Des rabbins protestent contre l’éventuel classement de Lehava comme terroriste
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Des rabbins protestent contre l’éventuel classement de Lehava comme terroriste

Les chefs spirituels affirment que l'organisation, qui s'efforce de réprimer les mariages mixtes et les droits des LGBT "doit être autorisée à poursuivre ses activités importantes"

La police se tient devant des manifestants du groupe extrémiste juif Lehava à la Porte de Damas à Jérusalem, le 22 avril 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
La police se tient devant des manifestants du groupe extrémiste juif Lehava à la Porte de Damas à Jérusalem, le 22 avril 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Des dizaines de rabbins éminents de la communauté sioniste religieuse et ultra-orthodoxe ont protesté contre l’intention du ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, de déclarer le groupe juif extrémiste Lehava illégal, dans une lettre publiée jeudi dernier.

La liste des rabbins comprend le grand rabbin de Jérusalem Shlomo Amar, ainsi que Shlomo Aviner, Shmuel Eliyahu et Meir Mazuz, parmi d’autres chefs spirituels de premier plan.

Lehava s’oppose notamment aux mariages mixtes entre Juifs et non-Juifs, aux droits des LGBT, et tente d’étouffer toute activité publique des non-Juifs en Israël, y compris les événements de coexistence. Certains de ses membres ont été condamnés pour des attaques violentes.

« L’opposition à l’assimilation n’est pas du racisme. L’organisation doit être autorisée à poursuivre ses importantes activités », ont écrit les rabbins dans leur lettre.

En juin, le chef de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a exhorté le ministre de la Défense Benny Gantz à désigner Lehava comme une organisation terroriste.

Le député Yesh Atid Ram Ben-Barak, ancien chef adjoint de l’agence de renseignement du Mossad, a appelé Gantz à « exercer son autorité en tant que ministre de la Défense » et à lancer un « effort rapide et déterminé qui aboutira à la désignation de Lehava comme organisation terroriste et à la mise hors la loi de l’organisation et de ses militants ».

Dans son appel, il a invoqué le soutien de Lehava au rabbin extrémiste Meir Kahane, la condamnation pour incitation au racisme de son dirigeant actuel et le récent bannissement de certains de ses membres des principales plateformes de réseaux sociaux pour cause d’incitation présumée à la violence.

Le grand rabbin de Jérusalem Shlomo Amar pendant les fêtes de la journée de Jérusalem à Jérusalem, le 2 juin 2019 (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

La Treizième chaîne avait rapporté à l’époque que le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev était également impliqué dans l’effort visant à mettre le groupe hors la loi et avait approché le procureur général Avichai Mandelblit pour aider à jeter les bases juridiques.

Les législateurs de l’ensemble du spectre politique ont tenté de désigner Lehava comme un groupe terroriste, mais ces tentatives, y compris en 2015 par Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, n’ont guère progressé. Ben-Barak a fait valoir que les efforts passés ont été retardés par des lacunes dans les lois israéliennes sur le terrorisme, notamment sur la façon d’interdire de tels groupes. Les lois antiterroristes ont été révisées en 2016, permettant désormais la désignation, a-t-il dit.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev lors d’une cérémonie au siège national de la police israélienne à Jérusalem, le 5 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Gantz n’a pas répondu à l’appel.

Le leader de Lehava, Bentzi Gopstein, a été arrêté à plusieurs reprises et a fait l’objet d’une enquête pour des déclarations qu’il a faites à l’encontre de non-juifs, notamment pour un article dans lequel il a qualifié les chrétiens vivant en Israël de « suceurs de sang ».

Il a également été arrêté peu après que des membres de son groupe ont tenté d’incendier une école arabo-juive à Jérusalem en novembre 2014. Gopstein n’a pas été inculpé pour cette attaque, pour laquelle trois membres de Lehava ont finalement été condamnés.

En 2019, Gopstein a tenté de lancer une carrière politique au sein du parti extrémiste Otzma Yehudit, mais la Cour suprême lui a interdit de se présenter en raison de remarques prouvant « sans équivoque » qu’il « incite systématiquement au racisme contre le public arabe. »

Benzi Gopstein (avec le microphone), membre d’Otzma Yehudit et chef du groupe anti-métissage Lehava, mène une manifestation contre le défilé de la Gay Pride de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lehava a été impliqué dans les récentes violences entre Arabes et Juifs à Jérusalem. Dans les premiers jours des émeutes intercommunautaires du début de l’année, Lehava a organisé une marche ultranationaliste vers la Porte de Damas à Jérusalem, qui a été un point chaud des affrontements violents entre les Palestiniens de Jérusalem-Est et la police.

La branche de défense juridique du mouvement réformé avait alors demandé aux responsables israéliens de désigner Lehava comme une organisation terroriste.

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