Députés de droite et de gauche s’unissent le temps d’un clip
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Députés de droite et de gauche s’unissent le temps d’un clip

La vidéo, qui vise à expliquer les risques des discours de haine, est mise en ligne pendant les commémorations du meurtre de Rabin

La députée Tamar Zandberg (Meretz) dans un clip pour sensibiliser à l'incitation à la violence des commentaires publiés sur les médias sociaux. (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)
La députée Tamar Zandberg (Meretz) dans un clip pour sensibiliser à l'incitation à la violence des commentaires publiés sur les médias sociaux. (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)

Les députés de la Knesset de tout le spectre politique ont collaboré pour tourner une vidéo appelant à mettre fin à l’incitation [à la haine] contre les politiciens dans les médias sociaux.

Le clip a été mis en ligne lundi tandis qu’Israël marquait les 20 ans depuis l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, un meurtre politique qui est partiellement mis sur le compte de l’incitation à la violence dirigée contre Rabin par des militants et des dirigeants d’extrême-droite.

Le député Yossi Yona (Union sioniste) a déclaré à la Deuxième chaîne lundi que la responsabilité de créer une « atmosphère différente repose sur les dirigeants. Je crains que si nos dirigeants ne s’en préoccupent pas, nous pourrions pericliter dans une guerre civile – l’histoire juive montre que cela est possible ».

Le député de HaBayit HaYehudi, Yinon Magal, couvert par l'ombre d'une main dans un clip posté par plusieurs députés visant à mettre en évidence les dangers de l'incitation en ligne. (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)
Le député de HaBayit HaYehudi, Yinon Magal, couvert par l’ombre d’une main dans un clip posté par plusieurs députés visant à mettre en évidence les dangers de l’incitation en ligne. (Crédit : Capture d’écran Deuxième chaîne)

La députée de Koulanou, Meirav Ben Ari, députée pour la première fois, a expliqué qu’elle a dû faire face à l’incitation à la haine lorsque la Knesset a voté le projet de loi sur les réserves de gaz naturel d’Israël il y a quelques mois. « Je suis jeune et inconnue, et tout d’un coup, je suis exposée à cette incitation [à la haine] contre moi. J’étais en Inde, et quelqu’un m’a écrit ‘Restez en Inde, vous ne manquerez à personne’. On m’a appelé ‘ misérable’ et traité de ‘pute’ », a-t-elle dénoncé sur la Deuxième chaîne.

Ben Ari était l’une de celles qui a initié la vidéo, dans laquelle les députés apparaissent dans une pièce sombre, apparemment nus, tandis que les commentaires publiés sur Facebook à leur sujet sont projetés sur leurs visages.

La vidéo est destiné à être distribué dans les écoles, afin d’enseigner aux enfants les conséquences dangereuses des commentaires haineux et lorsque les individus décident d’agir en fonction de leur commentaire.

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Posted by ‎רחל עזריה‎ on Monday, 26 October 2015

« La distance entre les paroles et les actes est plus courte que ce que nous pensons », a déclaré Yona. « Quand quelqu’un est qualifié de ‘traître’ vous avez besoin de juste peu plus ; on n’a pas besoin d’être un génie pour comprendre la punition ‘adéquate’ pour un traître ».

Magal, qui est aussi filmé dans la vidéo, a déclaré à la Deuxième chaîne que le problème vient d’une mauvaise éducation, tant à gauche de l’échiquier politique qu’à droite. Pourtant, « ceux qui souffrent (de l’hostilité en cours) sont essentiellement les députées de gauche, qui font l’objet de commentaires sexuels horribles », reconnait Magal.

Selon la Deuxième chaîne, la députée de la Liste arabe unie, Aida Touma-Sliman, qui est également chef de la commission de la Knesset contre le racisme, a été invitée à participer à la vidéo, mais a refusé quand elle a appris que Magal y prenait part.

« Il est inconcevable pour un député qui a récemment fait des commentaires sur ‘le compte des nakbas’ de prendre part à un clip sur cette question », a-t-elle déclaré. « Cette importante initiative a raté son objectif et en fait est un jeu entre les mains de l’incitation à la haine existante ».

Elle faisait allusion à un récent commentaire de Magal lors d’une interview où il a déclaré que « les Arabes devraient savoir que l’on peut non seulement compter les Intifadas (soulèvement contre Israël) mais également les nakbas ». Nakba est le mot arabe pour « catastrophe » et est couramment utilisé par les Palestiniens pour décrire la création de l’Etat d’Israël.

Adi Eldar (Crédit : Flash 90)
Adi Eldar (Crédit : Flash 90)

Dimanche, Adi Eldar, le maire de la ville de Carmiel, a laissé entendre que la plupart des personnes qui sont des « partenaires de facto » de l’assassin de Rabin, Yigal Amir, sont à des postes clés dans le gouvernement aujourd’hui.

« Il faut toujours se rappeler que (pendant que) son doigt appuyait sur la gâchette, il y avait beaucoup de doigts, les doigts qui sont aujourd’hui au contrôle de l’Etat d’Israël. Nous ne devrions pas avoir peur des mots à ce sujet : ils étaient des partenaires dans la gâchette pressée qui a tiré sur Rabin dans le dos ».

Eldar était le maire de Carmiel pendant 27 ans. Un homme du parti travailliste, il était un proche de Rabin et a aidé à organiser le rassemblement du 4 novembre 1995 à Tel Aviv au cours duquel l’ancien Premier ministre a été assassiné.

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