Des chercheurs avancent une nouvelle théorie sur l’évolution du cerveau humain
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Des chercheurs avancent une nouvelle théorie sur l’évolution du cerveau humain

Selon des archéologues, les premiers Homo erectus auraient développé leur intelligence en capturant des proies plus petites et plus difficiles à piéger

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Photo d'illustration : Reconstitution d'un  Homo erectus vient d'un million six cent mille ans au musée de Néendertal de Mettmann, en Allemagne, le 3 juillet 2019. (Crédit :AMartin Meissner/AP)
Photo d'illustration : Reconstitution d'un Homo erectus vient d'un million six cent mille ans au musée de Néendertal de Mettmann, en Allemagne, le 3 juillet 2019. (Crédit :AMartin Meissner/AP)

D’après des chercheurs israéliens, la nécessité de chasser des animaux plus petits a développé le cerveau des hommes, devenant ainsi les animaux les plus intelligents de la planète.

L’ancienne espèce humaine Homo erectus ne trouvait plus de gros animaux à chasser dont la graisse abondante était indispensable à leur survie. Ils ont donc été dans l’obligation de trouver d’autres moyens de se nourrir, en cherchant à attraper des espèces plus petites, ce qui a eu pour conséquence que leurs cerveaux se développent, les rendant plus habiles.

Dans un article publié sur le site du MDPI, Miki Ben-Dor et le professeur Ran Barkai de l’Université de Tel Aviv ont présenté leur hypothèse « unificatrice » selon laquelle le déclin de la taille des proies était « l’un des facteurs clés de la préhistoire qui a influencé les transformations physiologiques et culturelles humaines ».

En étudiant la période du Pléistocène, couvrant la période comprise entre environ 2,6 millions et 11 700 ans, les chercheurs ont établi un lien entre la réduction du poids moyen des animaux africains et l’extinction de la mégafaune, et le développement du cerveau humain chez l’Homo erectus vivant dans la région.

Le professeur Ran Barkai de l’université de Tel Aviv. (Crédit : Université de Tel Aviv)

« À la fin de cette période, les humains s’étaient imposés comme une espèce dominante sans précédent sur l’écologie », ont-ils écrit. « Le plus notable de ces changements étant l’augmentation directionnelle du volume cérébral dans les lignées menant à Homo sapiens. »

Ce qui leur a permis de parvenir à « l’utilisation régulière du feu, à changer périodiquement les technologies des outils de pierre, la chasse au gros gibier, l’intensification des ressources, la production alimentaire et la domestication des animaux ainsi que la connaissance des plantes ».

Selon eux, « à mesure que la taille des proies diminuait, les humains ont été dans l’obligation de s’adapter pour attraper et consommer des proies de plus en plus petites ». Dans le même temps, leur corps se transformait afin de maintenir un équilibre entre leurs besoins biologiques et énergétiques par la nourriture.

La viande ne fournit pas toutes les calories nécessaires aux besoins vitaux de l’être humain. Ils ont aussi besoin de graisse. Plus l’animal est petit moins il gras, et plus les premiers humains ont dû développer leur réflexion pour être efficaces.

Capture d’écran d’une vidéo du professeur Miki Ben-Dor de l’université de Tel Aviv. (Crédit : YouTube)

« Nous ne pouvons pas manger autant de protéines », a expliqué Ben-Dor à Haaretz dans un article publié jeudi. « Nous avons aussi besoin de graisse. Comme nous avions besoin de graisse, nous avons commencé par les gros animaux. Puis nous avons anéanti les principaux adultes qui étaient essentiels à la survie des espèces. En raison de notre besoin de graisse, nous avons anéanti les animaux dont nous dépendions. C’est pourquoi nous sommes devenus de plus en plus intelligents, ce qui nous a permis de conquérir le monde. »

Ben-Dor explique que le langage sollicite encore plus le cerveau. Une des clés de la domination des êtres humains provient de la nécessiter de communiquer entre eux pour chasser.

« Nous devons remonter le fil énergétique de l’évolution. Le langage demande énormément d’énergie au cerveau. C’est un investissement. L’énergie consommée par le langage doit produire suffisamment d’avantages. »

Il dit en conclusion : « En quoi le langage nous a-t-il été utile ? Il devait être énergétiquement efficace pour chasser. »

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