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Décès de Sarah Montard, survivante d’Auschwitz

Après être parvenues à s'évader pendant la rafle du Vel d'Hiv', Sarah et sa mère ont été déportées à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, suite à une dénonciation en 1944

Sarah Montard, survivante d’Auschwitz. (Crédit : Fondation pour la Mémoire de la Shoah / Twitter)
Sarah Montard, survivante d’Auschwitz. (Crédit : Fondation pour la Mémoire de la Shoah / Twitter)

Sarah Montard, née Lichtsztejn, l’une des dernières survivantes françaises d’Auschwitz, est décédée la semaine dernière, lundi 21 février, à son domicile de Tremblay-sur-Mauldre (Yvelines), a rapporté Le Monde. Elle était âgée de 93 ans.

Née le 16 mars 1928 à Dantzig (devenue Gdansk), alors en Pologne, elle a vécu dans un shtetl jusqu’à octobre 1930, date de son immigration en France avec ses parents.

Son père, Mowsza Fajwel, était un intellectuel, poète et anarchiste qui enseignait le yiddish. Sa mère, Marjem, était couturière à domicile. Ceux-ci avaient décidé de partir à Paris en raison de la crise économique et de l’antisémitisme.

Pendant la guerre, le père a été arrêté en 1941 puis interné au camp de Pithiviers, d’où il s’est évadé. La mère et la fille ont été arrêtées lors de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942 – elles sont parvenues à s’évader elles-aussi, le même jour. Mais, en mai 1944, après deux ans passées à se cacher, dans l’Yonne et à Paris, traquées, elles ont été dénoncées par un voisin. Elles ont ensuite été déportées à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen.

À Auschwitz, la mère et la fille ont été affectées à des travaux sur le terrassement d’une ligne de chemin de fer et survécu dans des conditions épouvantables.

Séparées, elles se sont finalement retrouvées lors d’une marche de la mort, en janvier 1945.

À Bergen-Belsen, Sarah a survécu au typhus et croisé Anne Frank. Le camp a finalement été libéré par l’armée britannique le 15 avril 1945.

Après la guerre, alors que la famille a survécu, son père l’a convaincue de rejoindre le théâtre de Simkhe Schwartz, qui voulait créer un théâtre de marionnettes et cherchait des jeunes parlant le yiddish. Elle a ainsi joué pendant deux ans au sein du théâtre Hakl-Bakl, sillonnant la France et la Belgique pendant l’été.

Elle a ensuite travaillé à l’agence Reuters et au Muséum d’histoire naturelle.

À sa retraite, elle a rejoint bénévolement la bibliothèque Medem et la troupe du Troïm Teater de la Maison de la culture yiddish.

Sarah Montard était également membre du conseil d’administration de la Maison de la culture yiddish, et a passé la dernière partie de sa vie à œuvrer à la diffusion du yiddish et à transmettre aux jeunes son expérience dans les camps – elle témoignait depuis la mort de sa mère en 1983.

Elle avait publié en 2011 le livre Chassez les papillons noirs sur son expérience dans les camps.

Elle a eu deux enfants, après s’être mariée en 1952.

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