Des soldats portent plainte contre un prêtre pour harcèlement sexuel
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Des soldats portent plainte contre un prêtre pour harcèlement sexuel

Le père Gabriel Naddaf, qui dit que son soutien aux chrétiens servant dans l’armée israélienne a fait de lui une cible, dément les accusations

Le père Gabriel Naddaf, à droite, à la Knesset le 9 mai 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le père Gabriel Naddaf, à droite, à la Knesset le 9 mai 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Un certain nombre de soldats israéliens de la communauté arabe chrétienne du père Gabriel Naddaf ont porté officiellement plainte contre le prêtre grec orthodoxe, disant qu’il les a harcelés sexuellement, selon la Deuxième chaîne.

Eyal Paltek, l’avocat des soldats qui ont porté plainte auprès de la police de Haïfa, a déclaré qu’ « il n’y a aucun doute qu’après cette plainte initiale, d’autres suivront ».

La plainte a suivi, à quelques heures près, l’annonce de la police de Haïfa disant qu’elle lançait une enquête préliminaire sur les accusations de harcèlement sexuel contre le prêtre, qui défend ouvertement l’intégration des arabes chrétiens au sein de l’armée israélienne.

« Certaines des affirmations ont atteint la police et elles seront vérifiées par des professionnels des unités d’enquête policière et de renseignement selon les besoins », avait déclaré lundi Louba Samri, porte-parole de la police, avant que les plaintes ne soient portées.

Le père Gabriel Naddaf  (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israel)
Le père Gabriel Naddaf (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israel)

Dimanche, la Deuxième chaîne avait diffusé des enregistrements et des transcriptions de conversations qui auraient eu lieu entre Naddaf et une série de jeunes hommes non identifiés, dont des soldats israéliens, dans lesquelles le prêtre semble promettre de les aider en échange de services sexuels. Le reportage comprenait aussi des témoignages de Palestiniens anonymes affirmant que Naddaf leur avait offert de l’aide pour obtenir des permis d’entrée en Israël en échange de leurs services.

Naddaf, qui a été nommé comme l’un des porteurs de torche pour la cérémonie du Jour de l’Indépendance de l’Etat qui a lieu mercredi soir à Jérusalem, était à la Knesset au moment de la déclaration de la police. Il a fermement démenti les accusations portées à son encontre, et a questionné le moment de la diffusion du reportage.

Naddaf a déclaré que lui et sa famille ont été les cibles de diffamation et de violence occasionnelle en raison de son soutien au service militaire pour les chrétiens. Il lui a été interdit d’entrer dans l’Eglise de l’Annonciation de Nazareth, sa voiture a été vandalisée et il a reçu des menaces de mort. En 2013, son fils a été hospitalisé après avoir été attaqué par des activistes opposés à son travail.

« Il y a des personnes qui complotent contre moi, contre ma femme, contre mes deux fils qui ont servi dans l’armée », a-t-il déclaré.

« La vérité est que je n’ai jamais fait quoi que ce soit de ce qui est décrit dans le reportage, je n’ai jamais fait du mal sexuellement à quiconque, je n’ai jamais fait du mal intentionnellement à personne, et je n’ai pas travaillé pour obtenir des permis de voyage afin de faire venir des Palestiniens en Israël », a déclaré Naddaf.

Il a ajouté que « je veux remercier la commission publique [qui choisit les porteurs de torche] pour m’avoir choisi. Ce choix, particulièrement d’un membre du clergé en Israël et d’un représentant de la minorité chrétienne arabophone, témoigne du fait que l’Etat d’Israël est un état démocratique, et nous avons tous le devoir de le défendre. J’allumerai la torche pour le Jour de l’Indépendance. »

Un soldat arabe chrétien reçoit un certificat d'appréciation de la part du Père Gabriel Naddaf, à Nazareth, en 2013. (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)
Un soldat arabe chrétien reçoit un certificat d’appréciation de la part du Père Gabriel Naddaf, à Nazareth, en 2013. (Crédit : porte-parole de l’armée israélienne)

Naddaf avait accepté de passer un test de détecteur de mensonge à la demande de la Deuxième chaîne, et avait échoué. Il a déclaré dans un communiqué lundi qu’il avait récemment passé deux autres tests polygraphes réalisés par des auditeurs externes.

« Parce que je sais que j’ai raison, j’ai soumis ce questionnaire sans aucune peur de répercussions de la police et je suis sûr que la vérité, qu’il s’agit d’une conspiration contre moi, sera révélée », a déclaré Naddaf.

Plus tard lundi, Naddaf s’est rendu au mont Herzl pour la répétition de la cérémonie d’allumage des torches du Jour de l’Indépendance, qui aura lieu mercredi soir.

Dimanche soir, la ministre de la Culture Miri Regev avait déclaré à la radio militaire qu’elle soutenait la décision de la commission d’avoir choisi Naddaff comme porteur de torche, un honneur attribué aux citoyens exemplaires dans différents domaines, et a déclaré qu’il participerait à la cérémonie d’Etat de mercredi à moins que les accusations contre lui ne soient avérées.

Le Dr Hani Zubida, membre de la commission, a déclaré mardi à la Deuxième chaîne que les accusations contre Naddaf n’étaient pas connu de ceux qui choisissent les porteurs de torche. Zubida a noté que la question d’annuler l’invitation de Naddaf à inviter la torche était « compliquée » en raison de la virulente campagne contre lui et son militantisme.

La commission a consulté les conseillers juridiques concernés de l’Etat qui ont déclaré qu’elle n’avait pas l’autorité pour annuler ce choix une fois qu’il avait été fait, a-t-il ajouté.

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