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Des chercheurs israéliens proposent une méthode objective pour les essais de vaccins

Les tests actuels reposent en grande partie sur les déclarations des participants, mais des chercheurs de Tel Aviv publient une étude montrant que le processus peut être automatisé

Une infirmière se prépare à administrer une dose du vaccin COVID-19 dans un centre des services de santé Clalit à Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 9 janvier 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Une infirmière se prépare à administrer une dose du vaccin COVID-19 dans un centre des services de santé Clalit à Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 9 janvier 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Des scientifiques israéliens affirment avoir mis au point une nouvelle méthode, potentiellement plus fiable, pour évaluer la sécurité des vaccins : ils utilisent des capteurs intelligents au lieu de se fier aux déclarations des patients sur ce qu’ils ressentent.

Une équipe de recherche de l’université de Tel Aviv a fixé des capteurs électroniques sur la poitrine de 160 Israéliens recevant leur deuxième injection de coronavirus. Les résultats de leur étude ont été évalués par des pairs et publiés dans Communications Medicine, un journal de Nature portfolio.

Les capteurs ont mesuré les réactions physiologiques à partir du jour précédant jusqu’à trois jours après avoir reçu le vaccin. Ils ont surveillé le rythme cardiaque, la fréquence respiratoire, les niveaux d’oxygène dans le sang, le volume des battements cardiaques, la température, le débit cardiaque et la pression sanguine.

Selon le Dr Dan Yamin, du Centre de recherche sur les épidémies de l’université de Tel Aviv, l’étude a donné une vision beaucoup plus détaillée de la réaction du corps au vaccin que toute autre recherche antérieure.

« Normalement, les essais cliniques des vaccins reposent en grande partie sur ce que les gens disent ou ressentent, mais cette étude ouvre la possibilité d’adopter une approche beaucoup plus objective », a déclaré le Dr Yamin au Times of Israel.

« Nous avons équipé les gens de capteurs qui ont recueilli des informations précises pendant plusieurs jours après la vaccination, et il est possible que les essais de vaccins du futur adoptent cette approche. »

Une femme reçoit une dose du vaccin COVID-19 dans un centre de santé Clalit à Jérusalem, le 3 octobre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Il a déclaré que l’étude fournissait la « preuve de concept » que son équipe recherchait, et a ajouté que « cela pourrait changer la donne. »

Yamin a souligné que les résultats globaux ne remettaient pas en cause l’idée que les vaccins contre le coronavirus ne comportaient pas de risque, mais que le plus important visait à ce que les essais soient suffisamment détaillés pour signaler les effets secondaires.

L’étude a détecté des signes physiologiques d’effets secondaires notables à court terme. Dans le cas des injections de COVID, ils disparaissent généralement au bout de 48 heures et n’entraînent pas de problèmes de santé autres que la somnolence. Mais le système est conçu pour détecter des effets secondaires plus durables et sera testé sur d’autres vaccins en temps voulu, a déclaré le Dr Yamin.

Dr. Dan Yamin de l’université de Tel Aviv. (Crédit : Moshe Bedarshi)

Il a suggéré que, s’ils sont adoptés, les capteurs intelligents pourraient éventuellement réduire le nombre de personnes nécessaires aux essais, car si les données sont plus objectives et fiables, des échantillons plus petits pourraient suffire.

Le collègue de Yamin, le Dr Yftach Gepner, qui a dirigé la recherche, a commenté : « Le message de notre étude est clair. En 2022, le moment est venu de procéder à des tests continus, sensibles et objectifs de la sécurité des nouveaux vaccins et thérapies. Il n’y a aucune raison de se fier aux déclarations des patients ou d’attendre l’apparition d’effets secondaires rares. Les signes préliminaires qui prédisent de telles conditions peuvent être détectés grâce à des capteurs avancés. »

M. Gepner ajoute : « Aujourd’hui, les participants aux essais sont invités à se rendre à la clinique pour faire mesurer leur tension artérielle, mais souvent, celle-ci augmente simplement parce que la situation est stressante. La surveillance continue à domicile résout ces problèmes avec des moyens simples, pratiques, peu coûteux et précis. C’est le genre de médecine vers laquelle nous devrions tendre. »

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