Des élus américains veulent bloquer la vente d’avions Boeing à l’Iran
Rechercher

Des élus américains veulent bloquer la vente d’avions Boeing à l’Iran

Cette transaction de 25 milliards de dollars serait le plus gros échange commercial entre Washington et Téhéran depuis la Révolution islamique

Un Boeing 747 d'IranAir sur le tarmac de l'aéroport intérieur de Mehrabad à Téhéran, le 15 janvier 2013. (Crédit : AFP/Behrouz Mehri)
Un Boeing 747 d'IranAir sur le tarmac de l'aéroport intérieur de Mehrabad à Téhéran, le 15 janvier 2013. (Crédit : AFP/Behrouz Mehri)

La Chambre des représentants des Etats-Unis a adopté vendredi des mesures destinées à bloquer la vente d’avions à l’Iran, ce qui pourrait faire capoter un gros contrat d’au moins 25 milliards de dollars entre Boeing et Iran Air.

Le protocole d’accord signé en janvier entre Airbus et l’Iran sur la vente de 118 appareils serait aussi menacé car l’avionneur européen doit recevoir le feu vert des Etats-Unis, 10 % des composants des avions Airbus étant d’origine américaine.

Boeing et Airbus ont pu entamer des négociations commerciales avec Téhéran après l’accord sur le nucléaire de 2015 avec les grandes puissances occidentales qui a allégé l’embargo économique contre la République islamique.

Mais si l’administration Obama a accepté de lever certaines sanctions, elle continue d’imposer un embargo interdisant aux Américains d’effectuer tout investissement lié à l’Iran. Les entreprises américaines et internationales présentes aux Etats-Unis voulant faire affaire à Téhéran doivent ainsi au préalable obtenir une licence spéciale de l’Office pour le contrôle des avoirs étrangers (OFAC), qui dépend du Trésor.

L’une des mesures adoptées vendredi par les élus de la chambre basse du Congrès, dominée par les républicains, interdit aux grandes institutions financières et notamment américaines d’accorder des lignes de crédit pour tout achat d’avions commerciaux pouvant être adaptés à des fins militaires.

Une autre mesure interdit à l’OFAC de puiser dans les fonds publics pour effectuer les investigations nécessaires à l’octroi d’une licence spéciale à un constructeur aéronautique voulant faire des affaires en Iran.

Pour être valides, ces lois doivent encore être approuvées par le Sénat, lui aussi dominé par les républicains.

Peter Roskam, élu républicain de l’Illinois (centre) à l’origine de ces mesures, justifie cette offensive par le fait que Téhéran continue, selon lui, de soutenir des groupes terroristes à travers le monde.

« Si vous ne voulez pas faire des affaires avec l’Etat islamique (EI) vous ne devriez pas en faire avec la République islamique », écrivait-il en avril dans une tribune parue dans le Wall Street Journal.

Bahram Ghasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a estimé que ces mesures étaient « incompatibles » avec l’accord nucléaire du 14 juillet 2015.

« Nous n’avons rien à voir avec les affaires intérieures américaines » et « nous considérons que le gouvernement des Etats-Unis est responsable de l’application des engagements de ce pays » à l’égard de l’accord, a-t-il ajouté, cité par l’agence de presse officielle Irna.

C’est une mauvaise nouvelle pour Boeing qui a annoncé en juin un protocole d’accord sur la vente d’avions à Iran Air pour 25 milliards de dollars, soit la plus grosse transaction commerciale entre Washington et Téhéran depuis la Révolution islamique de 1979.

Cet accord de principe, dont les détails restent à finaliser, doit encore être validé par l’OFAC.

Contacté par l’AFP, Boeing n’a pas réagi dans l’immédiat.

L’Iran, dont tous les pans de l’économie sont à reconstruire, a besoin de remplacer 230 des 250 avions actuellement en service, selon le chef de l’Autorité de l’aviation civile iranienne, Ali Abedzadeh.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...