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Décès de Gabriel Cohn-Bendit, militant d’extrême gauche et enseignant

Enfant caché sous une fausse identité pendant la Shoah, il avait pris la défense du négationniste Robert Faurisson en 1978

Gabriel Cohn-Bendit, sur le plateau de « Tout le monde en parle » en 2003. (Crédit : capture d’écran YouTube / INA Arditube)
Gabriel Cohn-Bendit, sur le plateau de « Tout le monde en parle » en 2003. (Crédit : capture d’écran YouTube / INA Arditube)

Jean-Gabriel Cohn-Bendit, dit Gabriel Cohn-Bendit, est décédé le 17 décembre à Toulouse. Il était âgé de 85 ans.

Militant français d’extrême gauche et enseignant, il était vivement engagé dans les luttes pour l’éducation alternative. Il a ainsi fondé le lycée expérimental de Saint-Nazaire en 1982, où il a enseigné l’allemand. Basé sur des principes de collégialité et de cogestion, l’établissement vise notamment à lutter contre l’échec scolaire. Il était également engagé dans des causes éducatives en Afrique, principalement au Burkina Faso, pays duquel il avait la nationalité.

Il était le frère ainé de Daniel Cohn-Bendit, fils d’Eric Cohn-Bendit (1902-1959), avocat à Berlin, et de Judith-Herta David (1908-1963), tous deux de familles juives allemandes.

En 1979, dans un article pour Libération, Gabriel Cohn-Bendit se décrivait comme un « Juif d’extrême gauche, libertaire pour tout dire ».

En 2012, il avait annoncé voter pour François Hollande dès le premier tour de la présidentielle, et appelait les écologistes à suivre son exemple. Il avait voté Noël Mamère en 2002 et Ségolène Royal en 2007.

En 2015, il dénonçait Hollande après la décision du président de mettre en place la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux terroristes.

Enfant caché sous une fausse identité pendant la Shoah, il avait pris la défense du négationniste Robert Faurisson en 1978, sans pour autant nier « la réalité incontestable et abominable ». Il s’était éloigné de la question quelques années plus tard, et avait reconnu son égarement dans un ouvrage en 1999, « sans pour autant renie[r] en rien [s]on point de vue sur l’impérative liberté d’expression ».

« Tout en se déclarant Juif, ainsi que d’extrême-gauche, et sans se rendre compte de la manipulation dont il est l’objet, il estime, au nom de la liberté de la pensée, que Faurisson a le droit de poursuivre ses travaux : un problème historique ne peut être résolu par la voie légale, mais doit l’être par des recherches menées sans aucun tabou. Jean-Gabriel Cohn-Bendit laisse ouverte la question des chambres à gaz, mais admet la réalité de l’extermination des Juifs : c’est pourquoi il ne sera jamais considéré par les spécialistes du sujet, et d’abord Pierre Vidal-Naquet, comme un négationniste », écrivait l’historien Michel Dreyfus en 2011.

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