Député orthodoxe : Les femmes converties au judaïsme à Tsahal sont des « shiksas »
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Député orthodoxe : Les femmes converties au judaïsme à Tsahal sont des « shiksas »

Yitzhak Pindrus de Yahadout HaTorah a dit que les soldats convertis à l'armée ne sont pas juifs et que les familles de ceux qui les épousent devraient porter le deuil

Le rabbin Yitzhak Pindrus lors d'une audience à la Cour suprême de Jérusalem concernant sa disqualification de la candidature au poste de maire d'Elad lors des prochaines élections, le 22 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Yitzhak Pindrus lors d'une audience à la Cour suprême de Jérusalem concernant sa disqualification de la candidature au poste de maire d'Elad lors des prochaines élections, le 22 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un député ultra-orthodoxe a déclaré que les femmes qui se convertissent au judaïsme par le biais du programme de conversion de l’armée israélienne sont considérées comme des shiksas, utilisant un terme très péjoratif pour désigner les femmes non juives.

Yitzhak Pindrus, du parti Yahadout HaTorah, s’est exprimé lundi lors d’une conférence organisée par l’organisation ITIM et le site internet Kipa. Il a évoqué le cas de la fille d’un père juif et d’une mère non-juive qui s’est convertie sous les auspices de l’armée.

C’est une « shiksa, une non-juive », a-t-il déclaré dans un clip vidéo diffusé par la radio de l’armée mardi.

« Si elle a suivi une conversion à l’armée, elle n’est pas juive selon les définitions de la halakha [loi juive] ».

« Si quelqu’un l’épouse, son père doit faire Shiva [la période de deuil traditionnelle], déchirer ses vêtements et dire Kaddish [la prière du deuil] » sur leur fils perdu, a-t-il dit.

Pindrus a dit qu’il refusait de transiger sur la question dans le but de se montrer « pluraliste et sympathique ».

Le programme Nativ de l’armée, fondé en 2001, est le seul système de conversion reconnu par l’État dans le pays qui ne soit pas contrôlé par le Grand Rabbinat. Des centaines de soldats, pour la plupart des immigrants non-juifs ou des descendants d’immigrants de l’ancienne Union soviétique, entrent chaque année dans le système de conversion de l’armée.

Des milliers de personnes ont terminé le programme avec succès et se sont converties au judaïsme par l’intermédiaire du tribunal rabbinique de Tsahal, qui est orthodoxe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (au centre), avec le chef de l’enseignement militaire de l’époque le général de brigade Eli Schermeister, (à droite), et des participants du programme de conversion Nativ, le 15 décembre 2010. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO, File/Autorisation)

Les propos de Pindrus ont été condamnés par des politiciens laïcs et certains politiciens religieux.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a qualifié cette déclaration d’“ignorante et triste”.

« Ces merveilleuses jeunes femmes que vous appelez shiksas vous sauvent la vie », a-t-il tweeté.

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, dans un tweet, a déclaré « Pindrus et les membres de Yahadout HaTorah, qui ne servent pas dans l’armée et vivent aux frais des contribuables, ce sont eux les shiksa. »

« Ceux qui ont besoin de faire shiva sont ceux qui ont enterré les valeurs du peuple juif. Tout soldat qui sert dans l’armée israélienne et qui s’est converti dans l’armée est plus juif que tous les étudiants de la Yeshiva Mir réunis », a ajouté M. Liberman en parlant d’une institution phare Haredi.

Le leader de Yamina, Naftali Bennett, qui était auparavant ministre des Affaires de la Diaspora, a qualifié cette désignation de « honteuse » et a promis que les convertis par l’intermédiaire de l’armée ne verraient pas leur judéité remise en question.

Les commentaires de Pindrus sont arrivés le jour même où la Cour suprême de justice a statué que les conversions au judaïsme effectuées par les mouvements libéraux en Israël seraient reconnues aux fins de la citoyenneté. Cette décision, qui met à mal le monopole orthodoxe sur la religion en Israël, a été (très) largement condamnée par les députés Haredi, qui ont juré de faire passer une loi pour l’annuler.

Pindrus a déclaré mardi que la conversation avec le panel avait été enregistrée avant la décision de la Cour suprême.

Dans une interview consécutive à la radio de l’armée, Pindrus n’a pas retiré ses propos. Mais il a déclaré qu’il reconsidérerait son point de vue si le Grand Rabbinat supervisait les conversions du Nativ. Pindrus a déclaré que ni lui ni la Cour Suprême n’avaient l’autorité de décider quelles conversions étaient légitimes – une appréciation qu’il laissait aux rabbins.

« Les fausses conversions sont une question religieuse, et non nationale ou civile. La Cour suprême n’a pas le pouvoir de décider si un converti réformé est juif ou non », a-t-il déclaré.

Le député de Yahadout HaTorah à la Knesset a également balayé les critiques formulées à son encontre par d’autres politiciens.

« On peut être un citoyen qui contribue à l’État et ne pas être juif, ou être un juif qui ne contribue pas à l’État », a déclaré M. Pindrus.

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