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Des élus veulent sauver les collines de Jérusalem de la construction

Ce groupe trans-partisan, mené par Alon Tal, veut user de son influence notamment pour maintenir toutes les constructions dans les frontières de la ville

La crête de Lavan, prévue pour les constructions résidentielles et commerciales, est un lieu d'habitation des gazelles des montagnes (Crédit : Dov Greenblat, Société pour la protection de la nature en Israël)
La crête de Lavan, prévue pour les constructions résidentielles et commerciales, est un lieu d'habitation des gazelles des montagnes (Crédit : Dov Greenblat, Société pour la protection de la nature en Israël)

Un groupe de députés de différents partis s’est rencontré lundi à Sataf, un endroit pastoral situé aux abords de Jérusalem, pour lancer un groupe de lobby qui s’est fixé pour objectif de sauver les collines de Jérusalem du développement urbain.

C’est Alon Tal (Kakhol lavan) qui prend la tête de ce groupe qui est composé de Yorai Lahav-Hertzano (Kakhol lavan), Mossi Raz (Meretz), Moshe Tur-Paz (Yesh Atid) et Amichai Chikli (Yamina).

Cette cérémonie de lancement a eu lieu en présence du président de la Knesset, Mickey Levy, d’environ 200 habitants de Jérusalem inquiets des projets de construction en cours et de représentants de la Société de protection de la nature (SPNI), qui est à l’avant-garde des campagnes de préservation des collines.

Ce groupe de pression est déterminé à garantir que toutes les constructions qui seront réalisées le seront dans les frontières de la ville.

Naomi Tzur, à l »extrême droite, regarde le président de la Knesset, Mickey Levy, debout, parler lors du lancement du lobby de la Knesset pour les collines de Jérusalem à Sataf, près de Jérusalem. A sa droite, Alon Tal, qui dirige le groupe de pression. Tout à gauche, Iris Hahn, directrice-générale de la Société de protection de la nature en Israël. Photo prise le 13 décembre 2021. (Crédit : Dov Greenblat, SPNI)

La municipalité de Jérusalem a tenté de lancer des projets de développement urbain sur plusieurs collines de l’ouest de la capitale au fil des ans, malgré les recherches effectuées par la SPNI qui ont démontré que les objectifs de la ville, en matière de logement, pouvaient être atteints sans nécessairement s’étendre dans la campagne locale.

Le conseil travaille actuellement sur les plans de construction de 5 250 logements dans les bâtiments de cinq à douze étages à Rekhes Lavan (la crête blanche), un espace naturel prisé par les habitants de Jérusalem qui se situe aux abords du zoo de la capitale. La construction de 300 chambres d’hôtel et d’un centre commercial est également prévue.

Les opposants au projet ont perdu en dernier appel face aux autorités chargées de la planification au mois de juin mais ils espèrent encore pouvoir saboter le plan en faisant annuler la construction d’une route à quatre voies. Cette route a été programmée pour permettre l’accès à Rekhes Lavan dans le cadre de ce développement urbain et elle entrera dans le cadre d’une rocade, à l’ouest qui, selon les détracteurs de l’ensemble du projet, pourrait laisser envisager encore de nouvelles constructions à l’avenir.

Le Conseil national de planification s’est réuni lundi pour discuter de la route et il a demandé des informations supplémentaires avant de prendre une décision définitive.

Rekhes Lavan, ou Crête blanche, à l’ouest de Jérusalem. (Crédit : Dov Greenblat, Society for the Protection of Nature in Israel)

Environ la moitié des parcelles, à Rekhes Lavan, devrait être offerte dans le cadre d’une enveloppe qui permettrait de convaincre les promoteurs de se livrer à des travaux de rénovation urbaine dans deux rues d’Ir Ganim, la rue Nurit et la rue Stern, en état de délabrement. Ir Ganim se trouve à proximité de Kiryat Hayovel et les marges de bénéfice pour les promoteurs y sont faibles.

Cette idée de « terrain complémentaire » offert dans une campagne encore vierge entre dans le cadre d’un accord qui avait été conclu entre la municipalité de Jérusalem, actuellement placée sous l’autorité du maire Moshe Lion, le ministère des Finances, le ministère du Logement et l’Autorité des Terres d’Israël. Le gouvernement se refuse d’offrir à la place des incitations financières – subventions ou exonérations fiscales.

Naomi Tzur, fondatrice du Jerusalem Green Fund et présidente du Sustainable Jerusalem Lobby, a salué l’établissement de ce groupe de pression issu du Parlement.

« La préservation de Rekhes Lavan, de Mitzpe Naftoach (dans le quartier Ramot de la ville) et de la forêt de Jérusalem, ainsi que la remise en état naturelle de la mine abandonnée de Herat Hill sont les plus hautes priorités aux yeux des 70 organisations qui appartiennent au Sustainable Jerusalem Lobby, » a-t-elle déclaré.

Rendu artistique du nouveau quartier de Reches Lavan et du système de transport à deux niveaux actuellement proposé. (Capture d’écran : YouTube)

« Les organisations du lobby, avec parmi elles des conseils communautaires, des organisations issues de la société civile, des entreprises et des institutions, ont parfaitement compris que le développement à Jérusalem ne pourra être durable que si la nature dans et autour de la ville est préservée pour les futures générations. Nous avons besoin de la nature – ce n’est pas le contraire », a-t-elle ajouté.

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