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Des centaines de personnes aux obsèques du soldat tué par un « tir ami »

La sœur de Natan Fitoussi a expliqué que la famille s'était installée en Israël pour lui ; le commandant de son bataillon a évoqué un "bon ami, très aimé"

Les funérailles du soldat Natan Fitoussi, tué par le "tir ami" d'un soldat israélien près de Tulkarem, en Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Les funérailles du soldat Natan Fitoussi, tué par le "tir ami" d'un soldat israélien près de Tulkarem, en Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des centaines de personnes se sont rassemblées mardi à Netanya, pour les obsèques d’un soldat israélien tué par un « tir ami » en Cisjordanie, la nuit précédente.

Natan Fitoussi, 20 ans, a été abattu par l’un de ses camarades de la brigade Kfir dans la soirée de lundi, alors qu’il revenait vers son poste de garde après être parti prier. Le militaire à l’origine du tir meurtrier ne l’a pas reconnu à son retour, ouvrant le feu sur lui. Cet incident est survenu le long de la barrière de sécurité de Cisjordanie, à proximité de la ville palestinienne de Tulkarem.

Fitoussi avait émigré depuis la France et ses parents ont prononcé son éloge funèbre en français.

Dans son discours, Salomé, la sœur du défunt, a déclaré que son frère était un jeune homme d’une grande générosité qui aimait donner aux autres, ajoutant que Dieu l’avait repris à ses côtés en raison de cette extrême bonté qui le caractérisait.

« C’est Natan qui avait fait venir la famille ici, en Israël. C’est un héros. J’ai appris énormément de choses à ses côtés. Il avait toujours le sourire, il aidait toujours tout le monde », a déclaré Salomé à la foule réunie pour ses funérailles.

« Nous devons remercier Dieu qui l’a repris : Natan était une âme pure », a-t-elle ajouté avant de demander à l’assistance de « remercier Dieu » à voix forte.

Photo non datée du sergent-chef Natan Fitoussi, publiée par l’armée le 16 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le lieutenant-colonel Ran Cohen, commandant du bataillon Nahshon de la brigade Kfir, a pour sa part évoqué un « bon ami », « un ami bien-aimé », disant que le soldat était toujours « le premier à se porter volontaire pour une mission, quelle qu’elle soit ».

S’adressant à la famille du défunt, Cohen a noté que « nous continuerons à marcher à vos côtés, toujours. Je promets que nous ferons tout ce qui est en notre capacité pour vous soutenir, pour vous donner de la force ».

Meir, un ami proche de la famille Fitoussi, avait fait savoir aux journalistes, mardi matin, que les parents du militaire n’étaient pas en colère contre le soldat à l’origine de la mort de leur fils.

« La famille n’a aucune colère à l’encontre du soldat qui a tiré sur Natan. Non seulement elle n’est pas en colère mais elle compatit avec lui et je n’ai aucun doute sur le fait que les parents de Natan voudront le rencontrer », avait-il commenté.

Selon l’enquête initiale menée par Tsahal, le soldat incriminé aurait respecté les procédures de tir. Selon les règles, le suspect doit faire l’objet d’une mise en garde verbale initiale le sommant de s’arrêter ; cette mise en garde est suivie par un tir d’avertissement. Les soldats ne sont autorisés à ouvrir le feu que s’ils ont le sentiment que le suspect représente une menace mortelle.

Fitoussi avait fait savoir à ses camarades du poste de garde dans lequel il se trouvait, près de la ville palestinienne de Tulkarem, une ville située à proximité de la barrière de sécurité de Cisjordanie, qu’il allait prier et qu’il reviendrait rapidement. Mais à son retour, l’un de ses camarades « a ouvert le feu en sa direction après s’être plié à la procédure en vigueur en cas d’arrestation – avec notamment un tir d’avertissement et un tir dans les jambes », a expliqué Ran Kochav, porte-parole de l’armée, au micro de la station de radio Kan dans la matinée de mardi.

Les deux hommes se trouvaient à plusieurs mètres de distance l’un de l’autre pendant l’incident, ont révélé les investigations. Fitoussi a été blessé par deux balles et il reste encore indéterminé pourquoi il a pu être considéré comme une menace au moment du drame.

L’enquête initiale a été menée par le chef d’État-major de Tsahal, Aviv Kohavi, avec le chef du Commandement central, le général Yehuda Fuchs et d’autres responsables militaires.

Fuchs a nommé le colonel Liron Biton, commandant de la 55e Brigade de parachutistes, à la tête d’un « panel d’expert » qui examinera davantage l’incident meurtrier. Les conclusions du groupe de travail seront présentées à Kohavi.

Les funérailles du soldat Natan Fitoussi, tué par le « tir ami » d’un soldat israélien près de Tulkarem, en Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

De plus, la police militaire a lancé ses propres investigations dont les conclusions seront soumises au procureur militaire pour évaluation.

L’avocat général militaire a émis un communiqué au nom du soldat à l’origine du tir, disant qu’il avait suivi « les ordres et les instructions » et qu’il coopérait avec les enquêteurs.

« C’est un événement bouleversant et tragique au cours duquel un bon ami de notre client a perdu la vie. Il veut transmettre ses condoléances sincères à la famille pour cette perte immense », a noté le communiqué.

Selon la radio militaire, l’armée a désigné un officier qui accompagnera le soldat pour tenter « de l’aider à surmonter l’épreuve ».

L’armée avait initialement fait état d’un échange de coups de feu et les troupes avaient alors commencé à chercher des tireurs présumés à Tulkarem, selon les médias palestiniens.

Mais un responsable militaire israélien avait assez rapidement fait savoir que la mort du soldat pouvait avoir été causée par un tir ami.

Envoyé à l’hôpital, Fitoussi a finalement succombé à ses blessures.

Sergent, il a été promu sergent chef à titre posthume, a indiqué l’armée, précisant avoir ouvert une enquête sur l’incident.

Au début de l’année, deux militaires appartenant à une unité de commando ont été tués dans un incident similaire survenu dans la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie.

Emanuel Fabian a contribué à la rédaction de cet article.

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