Dernières heures de Gantz pour former un gouvernement
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Dernières heures de Gantz pour former un gouvernement

"La route menant à la formation d'un gouvernement n'a jamais été dans une si grande impasse", a résumé mercredi Ben Caspit, commentateur dans le quotidien Maariv

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz au siège de son parti, à Tel Aviv, le 12 septembre 2019. (AP Photo/Oded Balilty)
Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz au siège de son parti, à Tel Aviv, le 12 septembre 2019. (AP Photo/Oded Balilty)

Gouvernement de coalition ou nouvelles élections ? Le rival de Benjamin Netanyahu, Benny Gantz, peinait mercredi à obtenir les soutiens nécessaires pour former le prochain gouvernement rapprochant ainsi Israël un peu plus de nouvelles élections.

Après des semaines de jeu de pourparlers, l’ancien chef de l’armée aujourd’hui à la tête du parti centriste Kahol Lavan a jusqu’à 23h59 (22h59 heure de Paris) pour présenter au président Reuven Rivlin un projet de gouvernement de coalition.

Les élections nationales de septembre n’avaient pas réussi à départager clairement MM. Netanyahu et Gantz, qui n’avaient pas les appuis nécessaires, avec leurs alliés respectifs, pour revendiquer une majorité parlementaire.

Le président Rivlin avait néanmoins mandaté Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis 2009, pour former un gouvernement.

Mais M. Netanyahu, à la tête d’un bloc de droite et religieux comptant au total 54 députés, n’est pas parvenu à rallier suffisamment de voix pour atteindre les 61 appuis, seuil de la majorité au Parlement.

Le président s’est donc tourné vers Benny Gantz, mandataire d’une mission que plusieurs jugent impossible, pour éviter un troisième scrutin en moins d’un an.

Et pour y parvenir, Benny Gantz avait besoin de convaincre Avigdor Lieberman, à la tête du parti non aligné Israel Beytenu, de rejoindre une coalition de centre-gauche soutenue de l’extérieur par des partis arabes.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche) et le chef de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman se serrent la main avant une rencontre, le 28 septembre 2019. (Autorisation)

Mais « je refuse de soutenir un gouvernement minoritaire (Gantz soutenu par les partis arabes) ou étroit (Netanyahu et son bloc de droite et religieux) », a répondu mercredi après-midi M. Lieberman.

« Dans l’état actuel des choses, nous sommes en route pour de nouvelles élections », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Courtiser Netanyahu

Le scénario d’une coalition avec M. Lieberman étant désormais mort, Benny Gantz n’a d’autre choix à présent que de courtiser son rival Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement réunissant les deux plus grands partis politiques du pays.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Mais dans ce scénario, la grande question demeure : qui des deux deviendrait en premier chef du gouvernement ? Les deux principaux protagonistes se sont rencontrés mardi soir pour tenter de dénouer l’impasse. Sans succès.

« Malheureusement, lors de notre entretien d’hier soir, Benny Gantz a refusé d’accepter que (…) je sois le premier d’une rotation sur le poste de Premier ministre », a écrit mercredi M. Netanyahu sur Twitter.

« Ce matin, nous devons dire la vérité, Benjamin Netanyahu est réfractaire à l’unité et fera tout son possible pour nous traîner vers des élections pour la troisième fois en un an », a répliqué M. Gantz.

Un troisième scénario consisterait alors à réunir MM. Netanyahu, Gantz et Lieberman dans une coalition en mode triumvirat.

Mais là, deux questions se posent : que faire des alliés de chacun, les religieux chez Netanyahu, et la gauche pour Gantz ? Et encore une fois, qui devient en premier le chef du gouvernement ?

La Knesset

Si M. Gantz ne parvient pas à une percée dans les discussions d’ici minuit, le président pourra alors donner trois semaines aux députés de la Knesset, le Parlement israélien, pour lui proposer des noms d’élus susceptibles de réussir là où les deux grands chefs de parti ont échoué.

Là, une autre inconnue pourrait s’inviter dans les tractations : la décision de justice attendue début décembre sur une éventuelle inculpation de Benjamin Netanyahu pour « corruption », qui pourrait aussi faire encore bouger les lignes politiques.

Si, au terme de cet éventuel nouveau délai, aucune personnalité politique ne parvient à s’imposer à la tête du gouvernement, l’Etat hébreu retournera aux urnes…

« La route menant à la formation d’un gouvernement n’a jamais été dans une si grande impasse », résumait mercredi le commentateur Ben Caspit, dans les pages du quotidien Maariv. « Nous allons avoir besoin d’un miracle pour éviter une troisième élection. »

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