouveaux Horizons, qui existe depuis plusieurs années et qui finance le travail en petits groupes entre enseignants et élèves et revalorise les salaires des enseignants, entre autres initiatives.

Les institutions d’études religieuses basées sur la Yeshiva et le Kollel ont également reçu une augmentation de leur budget. Les étudiants des kollel sont mariés et beaucoup d’entre eux ont des enfants ; le Shas et le Yahadout HaTorah devraient signer les amendements concernant les subventions pour les garderies, que le gouvernement sortant a essayé de retirer aux érudits religieux à plein temps.

Les programmes destinés aux enfants ultra-orthodoxes à risque bénéficieront d’un complément de subventions de 30 millions de shekels pour les écoles techniques, ainsi que pour la création de villages pour les jeunes à risque.

Un centre du patrimoine pour son chef spirituel et des téléphones pas très intelligents

Parmi d’autres propositions, le Shas a également obtenu la promesse et le financement par l’État pour la création d’un centre du patrimoine juif sépharade en l’honneur de son chef spirituel et rabbin Ovadia Yosef. Avec Yahadout HaTorah, il soutient l’annulation du paquet de réformes du gouvernement sortant sur les téléphones cellulaires casher qui aurait ouvert ce marché très fermé. Il demande aussi que les services gouvernementaux basés sur Internet et les tickets de transport public soient accessibles aux utilisateurs n’ayant pas Internet ou de smartphones, lesquels font délibérément défaut dans les cercles ultra-orthodoxes.

Un Juif ultra-orthodoxe marchant près d’une photo du défunt chef spirituel du Shas, le rabbin Ovadia Yosef, sur un panneau d’affichage dans le cadre de la campagne électorale de Shas, dans la ville de Safed, au nord d’Israël, le 28 février 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Le parti a également signé pour l’adoption d’un projet de loi sur le climat qui est dans l’impasse, comprenant notamment la promesse de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’Israël de 50 % par rapport aux niveaux de 2015 d’ici 2030, et de faire avancer une « solution humanitaire » pour connecter les avant-postes illégaux de Cisjordanie à l’électricité.

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