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Des enfants de demandeurs d’asile placés dans des écoles hors du sud de Tel Aviv

200 enfants devraient entrer dans des écoles du centre et du nord de la ville, éloignés de leur quartier pauvre, permettant une meilleure intégration

Des demandeurs d'asile africains et des militants des droits de l'homme protestent contre les expulsions à Tel Aviv, le 21 février 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des demandeurs d'asile africains et des militants des droits de l'homme protestent contre les expulsions à Tel Aviv, le 21 février 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Suite à une requête judiciaire de la Clinique du droit et de la politique éducative de l’Université de Haïfa, 200 enfants devraient être transférés dans des écoles publiques du centre et du nord de la ville, éloignés du quartier pauvre dans lequel ils vivent, dans le sud de Tel Aviv.

Le projet leur permettra ainsi de mieux s’intégrer en Israël, de lutter contre la ségrégation et apportera une mixité sociale.

« Bien qu’il s’agisse d’un pas dans la bonne direction, ce n’est que le début d’une très longue bataille juridique », a déclaré la Dr. Tammy Harel Ben-Shahar, directrice académique des Cliniques pour le droit et le changement social. Elle a ajouté que la décision ne concernait que les enfants des familles qui ont saisi le tribunal, tandis que des milliers d’autres enfants resteront toujours inscrits dans des jardins d’enfants et des écoles dans lesquels ils ne sont qu’entre eux, en raison de la politique officielle de la municipalité.

Si ce développement est perçu comme encourageant, l’organisation de l’Université de Haïfa attend de voir si le ministère de l’Éducation soutiendra ce transfert des élèves du sud de la ville vers les écoles dans lesquelles ils seront désormais scolarisés. Le ministère avait auparavant déclaré ne pas être prêt à subventionner les parents qui choisissent d’envoyer leurs enfants dans une école située loin de leur domicile, mais prendra une décision finale le mois prochain, a rapporté le communiqué de presse de l’organisation. Entre-temps, la municipalité a refusé de soutenir cette initiative.

Les pétitionnaires doivent désormais recevoir une liste des écoles où les enfants pourront aller, et la municipalité décidera quels sont les enfants qui seront transférés d’ici le 20 octobre. La municipalité a déclaré qu’elle examinerait toutes les demandes de transfert des enfants vers d’autres zones de la ville, bien que le nombre de places soit limité.

Pour le moment, la ville estime que les élèves de quatrième et sixième année ne devraient pas être transférés, mais a déclaré qu’elle serait disposée à répondre aux demandes spéciales concernant des cas compliqués.

« Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que toutes les écoles sous ségrégation, qui proposent des cadres éducatifs différents pour les enfants blancs et noirs, soient fermées. La ségrégation n’est pas et ne peut pas être signe d’égalité », ont déclaré Haran Reichman et Tal Hassin de l’Association pour les droits civils en Israël, les avocats qui ont déposé la requête judiciaire.

Alors que la ville estime que l’intégration des enfants de demandeurs d’asile au sein du système scolaire israélien a échoué, Dafna Lev, en charge de l’administration de la ville de 2006 à 2016, a déclaré que le programme pilote de la ville mené en 2009 avait été un succès.

L’annonce de ces transferts fait suite à une autre requête judiciaire visant à permettre aux élèves demandeurs d’asile de maternelle de Petah Tikva d’aller à l’école avec d’autres enfants israéliens. La requête a là aussi été validée par la justice.

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