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Décès de la légendaire Brigitte Bardot, qui avait soutenu Eden Golan en 2024

B.B. avait tiré un trait sur le cinéma il y a plus de 50 ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées au panthéon du 7e art

L'actrice française Brigitte Bardot sourit aux photographes dans le jardin de la Villa Verdiani à Spolète, en Italie centrale, le 4 août 1961. (Crédit : AP/Grappasonni)
L'actrice française Brigitte Bardot sourit aux photographes dans le jardin de la Villa Verdiani à Spolète, en Italie centrale, le 4 août 1961. (Crédit : AP/Grappasonni)

Star planétaire, icône féminine du cinéma puis pasionaria de la cause animale coutumière des sorties polémiques : Brigitte Bardot est décédée à l’âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du 7e art.

« La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse, le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation », indique-t-elle dans un communiqué transmis à l’AFP.

L’actrice de « Et Dieu… créa la femme » et du « Mépris » est décédée dimanche matin dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a précisé la fondation à l’AFP.

Hospitalisée courant octobre à Toulon (Var) pour une opération chirurgicale dont la nature n’avait pas été précisée, elle était rentrée se reposer chez elle à Saint-Tropez. Après des informations de presse faisant état d’une nouvelle hospitalisation fin novembre, elle avait tenu à rassurer sur son état de santé. Et invité « tout le monde à se calmer ».

Brigitte Bardot (Crédit : cdrikb06/Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

Celle que l’on surnommait par ses initiales, B.B., avait tourné le dos au monde du cinéma il y a plus de cinquante ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées dans la légende : un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (« Et Dieu… créa la femme », 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du « Mépris » (1963).

Mondialement connue, elle a façonné la légende de Saint-Tropez et de Buzios au Brésil, a imposé un style vestimentaire composé de ballerines, de marinières et d’imprimés vichy et popularisé l’image d’une femme libre « qui n’a besoin de personne », comme elle l’a chanté pour Serge Gainsbourg.

Elle fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi.

Après un dernier film en 1973, elle avait quitté les plateaux pour attirer la lumière sur le combat de sa vie, celui de la défense des animaux, en créant notamment la fondation Brigitte Bardot en 1986.

Ces dernières années, l’ancienne actrice se distinguait surtout pour ses prises de positions politiques et ses propos acerbes sur l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certains lui ont valu des condamnations pour injure raciale.

« Je tiens à féliciter la formidable Eden Golan. Merveilleuse ! Talentueuse ! Courageuse ! Quel bel exemple elle a donné au monde. Quelle dignité ! Bravo », avait-elle écrit sur le réseau X accompagné d’un dessin de fleur en mai 2024.

« La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange », proclamait-elle en exergue d’un livre intitulé « Mon BBcédaire », écrit de sa main et sorti début octobre chez Fayard.

Elle y jugeait aussi que la France était « devenue terne, triste, soumise, malade, abîmée, ravagée, ordinaire, vulgaire… ». La droite est le « seul remède urgentissime à l’agonie de la France », ajoutait celle qui a revendiqué sa proximité avec les idées de Marine Le Pen (Rassemblement national, RN).

Ces dernières années, Brigitte Bardot vivait dans le sud de la France, entre La Madrague et une seconde maison cachée dans la verdure, La Garrigue, abritant des animaux et une chapelle privée.

À LIRE : Le mythe Bardot s’invite à Tel Aviv à l’occasion d’un film d’essai qui retrace sa légende

Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie « de la paix, de la nature ».

« Maintenant je vis comme une fermière avec mes moutons, mes chèvres, mes cochons, mon petit âne et ma ponette, tous mes chiens, mes chats », déclarait l’ancienne idole planétaire.

« Personne n’a mieux décrit Bardot que l’écrivain François Nourissier », a réagi l’ancien président du festival de Cannes, Gilles Jacob, auprès de l’AFP : « ‘un équilibre instable entre le caprice et la damnation' ».

Rien ne prédestinait la jeune Brigitte à ce destin: née dans une famille bourgeoise parisienne en 1934, elle se passionne pour la danse et s’essaie au mannequinat. Elle épouse à tout juste 18 ans son premier amour, Roger Vadim, qui lui confie le rôle de Juliette dans « Et Dieu… créa la femme », qui va bousculer l’ordre établi et lui coller l’étiquette de sex-symbol.

Face au succès du film, elle enchaîne les tournages, déchaîne les passions et se brûle aux feux de la rampe.

En 1960, au faîte de sa gloire, elle accouche d’un garçon, Nicolas, son seul enfant, sous l’œil inquisiteur de la presse. Une expérience traumatisante. Se disant dénuée d’instinct maternel, l’actrice laisse son mari Jacques Charrier, décédé le 3 septembre 2025, élever leur fils.

Elle épousera ensuite le play-boy et millionnaire allemand Gunter Sachs puis l’industriel Bernard d’Ormale, proche du Front national.

Elle devient alors une autre Bardot, figure de la cause animale. Le déclic a lieu face à une chèvre sur le tournage de son dernier film, « L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise » (1973), qu’elle achète et installe dans sa chambre d’hôtel.

Défense des éléphants, opposition aux abattages rituels, à la corrida ou à la consommation de viande de cheval… le combat ne fait que commencer.

Elle se rend sur la banquise en 1977 pour alerter sur le sort des bébés phoques, une séquence ultra-médiatisée qui fera la Une de Paris Match et lui laissera des souvenirs amers.

Opposée à l’abattage traditionnel de moutons liés à la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir, Brigitte Bardot s’en est aussi pris aux musulmans, ce qui lui a valu des condamnations pour incitation à la haine raciale.

Elle dénonçait par ailleurs dans une lettre ouverte en 2014 l’abattage rituel casher ou hallal.

Evoquant la mort, elle avait prévenu vouloir éviter la présence « d’une foule de connards » à son enterrement, souhaitant une simple « croix en bois » au-dessus de sa sépulture, dans son jardin. Comme pour ses animaux.

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