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Dans un édito du WSJ Smotrich dit vouloir rapprocher Israël du modèle américain

Le nouveau ministre des Finances dit vouloir promouvoir le marché libre et la liberté d'expression ; il y écrit "le nouveau gouvernement d'Israël n'est pas ce que vous imaginez"

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, avec les chefs du Shas, K Aryeh Deri, de Hationout HaDatit, Bezalel Smotrich et les autres leaders des partis lors de l'investiture de la 25e Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, avec les chefs du Shas, K Aryeh Deri, de Hationout HaDatit, Bezalel Smotrich et les autres leaders des partis lors de l'investiture de la 25e Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, a déclaré mercredi dans un article d’opinion publié dans le Wall Street Journal que les réformes controversées proposées par la nouvelle coalition ont pour seul but de faire en sorte qu’Israël soit plus à l’image des États-Unis.

Dans un discours vraisemblablement destiné au public américain, le nouveau ministre des Finances a déclaré qu’il avait été vilipendé par les médias américains, affirmant que l’image qu’on se fait de lui comme étant déterminé à appliquer la loi religieuse juive en Israël est erronée.

« En réalité, nous cherchons à renforcer les libertés de chaque citoyen et les institutions démocratiques du pays, en rapprochant Israël du modèle libéral américain », écrit Smotrich dans son article intitulé « Le nouveau gouvernement d’Israël n’est pas ce que vous imaginez ».

Le nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu a signé mercredi des accords de coalition avec les deux partenaires ultra-orthodoxes du Likud, Shas et Yahadout HaTorah, ainsi qu’avec les partis d’extrême droite HaTzionout HaDatit, Otzma Yehudit et Noam.

Le nouveau gouvernement devrait prêter serment ce jeudi. Ensemble, la coalition de 64 membres de la Knesset, qui en compte 120, représente le gouvernement de droite le plus dur en 75 ans d’histoire contemporaine d’Israël.

Dans son édito, Smotrich justifie les réformes judiciaires prévues, qui limiteront l’autorité du pouvoir judiciaire, comme une tentative d’imiter le modèle américain.

La présidente de la Cour suprême Esther Hayut et les juges arrivent pour entendre les pétitions contre la loi sur l’État-nation juif, à la Cour suprême à Jérusalem, le 22 décembre 2020. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

« Aux États-Unis, les politiciens élus nomment les juges fédéraux, y compris les juges de la Cour suprême, ce qui permet à la magistrature de répondre même indirectement au peuple. En Israël, les juges de la Cour suprême en exercice ont un droit de veto sur les nouvelles nominations à la Cour », a-t-il déclaré.

« L’accent que nous mettons sur la réforme judiciaire vise à rapprocher Israël du modèle politique américain, en prévoyant certains contrôles limités pour garantir que le système judiciaire respecte la loi. Nous cherchons à nommer les juges en Israël selon un processus similaire à celui de l’Amérique. »

A LIRE : Deux camps de la droite, deux réformes opposées du système judiciaire

Smotrich a également déclaré qu’en tant que ministre des Finances, il prévoyait de faire avancer un programme de libre marché et de sévir contre les syndicats israéliens.

« Cela inclut la suppression du contrôle des prix par le gouvernement et des restrictions à l’importation qui ont limité la concurrence et maintenu les prix élevés pour les consommateurs, ainsi que des réformes réglementaires et un relâchement du contrôle bureaucratique sur les petites entreprises », a-t-il écrit.

Sur la question de la religion et de l’État, le législateur d’extrême droite a promis que « le nouveau gouvernement ne cherchera jamais à imposer à un citoyen quoi que ce soit qui aille à l’encontre de ses croyances ». HaTzionout HaDatit a proposé une loi permettant aux entreprises de refuser de servir certains clients sur la base de leur conscience religieuse – et donc d’ancrer dans la loi la discrimination.

« Cela n’est pas différent des droits que la Cour suprême américaine a récemment affirmés dans son arrêt Masterpiece Cakeshop. Contrairement à certains reportages américains, nous cherchons à protéger nos citoyens de toute contrainte qui violerait leur conscience – rien de plus », a déclaré Smotrich, faisant référence à une décision de 2018 qui a autorisé un boulanger du Colorado à refuser de faire un gâteau de mariage pour un couple gay.

Smotrich a également affirmé dans son article que les réformes proposées à la politique du gouvernement en Cisjordanie n’impliquaient pas de « changer le statut politique ou juridique de la région. »

L’accord de son parti avec le Likud prévoit néanmoins un engagement de principe en faveur de l’annexion de la Cisjordanie, sous réserve de la décision du Premier ministre, ainsi que la légalisation des avant-postes d’implantation actuellement considérés comme illégaux par le gouvernement israélien.

Smotrich a en outre exprimé son intention de mettre fin aux constructions de l’Autorité palestinienne dans la zone C de la Cisjordanie, affirmant qu’il existe « un projet financé par l’Union européenne pour faciliter la prise de contrôle palestinien de la zone C, la seule partie de la Judée et de la Samarie où les Juifs sont actuellement autorisés à vivre en vertu des accords d’Oslo ».

Mais, selon ces accords, la présence israélienne dans la zone C était censée être temporaire et passer progressivement sous la juridiction de l’Autorité palestinienne.

L’administration du président américain Joe Biden aurait l’intention de tenir Netanyahu personnellement responsable des actions des législateurs d’extrême droite au sein du nouveau gouvernement.

Elle prévoit également d’éviter autant que possible de traiter avec les éléments les plus radicaux du prochain gouvernement, tels que Smotrich, le futur ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, et Avi Maoz, le législateur anti-LGBT désigné comme ministre adjoint au sein du bureau du Premier ministre.

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