Rechercher

Des milliers de personnes aux funérailles de deux frères morts dans une rixe

Des centaines de personnes ont manifesté devant le commissariat de Majd al-Krum avant une grève prévue ce jeudi dans la communauté arabe, soutenue par la Liste arabe unie

Des milliers de personnes assistent aux funérailles d'Ahmed Manaa, âgé de 36 et de son frère, Halil Manaa, 23 ans, à Majd al-Krum, le 2 octobre 2019 (Capture écran : Twitter)
Des milliers de personnes assistent aux funérailles d'Ahmed Manaa, âgé de 36 et de son frère, Halil Manaa, 23 ans, à Majd al-Krum, le 2 octobre 2019 (Capture écran : Twitter)

Des milliers de personnes ont assisté mercredi aux funérailles de deux frères morts dans une rixe la veille, dans la ville arabe de Majd al-Krum, dans le nord du pays. Au terme de l’enterrement, des centaines de personnes ont manifesté devant le commissariat de la ville, réclamant des mesures pour lutter contre la violence dans la communauté arabe d’Israël.

Ahmed Manaa, âgé de 36 ans, a été transporté en urgence à l’hôpital dans un état critique après avoir été blessé par balle. Il a succombé à ses blessures. Son frère Halil, âgé de 23 ans, a lui aussi été touché et transporté dans un état critique. Malgré une opération, il n’a pas survécu.

Une autre victime a été sérieusement blessée au couteau. Un troisième homme, également frère des deux victimes, a été légèrement blessé.

Haaretz a annoncé que les trois frères se seraient battus avec le quatrième homme pour une raison encore indéterminée. La police mène une enquête.

Sur Twitter, Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, a parlé de funérailles « dévastatrices » et exigé des mesures contre la violence ravageuse.

« Du sang coule dans les rues alors que tout le monde connaît la solution à cette épidémie. Récupérez les armes, menez une guerre contre les organisations criminelles et mettez en place des programmes éducatifs », a ainsi exigé le député. « Le crime n’est pas un décret. La sécurité peut être restaurée dans la rue, et nous pourrons ainsi vivre dans une société sans armes — Il s’agit juste de le décider. »

Les députés de la Liste arabe unie ont indiqué mercredi qu’ils boycotteraient la cérémonie de prestation de serment de la 22e Knesset en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient de négligence gouvernementale face à la violence dans les villes arabes.

(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

« Demain, les 13 membres de la Knesset appartenant à la Liste arabe unie ne participeront pas à la séance plénière festive de prestation de serment dans le cadre de la grève générale annoncée par la Commission supérieure de contrôle arabe en raison de la vague de meurtres qui balaie les villes arabes et de l’inutilité de la police », a ainsi écrit le député Ahmad Tibi sur Twitter.

Dans le cadre de la grève générale de jeudi, les institutions gouvernementales locales et les écoles des villes arabes seront fermées, selon le quotidien Haaretz. La grève a été annoncée lors d’une réunion mercredi de la Commission supérieure de surveillance arabe dans la ville de Majd al-Krum, où les deux frères ont été tués lors d’une rixe ayant inclus coups de feu et de couteau.

Ces dernières semaines, la minorité arabe du pays a connu une recrudescence d’assassinats, ce qui a incité ses représentants politiques à promettre de faire de ce problème une question prioritaire.

Plus de 60 Arabes israéliens ont été assassinés depuis le début de 2019.

Peu après l’annonce de la Liste arabe unie, le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a déclaré qu’il tiendrait une réunion d’urgence avec les responsables de la police.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, prend la parole lors d’une cérémonie en l’honneur du chef de la police de Jérusalem sortant, le 7 février 2019, au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Le niveau de violence et de criminalité dans les communautés arabes exige une lutte déterminée avec tous les outils à la disposition de l’État », a déclaré M. Erdan, dont le ministère supervise la police, dans un communiqué.

« L’état d’urgence doit être déclaré », a-t-il ajouté.

La Treizième chaîne a indiqué que la présence policière serait renforcée dans les villes arabes frappées par un fort taux de violence, notamment à Nazareth, Akko et Oum al-Fahm.

Ces derniers jours, des manifestations répétées ont eu lieu à Oum al-Fahm pour protester contre la violence persistante dans la ville et dans l’ensemble de la communauté arabe en Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...