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David Bitan : Le gouvernement ne tient pas ses promesses et la réforme nous nuit

L'élu du Likud a déclaré que Netanyahu doit prendre la tête des négociations sur le compromis de la réforme et que si Levin n'est pas d'accord, "la porte est ouverte"

Le député du Likud David Bitan, président de la commission des Affaires économiques de la Knesset, dirigeant une réunion à la Knesset, à Jérusalem, le 26 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député du Likud David Bitan, président de la commission des Affaires économiques de la Knesset, dirigeant une réunion à la Knesset, à Jérusalem, le 26 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député chevronné du Likud David Bitan a reproché samedi à son propre gouvernement de négliger l’augmentation du coût de la vie alors même que se poursuivent les projets de réforme du système judiciaire du pays, et a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à parvenir à un compromis largement accepté.

La réforme ayant été suspendue le mois dernier afin d’entamer des négociations avec l’opposition, Bitan a déclaré à l’émission « Rencontre avec la presse » de la Douzième chaîne que la population israélienne se préoccupe principalement du coût de la vie et que la coalition « ne fait pas le travail qu’elle devrait faire » sur la base de ses promesses électorales.

En tant que président de la commission des Affaires économiques de la Knesset, Bitan a déploré l’absence de solutions majeures dans les propositions de budget de l’État.

Dans un contexte d’inflation élevée, les consommateurs israéliens ont ressenti les effets de la hausse des prix dans presque toutes les catégories de produits.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé lundi dernier que les produits laitiers dont le prix est contrôlé augmenteraient de 16 % au début du mois de mai.

« Avez-vous vu un seul député du Likud se préoccuper de la question du prix du lait ? Aucun membre de la faction n’a tweeté à ce sujet », a déclaré Bitan, ajoutant que les députés se concentraient toujours sur les protestations contre la refonte judiciaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le ministre de la Justice Yariv Levin, à gauche, lors d’une réunion du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 avril 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

La Knesset s’est réunie pour sa session d’été dimanche, après un congé d’un mois. Pendant cette pause, des représentants de la coalition et de l’opposition se sont réunis à la résidence présidentielle pour discuter de la possibilité d’une réforme négociée. Mais, à ce jour, aucun progrès tangible n’a été signalé.

Un projet de loi clé qui placerait les nominations judiciaires sous contrôle politique a franchi presque toutes les étapes législatives et est prêt à être adopté dans les jours qui viennent si la coalition le souhaite.

Bitan a exhorté le Premier ministre à rechercher un compromis sur la réforme, qui, selon lui, a gravement nui à la position du Likud auprès des Israéliens, citant les récents sondages d’opinion montrant que les électeurs affluent vers le parti HaMahane HaMamlahti du député Benny Gantz.

À LIRE : En baisse dans les sondages, Netanyahu tente de reprendre le contrôle de sa coalition

« Netanyahu doit faire preuve de leadership. Il doit dire : ‘Il n’y aura qu’une réforme basée sur un consensus’. »

« Netanyahu est le chef du Likud, il doit prendre des décisions. Et avec tout le respect que je dois au ministre de la Justice [Yariv Levin], ce dernier doit le soutenir », a-t-il déclaré, ajoutant que « si Levin n’aime pas cela, la porte est ouverte ».

Levin a fermement défendu ses propositions et s’en est pris à la Haute Cour lors d’un grand rassemblement de soutien à la réforme jeudi. Levin a également exprimé son soutien aux négociations de compromis menées par le président Isaac Herzog, tout en accusant les représentants de l’opposition de rejeter toutes les offres.

Bitan a déclaré que la présentation de la réforme du système judiciaire par Levin moins d’une semaine après la prestation de serment du 37e gouvernement constituait « une erreur stratégique de premier ordre ».

« Ce n’est pas la réforme que nous voulions. Elle a été faite rapidement parce qu’elle était importante pour les haredim », a ajouté Bitan.

La présidente de la Cour suprême Esther Hayut et d’autres juges lors d’une audience de la Haute Cour de justice sur les recours contre la nomination du chef du Shas, Aryeh Deri, en tant que ministre en raison de sa récente condamnation pour des délits fiscaux, le 5 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les partis ultra-orthodoxes ont exigé une clause dite « dérogatoire » qui permettrait à la Knesset d’annuler toute décision que la Cour aurait invalidée avec une majorité simple de 61 députés, principalement pour empêcher la Cour d’annuler la loi visant à empêcher le recrutement à grande échelle de jeunes haredim dans l’armée.

« Nous avions besoin de réformes au niveau du ministère public et de la police. C’est le plus gros problème et il est possible de s’en occuper lentement. Pas en une semaine », a déclaré Bitan.

Bitan a également critiqué le choix d’Aviad Bakshi, directeur du Département juridique du Kohelet Policy Forum, comme représentant du Likud dans les négociations. L’institution a été fortement impliquée dans l’élaboration des propositions de la coalition.

« En l’envoyant aux discussions, vous envoyez le message que vous n’êtes pas intéressé par un compromis », a-t-il déclaré.

Les analystes et les commentateurs pensent que la coalition ne fera avancer aucun projet de loi avant l’adoption du budget de l’État, ce que le bloc au pouvoir doit faire avant le 29 mai, sous peine de nouvelles élections législatives automatiques.

Les opposants affirment que la réforme, qui transférera une grande partie du pouvoir judiciaire entre les mains du gouvernement, affaiblira radicalement le caractère démocratique d’Israël, supprimera un élément clé de l’équilibre des pouvoirs et laissera les minorités sans protection. Ses partisans assurent qu’il s’agit d’une réforme indispensable pour mettre un frein à l’activisme de la Cour.

Les sondages ont régulièrement montré que la réforme est largement impopulaire dans sa forme actuelle et que le soutien au gouvernement a chuté depuis les dernières élections législatives.

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