De nouvelles secousses dans le nord d’Israël – un pays mal préparé aux séismes
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De nouvelles secousses dans le nord d’Israël – un pays mal préparé aux séismes

Plus de 40 secousses ont récemment frappé la région du lac de Tibériade. 53 écoles sur 1 600 - dont il a été estimé qu'elles risquaient de s'effondrer - auraient été renforcées

Les dégâts causés aux habitations dans la ville de Tibériade dans le nord d'Israël après que la région a été touchée par un séisme, le 9 juillet 2018 (Crédit : David Cohen/ Flash90)
Les dégâts causés aux habitations dans la ville de Tibériade dans le nord d'Israël après que la région a été touchée par un séisme, le 9 juillet 2018 (Crédit : David Cohen/ Flash90)

Un tremblement de terre mineur a frappé le nord d’Israël dans la soirée de lundi, ce qui amène le nombre de secousses ressenties dans la zone ces derniers jours à plus de 40, attisant davantage les craintes de l’arrivée d’un séisme majeur.

L’épicentre de cette secousse d’une magnitude de 3,2 sur l’échelle de Richter s’est situé à l’extrémité nord du lac de Tibériade, comme les précédentes. Elle s’est produite à 18 heures 15 sans faire de blessés et de dégâts.

Mais malgré cette menace, de nouveaux détails semblent montrer que le gouvernement n’a fait que peu de progrès pour se préparer à une forte secousse et en termes de renforcement des structures.

Sur les 1 600 écoles considérées comme étant potentiellement en danger d’effondrement il y a trois ans, seules 53 ont depuis été renforcées, a fait savoir un reportage diffusé par Hadashot lundi.

Aucune des 108 usines traitant de matériaux dangereux, qui avaient reçu l’ordre de la part du ministère de la Protection environnementale de renforcer leurs structures, n’a achevé ce processus, a ajouté le reportage. Seule une usine a présenté un plan pour mettre en oeuvre la décision. Le ministère a déclaré que le calendrier n’avait pu se dérouler dans les temps en raison d’une « grave pénurie de main-d’oeuvre ».

Un système d’alarme anticipé national approuvé en 2012 n’a commencé à être déployé qu’il y a un an. L’instance géologique israélienne n’a mis sur pied que 55 des 120 stations d’alerte et aucune d’entre elles n’est opérationnelle.

La récente série de tremblements de terre mineurs a suscité l’inquiétude de la potentielle arrivée d’un séisme majeur et des instructions ont été données pour réexaminer et remettre à jour les procédures, ont indiqué les médias en hébreu.

Vue du lac de Tibériade, dans le nord d’Israël, le 19 avril 2017 (Isaac Harari / FLASH90)

Dimanche, quatre séismes mineurs ont été ressentis dans le nord d’Israël, d’une magnitude de 3,1 à 3,3 sur l’échelle de Richter. Une série de secousses allant de 3,4 à 4,33 sur l’échelle de Richter avait été signalée pour la première fois mercredi, puis jeudi et enfin samedi.

Les experts ont averti qu’un important tremblement de terre pourrait frapper l’Etat juif dans un avenir proche. Le dernier tremblement de terre majeur à frapper la région remonte à 1927 — une secousse d’une magnitude de 6,2 qui avait fait 500 morts et 700 blessés.

Le ministère de la Défense a convoqué une réunion majeure des services d’urgence et des municipalités locales pour examiner l’état de préparation du pays face à un possible tremblement de terre majeur qui causerait des ravages.

Les discussions de mercredi impliqueront des représentants issus de l’Autorité nationale chargée de la gestion des urgences, du commandement intérieur de l’armée, de la police, des sapeurs-pompiers, des services de secours du Magen David Adom et des autorités municipales, a fait savoir la chaîne d’information Hadashot. L’objectif est de réexaminer les événements de la semaine passée et de se préparer à d’éventuels développements futurs.

Un plan national de renforcement des immeubles plus anciens contre les tremblements de terre – connu sous l’acronyme hébreu TAMA — assouplit les règles de zonage et offre aux développeurs le droit d’ajouter des étages et des appartements supplémentaires aux bâtiments existants pour couvrir les coûts du renforcement des bâtiments et de l’ajout d’abris anti-bombes dans les appartements.

Mais Bezalel Treiber, ancien chef de l’Autorité nationale de gestion des urgences, a déclaré à la radio militaire que le programme TAMA n’offre qu’une protection limitée.

« Il faut cinq milliards de shekels pour créer une révolution dans ce dossier. Les appartements plus vulnérables sont très exactement dans la zone la plus dangereuse – dans la vallée du grand rift », a-t-il commenté, se référant à la faille volatile dans la croûte terrestre qui court de la Syrie au Mozambique et qui comprend la vallée du Jourdain israélienne.

« Des milliers d’appartement n’ont pas été renforcés et il y a un grand danger qu’ils ne soient endommagés », a mis en garde Treiber.

Un rapport publié par le contrôleur de l’Etat en 2001 avait révélé qu’aucun financement n’avait été alloué au renforcement des immeubles et des infrastructures. Il avait été suivi par un autre rapport, datant de 2004, qui établissait que peu avait été réalisé dans les années intermédiaires en raison de querelles ministérielles portant sur la responsabilité des travaux, a noté Hadashot.

Une commission interministérielle établie en 2004 avait proposé de faire des préparations en vue d’un séisme d’une magnitude de 7,5 dans le nord du pays, avec un bilan humain catastrophique et de gros dégâts commis aux infrastructure. Elle avait soulevé la perspective de 16 000 morts et de presque 100 000 blessés lors d’un tel événement, avec 10 000 immeubles détruits.

En 2011, un autre rapport du contrôleur de l’Etat avait lancé de nouvelles mises en garde au sujet de la menace représentée par un tremblement de terre pour les communautés du nord du pays et pour les infrastructures et avait encore une fois déploré le manque de mesures de précaution prises.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a annoncé jeudi qu’un plan sur plusieurs années visant à protéger Israël des séismes sera présenté ce mois-ci au cabinet.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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