De nouveaux éléments dans l’affaire de la disparition du soldat Guy Hever
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De nouveaux éléments dans l’affaire de la disparition du soldat Guy Hever

Hever avait quitté son poste de garde sur le plateau du Golan 1997. Plus personne ne l’avait jamais revu

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un char de l'armée israélienne stationné près du village de Majdal Shams, le 19 mars 2014, dans les hauteurs du Golan (Crédit : AFP / Jalaa Marey)
Un char de l'armée israélienne stationné près du village de Majdal Shams, le 19 mars 2014, dans les hauteurs du Golan (Crédit : AFP / Jalaa Marey)

Des équipes de recherche ont retrouvé des matières biologiques, des vêtements et des chaussures au cours de l’opération menée par Tsahal visant à localiser Guy Hever, un soldat porté disparu depuis presque 20 ans, selon un reportage de la première chaîne.

Toutefois, il est impossible de dire avant des examens plus poussés si cette découverte concerne en effet le militaire porté-disparu.

Le 17 août 1997, Hever, sergent alors âgé de 20 ans appartenant au corps d’artillerie de l’armée israélienne, avait quitté son poste sur le plateau de Golan, portant un uniforme et armé d’un fusil d’assaut de type Galil. Il n’avait jamais été revu.

Dimanche, l’armée a annoncé qu’elle reprendrait des “recherches focalisées” de lundi à mercredi pour retrouver Hever en envoyant des équipes sur le plateau de Golan.

Au terme de l’opération, le brigadier-général (réserviste) Tzvika Fogel, à la tête des équipes de recherche de la police sur le plateau du Golan, a indiqué au journal de la première chaîne que « ce sont plus que quelques restes qui ont été retrouvés ».

Selon le reportage diffusé à la télévision publique, ces trouvailles comprennent de la matière biologique mais aussi des morceaux d’uniforme et des semelles de chaussure. Ils ont été envoyés à l’institut médico-légal Abu Kabir de Jaffa pour les besoins de l’enquête. Les examens nécessaires seront réalisés pour déterminer s’ils ont effectivement appartenu à Hever.

“Je ne suis pas expert en cela. Je présume que nous saurons les résultats dans les jours, les semaines à venir », a expliqué Fogel.

Les forces armées israéliennes ne confirment pas qu’une nouvelle preuve ait été trouvée, mais un porte-parole a annoncé que les résultats de ces trois jours de recherche « exigent des vérifications supplémentaires avant que nous soyons en mesure de confirmer quoi que ce soit ».

Des découvertes similaires avaient été faites lors des recherches entreprises les années précédentes, mais n’avaient pas correspondu au corps du soldat de l’unité d’artillerie porté disparu.

Jusqu’à présent, aucune trace d’Hever n’a jamais été trouvée et le cas reste entouré de mystère et de théories conspirationnistes.

L’armée avait à l’origine répugné à déclarer Hever porté disparu, même si ce dernier porte dorénavant cette désignation officielle.

A la suite immédiate de sa disparition, l’armée avait supposé qu’il avait simplement abandonné son poste, notant que Hever devait à l’époque se présenter pour une audience mineure devant une instance disciplinaire pour avoir manqué un événement de son unité, ce qui représentait la dernière d’une série d’infractions, sanctionnée par une détention à la base de 21 jours.

Une femme qui vivait à proximité de la base de Hever — Camp Ra’am, ou Tonnerre — à l’extérieur de la ville de Katzrin sur le plateau du Golan avait indiqué avoir vu un homme correspondant à sa description le jour où il avait disparu se dirigeant vers la Syrie.

Durant les 19 années qui ont suivi la disparition de Hever, un certain nombre de théories ont émergé concernant son sort.

Certains supposent que le jeune homme de 20 ans a été enlevé et emmené en Syrie où il se trouverait encore détenu à ce jour.

“Au cours des années, un grand nombre d’efforts ont été livrés pour localiser le soldat, et ils continuent encore aujourd’hui en termes d’enquête, de recherches et de travail de renseignements”, a déclaré l’armée dimanche.

En 2015, Tsahal avait envoyé des plongeurs pour sonder les réservoirs proches de l’endroit où il avait disparu.
L’année précédente, l’armée avait mis le feu aux champs de mine de la zone pour voir s’ils pourraient révéler des éléments permettant de comprendre ce qui était arrivé à Hever.

En 2005, une ressortissante de nationalité allemande vivant en Israël avait été arrêté en Syrie et avait clamé avoir rencontré un homme maigre, à la peau brune, qui parlait un hébreu parfait durant son interrogatoire. Après avoir vu des photographies de Hever, deux ans auparavant, elle avait rédigé une lettre à l’attention de sa mère, Rina Hever.

“J’ai rencontré votre fils, le soldat porté disparu Guy Hever au cours d’un interrogatoire le 3 mai 2005 à 22 heures environ à Damas, en Syrie. J’en suis certaine à 90 %”, avait-elle écrit à la mère du soldat. « Bien sûr, je ne peux pas dire 100 % parce que son nom n’a pas été mentionné”.

En février 2007, une organisation précédemment inconnue et potentiellement fictive, appelée les Comités de la Résistance pour la Libération du plateau du Golan, avait fait savoir dans un communiqué qu’elle libérerait un soldat israélien emprisonné sur le plateau du Golan – apparemment une allusion à Hever – en échange d’un druze du Golan emprisonné en Israël. Rien n’était venu de ce communiqué, et il reste incertain que les Comités de la Résistance aient seulement existé.

“C’est plus dur que le chagrin. C’est quelque chose qui ne peut pas être résolu”, avait confié Rina Hever au Times of Israel en 2012. « Je n’ai aucun l’ombre d’un doute sur le fait qu’il soit encore en vie. »

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