Deri réexamine le statut du fondateur du BDS
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Deri réexamine le statut du fondateur du BDS

Le ministre de l'Intérieur affirme que Barghouti "utilise sa citoyenneté, son permis de résidence, pour agir sévèrement contre Israël"

Omar Barghouti, cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, à Ramallah en février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Omar Barghouti, cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, à Ramallah en février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Les autorités israéliennes ont refusé de renouveler les documents de voyage d’un membre fondateur de la campagne BDS de boycott de produits israéliens, a-t-on appris mardi de sources officielles.

Omar Barghouti a été informé le mois dernier par le ministère de l’Intérieur du non-renouvellement de ces documents, d’ordinaire fournis aux résidents permanents d’Israël qui ne sont pas citoyens à part entière de l’Etat hébreu.

La campagne mondiale non gouvernementale BDS « Boycott, désinvestissements, sanctions », est destinée à augmenter la pression sur Israël pour mettre notamment fin à ‘l’occupation’ des Territoires palestiniens.

Barghouti, dont la famille est palestinienne, est né au Qatar. Il est marié à une citoyenne de la minorité arabe israélienne, descendants des Palestiniens restés sur place après la création d’Israël en 1948. Cette union lui permet d’avoir un permis de résidence permanente en Israël.

Mais une porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué à l’AFP que Barghouti ne pouvait pas encore recevoir ses documents de voyage, le ministre Aryeh Deri réfléchissant à une révocation de son permis de résidence permanente.

« Le ministre veut réexaminer son statut. Il habite la plupart du temps à Ramallah (Cisjordanie) alors que l’un des facteurs déterminants dans l’attribution d’un permis de résidence permanente est l’endroit où la personne concernée passe l’essentiel de sa vie », a-t-elle expliqué.

La nature des activités de Barghouti joue aussi un rôle dans la décision du ministre, selon elle.

Omar Barghouti a nié avoir habité en permanence à Ramallah. « J’habite avec ma famille dans notre maison de Saint Jean D’Acre (Akko en Israël), a-t-il dit à l’AFP. J’ai obtenu le permis israélien de résidence permanente depuis près de 23 ans, conformément à la loi et sans violation aucune ».

Il explique qu’il aurait dû être présent à deux rendez-vous majeurs ces dernières semaines en Californie (Etats-Unis), mais qu’il avait été empêché de s’y rendre. Il y a néanmoins participé via Skype.

« Concrètement je ne peux pas du tout voyager, a dit Barghouti. Israël m’impose cette interdiction de voyage, me diabolise et me menace pour m’intimider et me réduire au silence », a-t-il ajouté, promettant cependant de poursuivre son activité de boycott de son pays.

Plus tôt cette année, le ministre israélien de l’Intérieur avait fait état lors d’une conférence anti-BDS d’une demande de révocation du permis de résidence de Barghouti, en affirmant y être favorable.

« Il utilise sa citoyenneté, son permis de résidence, pour entrer et sortir dans le reste du monde et agir sévèrement contre Israël », avait-il affirmé.

Barghouti a dit craindre que le priver de ses documents de voyage ne soit une « première mesure en application de la menace de Deri de révoque son permis de résidence permanente ».

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