Des pèlerins infectés contrôlés au retour d’Ouman avec de faux tests négatifs
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Des pèlerins infectés contrôlés au retour d’Ouman avec de faux tests négatifs

Des centaines d’individus porteurs du coronavirus pourraient rentrer d'Ukraine avec des faux papiers ; Bennett promet des poursuites criminelles contre ceux qui violent les règles

Des Juifs attendent devant un centre de test COVID-19 à Ouman à la fin de la fête de Roch Hachana, le 8 septembre 2021. (Flash90)
Des Juifs attendent devant un centre de test COVID-19 à Ouman à la fin de la fête de Roch Hachana, le 8 septembre 2021. (Flash90)

Des dizaines de pèlerins qui ont contracté le coronavirus sont rentrés en Israël jeudi après avoir séjourné à Ouman en Ukraine, en utilisant de faux résultats négatifs de tests COVID-19, malgré le processus établi pour protéger ce pèlerinage annuel, qui aurait été contourné.

On craint qu’il n’y ait des centaines d’autres cas de ce type parmi les dizaines de milliers de pèlerins qui se sont rendus en Ukraine pour célébrer Roch HaShana, qui a eu lieu de lundi soir à mercredi soir, et que cela ne déclenche une nouvelle vague d’infections, au moment où le pays semble inverser la tendance de la dernière vague.

Les arrivants infectés par le virus identifiés jeudi par la police, ont été transportés en ambulances à leur domicile pour une mise en quarantaine obligatoire, et seront poursuivis en justice.

L’Autorité des frontières et de l’immigration a déclaré dans un communiqué qu’elle avait reçu des informations selon lesquelles des dizaines de personnes testées positives en Ukraine étaient montées à bord d’avions avec de faux résultats de tests négatifs.

Sur un vol en provenance de Kiev, il s’est avéré que 13 passagers avaient falsifié leurs tests, selon le site Ynet. Les passagers ont été séparés des autres dans l’avion et immédiatement interrogés par la police à leur arrivée en Israël.

Des sources anonymes ont déclaré au site Ynet que certains pèlerins qui avaient été testés positifs étaient parvenus à quitter les hôtels de quarantaine avant la fin de leur isolement obligatoire de dix jours et, après s’être rendus à Kiev, ont réussi à obtenir de faux résultats de tests afin de prendre l’avion pour retourner en Israël.

Illustration — Des hommes juifs ultra-orthodoxes portant un parchemin et des bagages arrivent à l’aéroport Ben Gourion le 9 septembre 2021, après avoir passé la fête de Rosh HaShana (Nouvel an juif) dans la ville ukrainienne centrale d’Ouman. (JACK GUEZ / AFP)

Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré jeudi soir que les autorités engageraient des poursuites pénales contre les contrevenants et que d’autres mesures étaient à l’étude.

« Le gouvernement israélien prend très au sérieux les entrées frauduleuses en Israël par falsification de documents et la propagation délibérée de la pandémie, ce qui constitue un acte irresponsable portant atteinte à la paix sociale », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Selon le communiqué, le Premier ministre a déclaré que toute personne infectée par le COVID-19 et revenue d’Ouman en utilisant de faux papiers serait poursuivie autant que la loi le permet, notamment par des accusations potentielles de fraude, de contrefaçon et de propagation délibérée de maladies.

Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 5 septembre 2021. (Yonatan Sindel / Flash90)

Ces individus seront tenus de payer des ambulances ou d’autres moyens de transport pour les ramener chez elles pour suivre une quarantaine de dix jours. L’isolement sera contrôlé par la police, selon le communiqué. Ceux qui ne peuvent pas s’isoler à la maison seront emmenés dans l’un des hôtels de quarantaine gérés par l’État.

De plus, ceux qui ne respectent pas leur quarantaine pourraient être emprisonnés, a averti le bureau du Premier ministre, qui envisage d’établir une réglementation spéciale obligeant les personnes infectées au retour d’Ouman à se mettre en quarantaine pendant 14 jours complets.

Dans un effort pour intercepter autant de personnes infectées que possible avant leur retour en Israël, le service d’urgence du Magen David Adom, sous les auspices du bureau du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères, a mis en place une station de test de virus à Ouman, capable de traiter 15 000 prélèvements et donner des résultats en une demi-heure.

Cependant, le Magen David Adom a signalé qu’à peine 2 000 personnes sont venues se faire tester, la majorité des pèlerins préférant donc utiliser les installations de dépistage locales. Parmi les tests du Magen David Adom, le taux de positivité dépassait les 13 %, un chiffre plus de 2,5 fois supérieur au taux actuel de positivité parmi la population israélienne.

Selon les informations de la Douzième chaîne, les responsables israéliens pensent que de nombreux pèlerins ont préféré se faire tester dans des centres ukrainiens locaux précisément parce que leurs résultats sont plus faciles à falsifier.

À Ouman, des messages WhatsApp circulaient parmi les pèlerins, avec de fausses accusations contre le site du Magen David Adom, avertissant les pèlerins de ne pas utiliser ces installations, ont rapporté les médias israéliens.

Parmi ces fausses accusations, le Magen David Adom aurait pour objectif de trouver 3 000 cas de virus, de tester un nouveau type de test, et de délivrer des tests positifs à des gens qui auraient reçu des résultats négatifs en se faisant tester à nouveau.

Le Magen David Adom a rejeté toutes ces accusations comme « mensongères », affirmant dans un communiqué qu’il n’a « aucun intérêt [caché] dans les résultats ».

Des hommes juifs dans la rue près de la tombe du rabbin Nachman de Breslov à Ouman, à la veille de la fête juive de Roch Hachana, le 6 septembre 2021. (Flash90)

Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins, principalement israéliens, se rassemblent pour Roch HaShana à Ouman, le lieu de sépulture du rabbin Nachman, une sommité du XVIIIe siècle et fondateur du mouvement hassidique Breslev. D’autres pèlerins viennent également d’autres communautés juives du monde entier.

Cette année, quelque 30 000 pèlerins ont fait le voyage, et un cadre a été établi pour empêcher la propagation du virus lors de ces événements, dont le port du masques lors des rassemblements, entre autres règles de distanciation sociale. Cependant, les reportages des médias ont montré de nombreux pèlerins sans masques ainsi qu’une grande promiscuité dans la foule, notamment devant les centres de dépistage.

« Nous avons essayé, je ne peux pas dire que nous ayons réussi mais nous avons essayé » affirme un pèlerin à la Douzième chaîne à propos du respect des règles.

Le responsable national du coronavirus Salman Zarka s’est rendu à Ouman avec le chef du Magen David Adom Eli Bean pour superviser les modalités. Cependant, une vidéo montrait Zarka chahuté par des pèlerins qui protestaient contre ce qu’ils affirment être une surveillance plus sévère de cette événement religieux, que de certains rassemblements laïques récents en Israël.

Une hausse récente du nombre de cas de virus a dépassé les 11 000 par jour la semaine dernière, mais a diminué depuis, avec 3 251 cas diagnostiqués mercredi, bien que les tests à Roch HaShana soient beaucoup moins fréquents que les jours de semaine non-chômés.

Le taux de tests positifs était de 5,51 % et il y avait 79 502 patients actifs, selon les chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé.

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