D’Auschwitz à New York, le long voyage d’un shofar
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D’Auschwitz à New York, le long voyage d’un shofar

L'instrument de musique rituel, dont le son profond a résonné derrière les barbelés du camp de la mort, va intégrer l'exposition "Auschwitz. Not long ago. Not far away"

Judith Tydor Baumel-Schwartz, fille du survivant d'Auschwitz Chaskel Tydor, montre un shofar qui était utilisé dans le camp de concentration, lors d'une conférence de presse au Museum of Jewish Heritage, à New York, le  23 septembre 2019. (Crédit : Thomas URBAIN / AFP)
Judith Tydor Baumel-Schwartz, fille du survivant d'Auschwitz Chaskel Tydor, montre un shofar qui était utilisé dans le camp de concentration, lors d'une conférence de presse au Museum of Jewish Heritage, à New York, le 23 septembre 2019. (Crédit : Thomas URBAIN / AFP)

Une corne de bélier, devenue un instrument de musique religieuse juive joué derrière les barbelés d’Auschwitz, a été présentée lundi pour la première fois publiquement à New York, où elle va être intégrée à une exposition événement.

Ce shofar, objet liturgique dont le son est un appel à la miséricorde, a été transmis par un co-détenu à Chaskel Tydor, prisonnier à Auschwitz, lors d’une « marche de la mort ».

Lors de ces marches, les nazis ont forcé les prisonniers à se rendre à pied, en plein hiver, dans d’autres camps pour fuir l’avancée des troupes soviétiques.

Après avoir survécu, Chaskel Tydor est parti s’établir en Israël, avant d’émigrer aux Etats-Unis. Il a conservé jusqu’à sa mort, en 1993, le shofar, qui est resté dans la famille jusqu’à sa présentation lundi par sa fille, Judith Tydor Baumel-Schwartz.

English follows the Hebrew:אחרי חודשי ציפייה היום התקיים סוף סוף ״אירוע שופר״ במוזיאון למורשת יהודית בניו יורק. לראות…

פורסם על ידי ‏‎Judy Tydor Baumel-Schwartz‎‏ ב- יום שני, 23 בספטמבר 2019

Toute pratique de la religion juive était interdite dans les camps de concentration et d’extermination nazis, sous peine de mort.

Cela n’a pas empêché des prisonniers d’utiliser, selon plusieurs témoignages, le shofar, qui émet un son puissant, proche de la corne de brume ancienne ou de l’olifant (instrument médiéval), dans l’enceinte d’Auschwitz, au péril de leur vie.

« Même pour ceux qui n’étaient pas croyants, c’était un acte de pur défi », a expliqué Michael Berenbaum, l’un des commissaires de l’exposition « Auschwitz. Not long ago. Not far away » (Auschwitz, il n’y a pas longtemps, pas très loin), au sein de laquelle le shofar va être intégré.

Pour lui, cet instrument a été utilisé à Auschwitz « précisément parce que c’était interdit ».

Outre sa présence au sein de l’exposition sur Auschwitz, qui a déjà accueilli près de 100 000 visiteurs au Museum of Jewish Heritage (après avoir été initialement présenté à Madrid), le shofar va être utilisé dans deux synagogues de Manhattan pour Rosh Hashana (Nouvel an juif) et Yom Kippour (jour du grand pardon).

L’exposition s’achèvera à New York le 3 janvier 2020.

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