Israël en guerre - Jour 226

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Depuis les attaques du Hamas, les Juifs britanniques inquiets de la sécurité d’Israël

Une mission de solidarité se dit plus que jamais préoccupée par la montée de l'antisémitisme dans leur pays comme par la capacité d'Israël à défendre son peuple

La directrice générale de l'UJIA, Mandie Winston, à gauche, et des membres de la mission de solidarité que son organisation a organisée en Israël, rencontrent des interlocuteurs israéliens à Jérusalem, le 30 octobre 2023. (Autorisation)
La directrice générale de l'UJIA, Mandie Winston, à gauche, et des membres de la mission de solidarité que son organisation a organisée en Israël, rencontrent des interlocuteurs israéliens à Jérusalem, le 30 octobre 2023. (Autorisation)

A l’occasion d’un déplacement destiné à témoigner de leur solidarité avec Israël, les dirigeants de la communauté juive britannique ont déclaré aux survivants des atrocités commises par le Hamas, le 7 octobre dernier, que les Juifs du Royaume-Uni étaient derrière eux, unis, pour les aider – eux et Israël – à se relever.

Ce que ces visiteurs n’ont pas dit aux survivants, parce cela aurait été faire preuve d’un grand manque de tact, c’est que le conflit suscite une vive inquiétude au Royaume-Uni, avec la forte recrudescence des incidents antisémites et la montée du sentiment pro-Hamas et des doutes quant à la capacité d’Israël à défendre efficacement son peuple.

Ce souci est à l’esprit de très nombreux Juifs dans le monde qui pleurent les 1 400 morts en Israël et s’attendent à des représailles doublées d’une forte hostilité, principalement de la part des musulmans d’Europe et d’ailleurs, suite à la mort de milliers de Palestiniens à Gaza sous les frappes israéliennes destinées à détruire le Hamas, suite à l’assaut inhumaindu 7 octobre.

« Tout le monde est très inquiet », expliquait dimanche au Times of Israël Marie van der Zyl, présidente du Board of Deputies of British Jews, à l’issue d’une mission de solidarité de trois jours organisée par le Britain’s United Jewish Israel Appeal au profit de ses directeurs et membres du Conseil d’administration, du Jewish Leadership Council et du groupe pro-israélien BICOM.

« L’antisémitisme est en forte hausse chez nous. Avant, les gens pensaient : ‘Oh, si ça tourne mal au Royaume-Uni, on peut toujours aller en Israël.’ Mais maintenant, à cause de cela, l’inquiétude est forte parce qu’Israël était considéré comme un lieu sûr, une sorte d’abri contre toutes sortes de menaces. Les gens n’arrivent pas à croire ce qui s’est passé. »

Le Community Security Trust, l’organisme de surveillance de la communauté juive britannique pour les questions d’antisémitisme, également en charge de la sécurité, a constaté une multiplication par dix des incidents antisémites en octobre de cette année par rapport à la même période de 2022, soit une augmentation nette de centaines de cas, la plupart n’ayant pas donné lieu à des agressions physiques.

Marie van der Zyl, au centre, avec des membres de la mission de solidarité des dirigeants de la communauté juive britannique, avec le député Gideon Saar le 30 octobre 2023 à Jérusalem, en Israël. (Autorisation)

Par ailleurs, des rassemblements de grande ampleur ont lieu au Royaume-Uni en soutien aux Palestiniens, qui ont donné lieu à une dénonciation d’Israël et des déclarations de soutien au Hamas, dont trois manifestations successives, ce samedi à Londres, qui ont chacune attiré pas moins de 100 000 participants.

Les deux événements sont fréquents en période de conflit impliquant Israël, mais cette fois-ci, c’est différent, estime Keith Black, le président du Jewish Leadership Council, groupe de coordination d’organisations juives britanniques.

« L’horreur indicible de ce qui s’est passé, un tel déchainement de mal à cette échelle, dépasse de loin nos facultés de compréhension, ce qui aggrave l’anxiété », analyse-t-il.

Le président Isaac Herzog avec des membres de la mission de solidarité des dirigeants de la communauté juive britannique à Jérusalem, en Israël, le 30 octobre 2023. (Autorisation)

La guerre a éclaté suite au massacre perpétré par le Hamas, le 7 octobre dernier, lorsque 2 500 terroristes se sont introduits en territoire israélien depuis Gaza par terre, air et mer, pour tuer 1 400 personnes et faire 200 à 250 otages de tous âges, le tout sous une pluie ininterrompue de milliers de roquettes tirées sur les villes israéliennes.

La grande majorité des personnes tuées par ces hommes armés, qui se sont emparés de communautés frontalières, étaient des civils – bébés, enfants et personnes âgées -. Des familles entières ont été exécutées chez elles et plus de 260 jeunes ont été massacrées lors d’une rave en plein air, beaucoup avec une extrême brutalité, ce qui a fait dire au président américain Joe Biden qu’il s’agissait du « pire massacre du peuple juif depuis la Shoah ».

Certains terroristes n’ont pas hésité à brûler vives leurs victimes. Des femmes ont été violées, mutilées, leur corps exhibé sous les crachats de jeunes. Les terroristes ont incendié des maisons et même abattu des animaux domestiques et des animaux de ferme, dans leur folie meurtrière, parfois en se filmant eux-mêmes et en diffusant des images qui ont choqué le monde entier.

Des soldats israéliens enlevant les corps de civils israéliens dans le kibboutz Kfar Azza, près de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d’Israël, le 10 octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Cet assaut a mis en évidence une vulnérabilité qui ne cadre pas avec l’image d’Israël, puissance militaire avec des frontières parmi les plus sûres au monde et des services de renseignement performants.

« Ce n’est absolument pas la même guerre que celle de 2021 », explique Black, faisant référence à des hostilités passées entre le Hamas et Israël. « Ces scènes et ces histoires relèvent d’une barbarie et d’une sauvagerie extrêmes. Les Juifs britanniques, comme les autres habitants de ce pays, sont choqués et horrifiés. »

Le comportement de certains manifestants pro-palestiniens, au Royaume-Uni, est particulièrement effrayant pour les Juifs britanniques, comme ce slogan « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre », un appel à l’abolition d’Israël voire au nettoyage ethnique.

Des manifestants brandissent des pancartes en solidarité avec les Palestiniens de Gaza lors d’un rassemblement à Alger, le 19 octobre 2023. (Crédit : AFP)

« C’est réellement bouleversant et pourtant les autorités ont paru laissé faire », souligne Black, à propos de ce chant. Il estime que les Juifs britanniques ont « beaucoup de chance » parce que « le gouvernement est incroyablement pro-Israël ».

La ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, « est plus encline à sévir, mais la loi ne semble pas être de son côté, donc cela devra peut-être attendre. Une nouvelle loi devrait être prise, ce qui, franchement, est peu probable », ajoute M. Black.

La ministre britannique de l’Intérieur Suella Braverman prend la parole lors du dîner annuel de collecte de fonds du Community Security Trust à Londres, au Royaume-Uni, le 29 mars 2023. (Crédit : CST

De son côté, une manifestation pro-israélienne organisée par le Board of Deputies a réuni quelque 15 000 personnes suite à l’attaque du 7 octobre.

Gary Mond, le président de la National Jewish Assembly – qui ne fait pas partie du Jewish Leadership Council et n’a pas participé à la mission de cette semaine en Israël – dit que de nombreux Juifs britanniques « ne comprennent pas que des manifestations haineuses qui promeuvent le djihad soient autorisées semaine après semaine et demandent leur interdiction ».

Il y a aussi des inquiétudes, explique Mond, « au sujet des décisions prises par la police britannique, car cette dernière est, de l’avis de beaucoup, faible et inefficace face aux discours de haine pourtant flagrants ».

Mond décrit un sentiment d’anxiété bien palpable chez certains Juifs britanniques. Ils sont « dans leur ensemble effrayés et, dans certains cas, terrifiés, par les niveaux horribles de haine des Juifs qui se sont fait jour depuis le début de la guerre. Ils sont nombreux à avoir peur de se rendre dans le centre de Londres ou ailleurs ».

Une foule de manifestants pro-Israël rassemblée pour exiger la libération de tous les otages enlevés d’Israël à Gaza par les terroristes du Hamas, à Trafalgar Square, à Londres, le 22 octobre 2023. (Crédit : Frank Augstein/AP Photo)

La délégation, composée de dirigeants du Jewish Leadership Council, du Board of Deputies et de l’United Jewish Israel Appeal, qui collecte des fonds pour Israël au Royaume-Uni, s’est entretenue avec le président Isaac Herzog ainsi que d’autres politiciens et des organisations d’aide aux victimes et aux dizaines de milliers de personnes évacuées qui ont dû quitter les zones proches de Gaza en raison des attaques à la roquette du Hamas.

Selon Zvi Noé, administrateur de l’UJIA qui a participé à la mission avec Mandie Winston, directrice générale de l’organisation, l’UJIA est en train de lever des fonds dans le cadre d’une campagne spéciale, qui devrait rapporter au moins 5 millions de livres sterling pour la prise en charge des traumatismes – physiques et émotionnels -.

En dépit des craintes et problèmes auxquels sont confrontés les Israéliens – et dont la délégation a été témoin -, la « résilience incroyable » des Israéliens ne leur a pas échappé. Ils en parleront aux Juifs britanniques et à l’ensemble de la société britannique, confie Noé, organisateur de cette mission en Israël.

« Les dégâts sont énormes en Israël. L’effet de surprise aggrave le traumatisme, mais les gens et les survivants que nous avons vus sont pour l’essentiel sur la ligne, exprimée ainsi par l’un d’entre eux : « Je veux continuer, je veux rentrer chez moi dès que possible ».

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