Des responsables US avertis d’une menace, peut-être liée au meurtre de Soleimani
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Des responsables US avertis d’une menace, peut-être liée au meurtre de Soleimani

Le FBI, la CIA et l'armée ont été informés d'une menace pesant sur les hauts dirigeants militaires sur le sol américain après un incident impliquant un ressortissant iranien

Qassem Soleimani, commandant de la force Quds, participe à une marche commémorant l'anniversaire de la Révolution islamique de 1979, à Téhéran, Iran, le 11 février 2016. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)
Qassem Soleimani, commandant de la force Quds, participe à une marche commémorant l'anniversaire de la Révolution islamique de 1979, à Téhéran, Iran, le 11 février 2016. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Les responsables de la sécurité américaine ont été informés le mois dernier d’une menace pesant sur les hauts dirigeants militaires sur le sol américain, possiblement en représailles du meurtre du général iranien Qassem Soleimani en janvier, selon un reportage diffusé vendredi.

Le FBI, la CIA et les responsables militaires ont reçu un briefing sur la menace suite à un incident impliquant un ressortissant iranien aux Etats-Unis, a rapporté NBC News, citant cinq hauts responsables américains proches de l’affaire.

Certaines des sources ont déclaré que la menace contre des hauts fonctionnaires du Pentagone pourrait être liée à l’assassinat de Soleimani, mais n’ont pas établi de lien précis. Les sources ont déclaré que les fonctionnaires visés étaient des chefs militaires liés à l’assassinat, selon le reportage.

Les fonctionnaires ont également été informés d’une liste dressée par les ennemis des États-Unis, qui comprend les noms des chefs militaires visés.

Ce reportage a été diffusé alors que le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, était en visite au Moyen-Orient et en Inde, avec un arrêt en Israël. Les informations concernant sa visite ont été gardées plus confidentielles que d’habitude, ce qui a indiqué des craintes potentielles en matière de sécurité.

Les briefings sur la menace ont eu lieu à la suite d’un incident survenu le 22 septembre, lorsqu’un responsable de la défense aux États-Unis a été suivi par un véhicule conduit par un ressortissant iranien. Le chauffeur a suivi le responsable de la défense, conduisant parfois agressivement, sur une distance de 8 à 10 km, avant que le service de sécurité du responsable ne parvienne à échapper au chauffeur iranien. On ignore si l’incident représentait une menace sérieuse ou non.

Les sources du reportage ne précisent pas si le conducteur a été interrogé ou placé en détention. On ignore également si le président américain Donald Trump avait été informé de la menace.

Des Iraniens se rassemblent pour l’enterrement du général Qasem Soleimani tué par les forces américaines, dans sa ville natale de Kerman, le 7 janvier 2020. (Courtoisie : Atta KENARE / AFP)

Le mois dernier, le chef des Gardiens de la Révolution en Iran a déclaré que Téhéran allait venger le meurtre de Soleimani dans des représailles « honorables » en ciblant les personnes impliquées.

Le site web des Gardiens a cité le général Hossein Salami qui a déclaré : « Trump ! Notre vengeance pour le martyre de notre grand général est évidente, sérieuse et réelle. »

Le puissant Corps des Gardiens de la Révolution islamique est classé comme une organisation terroriste par les Etats-Unis.

Trump a averti le mois dernier que Washington répondrait durement à toute tentative iranienne de venger la mort de Soleimani, en tweetant que « s’ils nous frappent de quelque manière que ce soit, sous quelque forme que ce soit, nous allons les frapper 1 000 fois plus fort ».

Lana Marks et son époux, Dr. Neville Marks, lors d’un dîner de la Mental Health Association de Palm Beach County, au Colony Hotel de Palm Beach, en 2012. (Meghan McCarthy/Palm Beach Post via AP)

L’avertissement du président est venu en réponse à une information selon laquelle l’Iran aurait envisagé d’assassiner l’ambassadrice américaine en Afrique du Sud, Lana Marks, en représailles de la mort de Soleimani à l’aéroport de Bagdad.

Salami a rejeté l’information, mais a clairement indiqué que l’Iran avait l’intention de venger la mort du général.

En janvier, l’Iran a lancé une attaque de missiles balistiques visant les soldats américains en Irak en réponse à l’attaque au drone contre Soleimani.

Une autre information, publiée le mois dernier, indique que les services de renseignement américains ont estimé que l’Iran avait évité une action militaire forte contre les Etats-Unis parce que le pays pensait que la retenue aiderait à empêcher la réélection de Trump.

Joe Biden, qui est en tête des sondages avant l’élection de mardi, soutient la diplomatie avec l’Iran et a appuyé un accord négocié sous l’ancien président Barack Obama, en vertu duquel Téhéran a fortement réduit ses activités nucléaires en échange de promesses d’allégement des sanctions.

Trump a intensifié la pression économique sur l’Iran avec des sanctions depuis qu’il a retiré les États-Unis de l’accord nucléaire avec les puissances mondiales en 2018.

Téhéran a continué à accroître son stock d’uranium enrichi et a fait pression sur d’autres pays pour compenser les dommages causés par les sanctions américaines, tout en insistant sur le fait qu’il ne cherchait pas à développer l’arme nucléaire.

Des images satellites publiées cette semaine ont montré que l’Iran avait commencé la construction de son installation nucléaire de Natanz, au moment même où l’agence nucléaire des Nations unies reconnaissait que Téhéran construisait une usine souterraine d’assemblage de centrifugeuses avancées après que sa dernière a explosé lors d’une attaque de sabotage signalée l’été dernier.

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