Les députés arabes boycotteront la prestation de serment à la Knesset
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Les députés arabes boycotteront la prestation de serment à la Knesset

La Liste arabe unie a indiqué boycotter la cérémonie en signe de protestation contre ce qu'elle qualifie de négligence gouvernementale suite aux violences dans les villes arabes

(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit :  MENAHEM KAHANA / AFP)
(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Les députés de la Liste arabe unie, alliance parlementaire des quatre partis à majorité arabe, ont indiqué mercredi qu’ils boycotteraient la cérémonie de prestation de serment de la 22e Knesset en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient de négligence gouvernementale suite aux violences dans les villes arabes.

« Demain, les 13 membres de la Knesset appartenant à la Liste arabe unie ne participeront pas à la séance plénière festive de prestation de serment dans le cadre de la grève générale annoncée par la Commission supérieure de contrôle arabe en raison de la vague de meurtres qui balaie les villes arabes et de l’inutilité de la police », a écrit le législateur Ahmad Tibi sur Twitter.

« Les dizaines de personnes assassinées depuis le début de l’année sont victimes non seulement de crimes violents, mais aussi du désintérêt du gouvernement et des forces chargées de l’application de la loi », a écrit le parlementaire Ayman Odeh, de la Liste arabe unie, dans un tweet.

La décision s’inscrit dans le cadre de la grève générale prévue jeudi dans les villes arabes à la suite d’une vague de meurtres, les dirigeants accusant la police et le gouvernement de négligence dans la hausse de la criminalité.

Ces dernières semaines, la minorité arabe du pays a connu une recrudescence d’assassinats, ce qui a incité ses représentants politiques à promettre de faire de ce problème une question prioritaire.

Plus de 60 arabes israéliens ont été assassinés depuis le début de 2019.

Certains députés arabes ont déjà boycotté des cérémonies de prestation de serment de la Knesset pour des raisons idéologiques, dont deux après les élections d’avril, et un député a déclaré que les symboles de l’État les faisaient « se sentir comme des étrangers » et qu’il préférait participer à une fête pour son équipe locale de football.

Lors de la cérémonie d’avril, les législateurs des quatre partis qui composent la Liste arabe unie ont quitté la salle de la Knesset lorsque l’hymne national a été joué.

Peu après l’annonce de la Liste arabe unie, le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a déclaré qu’il tiendrait une réunion d’urgence avec les responsables de la police.

« Le niveau de violence et de criminalité dans les communautés arabes exige une lutte déterminée avec tous les outils à la disposition de l’État », a déclaré M. Erdan, dont le ministère supervise la police, dans un communiqué.

« L’état d’urgence doit être déclaré », a-t-il ajouté.

Erdan devait également rencontrer les membres de la Liste arabe unie, selon la Treizième chaîne.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, prend la parole lors d’une cérémonie en l’honneur du chef de la police de Jérusalem sortant, le 7 février 2019, au Mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Dans le cadre de la grève générale de jeudi, les institutions gouvernementales locales et les écoles des villes arabes seront fermées, selon le quotidien Haaretz.

La grève a été annoncée lors d’une réunion mercredi de la Commission supérieure de surveillance arabe dans la ville de Majd al-Krum, au nord du pays, où deux frères ont été tués mardi lors d’une bagarre qui a comporté des coups de feu et des coups de couteau.

Ces derniers jours, des manifestations répétées ont eu lieu dans la ville arabe d’Oum al-Fahm, dans le nord du pays, pour protester contre la violence persistante dans la ville et dans l’ensemble de la communauté arabe en Israël.

Vendredi, des centaines de personnes ont protesté dans la région de Wadi Ara pour demander la fermeture du poste de police d’Oum al-Fahm, affirmant que les policiers ne faisaient pas assez pour faire face à la violence dans leurs communautés.

Le 20 septembre, quatre arabes israéliens ont été assassinés à quelques heures d’intervalle. Deux jours plus tard, une série de crimes violents ont fait un mort et plusieurs blessés graves.

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