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Des Palestiniens déplacés demandent une protection devant la Haute Cour

Des dizaines de familles bédouines palestiniennes avaient fui Wadi as-Seeq en octobre 2023 face au harcèlement des extrémistes juifs

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des objets éparpillés dans le village de Wadi al-Seeq en Cisjordanie, plus d'une semaine après son attaque par des résidents d’implantations radicaux, le 24 octobre 2023. (Crédit : Thomas Coex/AFP)
Des objets éparpillés dans le village de Wadi al-Seeq en Cisjordanie, plus d'une semaine après son attaque par des résidents d’implantations radicaux, le 24 octobre 2023. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Les anciens habitants de la communauté bédouine palestinienne de Wadi as-Seeq ont demandé une protection permanente de la part des services de sécurité afin de pouvoir retourner dans les habitations qu’ils avaient été dans l’obligation de quitter après des violences commises par des partisans du mouvement pro-implantation – ou, tout du moins, ils ont appelé la Haute Cour de justice à ordonner la destruction d’un avant-poste illégal qui a été construit par des extrémistes juifs à seulement 100 mètres de leur hameau.

Les résidents ont soumis leurs demandes dans la journée de dimanche, en réponse à une proposition qui avait été soumise au mois de mai par la Haute Cour : les magistrats avaient alors appelé l’armée et la police israélienne à permettre de retour physique des habitants dans le village abandonné.

Les juges ont néanmoins refusé d’ordonner la destruction de l’avant-poste ou de demander aux services de sécurité d’assurer la protection du hameau après le retour des Bédouins au sein de leur communauté.

Plusieurs dizaines de familles bédouines palestiniennes avaient fui Wadi as-Seeq au mois d’octobre 2023, face au harcèlement et aux violences persistants des activistes du mouvement pro-implantations qui venaient d’établir un avant-poste illégal juste à côté du village.

Lors d’une audience qui avait eu lieu au mois de mai, les juges avaient fait savoir que si les habitants devaient subir d’autres violences après leur retour, ils auraient alors davantage de raisons de réclamer la démolition de l’avant-poste.

Tamir Blank, avocat de l’organisation Torat Tzedek, qui a assuré la défense des résidents de Wadi as-Seeq, a déposé une réponse à la proposition faite par la Cour. Il a eu des mots particulièrement durs à l’égard des juges, estimant qu’il était « injuste » d’attendre des habitants qu’ils mettent en danger leur propre vie et leurs biens « simplement pour prouver, de leur propre chair et de leur propre sang, que les violences continuent ».

L’avocat a noté que la Cour ne devait pas participer à « la farce » consistant à faire revenir les résidents sans prendre de mesures appropriées en matière de sécurité – les membres de la communauté étant voués à essuyer encore une fois les violences des partisans du mouvement pro-implantations et à abandonner leur village, un phénomène qui s’est déjà produit dans le cas de nombreux autres hameaux bédouins dans d’autres parties de la Cisjordanie.

Un jeune extrémiste juif à côté de l’école du hameau bédouin de Wadi as-Seeq en Cisjordanie, le 27 mai 2025. (Autorisation : Torat Tzedek)

Le cas de Wadi as-Seeq est important dans la mesure où il illustre l’un des tous premiers exemples d’une tactique qui est utilisée de manière croissante par les extrémistes juifs – une tactique qui consiste à établir un avant-poste aussi près que possible d’un hameau bédouin, afin de harceler, d’intimider et d’attaquer les habitants dans l’objectif de les chasser définitivement de chez eux.

Les habitants de Muarrajat ont été déplacés de cette manière au début du mois. Cela a également été le cas des résident de Mughayyir al-Deir, un village situé à 13 kilomètres au nord de Muarrajat, au mois de mai.

Les résidents de Wadi as-Seeq ont mentionné ces exemples de déplacements dans leur requête présentée devant la Cour dimanche et ils ont déclaré que sans la démolition de l’avant-poste installé à étroite proximité de leur hameau, leur retour était inutile.

Ils ont également affirmé que le refus opposé par l’Administration civile, un département du ministère de la Défense en charge des affaires civiles en Cisjordanie, à la demande de garanties de sécurité pour les habitants démontrait que les responsables israéliens étaient « à l’aise » face à l’idée que le village serait définitivement abandonné. Ils ont estimé, de surcroît, que cette idée était, en définitive, « en accord avec leur politique et avec les actions qui ont été lancées ailleurs également ».

Blank a écrit que les habitants seraient néanmoins disposés à revenir sans que l’avant-poste ne soit détruit – mais si plusieurs conditions sont respectées.

Parmi ces conditions, la mise en place par les services de sécurité d’une ligne téléphonique d’urgence que les résidents pourront appeler en cas de harcèlement ou d’actes de violence de la part des partisans du mouvement pro-implantation, et la déclaration, par l’armée, que les frontières de Wadi as-Seeq constituent une zone militaire fermée, ce qui empêchera les extrémistes juifs de s’y aventurer.

Ils ont également demandé que Tsahal ou l’Administration civile assument les coûts des services d’une société de sécurité privée pour protéger le hameau – si les services de sécurité eux-mêmes ne veulent pas ou qu’ils ne peuvent pas le faire. Ils ont fait remarquer que l’État a payé des sociétés de sécurité privées pour assurer la sécurité des résidents juifs de quartiers de Jérusalem-Est tels que Silwan.

« Il n’est pas possible que l’État ne protège que les Juifs et pas les Palestiniens, et qu’il restreigne l’accès à la sécurité privée aux seuls Juifs, sans même examiner la question », a écrit Blank dans le document qui a été déposé devant le tribunal.

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