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Décès de Tantaoui, premier dirigeant de l’Egypte après Moubarak

Tantaoui aura combattu dans les rangs de l'armée égyptienne lors de trois conflits au XXe siècle, dont les guerres contre Israël en 1967 et 1973

Le maréchal Mohammed Hussein Tantawi, chef du conseil militaire au pouvoir en Égypte, lors d'une visite avec le Premier ministre turc du ministère de la Défense du Caire., le 13 septembre 2011. (Crédit : AMR NABIL / POOL / AFP)
Le maréchal Mohammed Hussein Tantawi, chef du conseil militaire au pouvoir en Égypte, lors d'une visite avec le Premier ministre turc du ministère de la Défense du Caire., le 13 septembre 2011. (Crédit : AMR NABIL / POOL / AFP)

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui a été pendant plus de 20 ans ministre de la Défense de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak, est décédé mardi à l’âge de 85 ans, a annoncé l’armée.

À la chute de l’autocrate en février 2011, Tantaoui avait pris les rênes du pays pendant près de 18 mois en dirigeant la junte chargée de la transition avant l’organisation d’élections.

Durant cette période, il a souvent été perçu comme un potentiel candidat à la présidentielle, mais son âge avancé et ses problèmes de santé avaient joué contre lui.

« Le commandement général des forces armées pleure un de ses fils et chefs de la guerre d’Octobre (1973), le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, ancien ministre de la Défense, décédé aujourd’hui » mardi, a indiqué sur Facebook le porte-parole des forces armées.

Tantaoui a combattu dans les rangs de l’armée égyptienne lors de trois conflits au XXe siècle.

Après dix-huit jours d’une révolte populaire, Moubarak avait démissionné le 11 février 2011 et remis ses pouvoirs au Conseil suprême des forces armées, dirigé par Tantaoui qui était son ministre de la Défense depuis 1991.

Tantaoui avait cependant été démis de ses fonctions en août 2012 par le président islamiste Mohamed Morsi, élu fin juin, et remplacé par le général Abdel Fattah al-Sissi, chef du renseignement militaire.

En juillet 2013, M. Sissi, devenu l’homme fort du pays, avait destitué M. Morsi à la suite de manifestations monstres réclamant le départ du président islamiste. Un an plus tard, il s’est fait élire à la tête de l’Egypte, après avoir éliminé de la scène politique toute opposition, islamiste mais aussi laïque.

Egyptian President Morsi (center) and General Tantawi attend a military graduation ceremony on July 17 (photo credit: AP Photo/Sheriff Abd El Minoem)
Le président égyptien Mohamed Morsi, au centre, et le général Tantawi lors d’une cérémonie de remise de diplômes militaires, sur une photo non-datée. (Crédit : AP Photo/Sheriff Abd El Minoem)

Proche de Moubarak

Né en 1935, originaire de Nubie, dans le sud de l’Egypte, Tantaoui a entamé sa carrière dans l’infanterie en 1956, participant notamment à la crise de Suez au moment de l’expédition tripartite orchestrée par la France et la Grande-Bretagne, ainsi qu’aux guerres israélo-arabes de 1967 et 1973.

Durant la première guerre du Golfe de 1991, il avait participé à la coalition dirigée par les États-Unis, au moment de l’invasion du Koweït par les forces irakiennes de Saddam Hussein.

Ministre de la Défense et de la production militaire durant 21 ans sous Moubarak, il a également été nommé chef des armées en 1995.

Un câble diplomatique américain de 2008 révélé par Wikileaks décrit Moubarak et Tantaoui comme des dirigeants « concentrés sur la stabilité du régime et le maintien du statu quo jusqu’à la fin de leur mandat ».

« Ils n’ont tout simplement pas l’énergie, l’inclination ou une vision du monde pour faire les choses différemment », note le câble, qualifiant le maréchal de « vieux et opposé au changement ».

Le président égyptien Hosni Moubarak avec le ministre de la Défense, le général Hussein Tantawi, à droite, au Caire. (Crédit : MENA / AFP)

Après le soulèvement de 2011, l’armée sera d’abord saluée pour son soutien aux manifestants anti-Moubarak. La junte que dirige Tantaoui leur promet alors « un pouvoir civil élu pour construire un État démocratique libre ».

Les manifestants considéraient d’ailleurs l’institution militaire comme une force unificatrice, moins corrompue et moins brutale que les policiers du ministère de l’Intérieur.

Pendant cette période, Tantaoui est rapidement forcé, sous la pression de manifestations, de faire juger l’ancien raïs, pour complicité dans le meurtre de centaines de manifestants durant la révolte.

Mais rapidement, les jeunes militants pro-démocratie, fers de lance de la révolte, accusent la junte de traîner des pieds pour lancer des réformes démocratiques.

M. Tantaoui sera ainsi démis de ses fonctions en 2012 par le premier président civil en Egypte, Mohamed Morsi.

Après cette éviction, Tantaoui s’était fait discret. Il avait cependant assisté à la cérémonie d’inauguration d’une deuxième voie du canal de Suez en 2015.

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