Le prêtre promouvant le recrutement arabe de l’armée israélienne accusé d’abus sexuel
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Le prêtre promouvant le recrutement arabe de l’armée israélienne accusé d’abus sexuel

Le Prêtre Gabriel Naddaf, qui soutient publiquement le service des chrétiens dans l’armée israélienne, affirme que ces accusations sont une tentative de discréditer son travail

Le père Gabriel Naddaf  (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israel)
Le père Gabriel Naddaf (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israel)

Un prêtre orthodoxe grec israélien, qui dirige l’initiative visant à intégrer les arabes chrétiens israéliens dans l’armée israélienne, a été accusé d’avoir harcelé sexuellement des jeunes qui cherchaient son aide, a annoncé dimanche un reportage télévisé.

La Deuxième chaîne a diffusé des enregistrements et des transcriptions de conversations entre le Père Gabriel Naddaf et plusieurs jeunes hommes non identifiés, y compris des soldats israéliens et des Palestiniens, dans lesquels le prêtre semblerait promettre de l’aide en échange de faveurs sexuels.

Aucun des jeunes hommes n’a déposé de plaintes officielles auprès des autorités, précisait le programme.

Naddaf, qui a été nommé comme l’un des porteurs du flambeau pour la cérémonie du Jour de l’Indépendance à Jérusalem en fin de semaine, a fermement nié les accusations contre lui, et a mis en doute le calendrier de la publication du rapport.

« Des éléments criminels dans la communauté, avec des jaloux du succès du travail de ma vie, ont uni leurs forces afin de distraire l’attention de mes contributions du recrutement d’arabes chrétiens dans l’armée israélienne », a-t-il déclaré dans le communiqué.

« La vérité est que je n’ai jamais fait quoi que ce soit de ce qui est décrit dans le reportage, je n’ai jamais fait du mal sexuellement à quiconque, je n’ai jamais fait du mal intentionnellement à personne, et je n’ai pas travaillé pour obtenir des permis de voyage afin de faire venir des Palestiniens en Israël », a déclaré Naddaf.

Un soldat arabe chrétien reçoit un certificat d'appréciation de la part du Père Gabriel Naddaf, à Nazareth, en 2013. (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)
Un soldat arabe chrétien reçoit un certificat d’appréciation de la part du Père Gabriel Naddaf, à Nazareth, en 2013. (Crédit : porte-parole de l’armée israélienne)

Naddaf, qui a passé, et échoué, un test de détecteur de mensonge à la demande de la Deuxième chaîne, a déclaré dans son communiqué qu’il a récemment passé deux tests polygraphes réalisés par des auditeurs externes.

« Parce que je sais que j’ai raison, j’ai soumis ce questionnaire sans aucune peur de répercussions de la police et je suis sûr que la vérité, qu’il s’agit d’une conspiration contre moi, sera révélée », a déclaré Naddaf.

« Dieu punira ces gens qui me font du tort, à moi, ma femme et mes deux fils qui servent actuellement dans l’armée », a-t-il ajouté.

Dimanche soir, la ministre de la Culture Miri Regev a déclaré à la radio militaire qu’elle soutenait la décision du comité de choisir Naddaff comme porteur de torche, et a déclaré qu’elle participerait à la cérémonie d’Etat de mercredi à moins que les accusations contre lui ne soient avérées.

Naddaf est devenu un personnage controversé en Israël depuis qu’il a rejoint le Forum pour l’incorporation de la communauté chrétienne en octobre 2012, et pour avoir ouvertement appelé les chrétiens d’Israël à servir dans l’armée. Ses activités ont attiré des critiques de députés arabes et même des menaces contre sa famille.

Recruter des arabes chrétiens dans l’armée israélienne a toujours provoqué des tensions inter-communautaires, à plus forte raison ces dernières années alors que le nombre de recrues chrétiennes a fortement augmenté.

Quelle que soit leur religion, pour des arabes israéliens, qui sont exemptés par la loi du service militaire, décider de rejoindre l’armée israélienne est un sujet réellement tabou.

Pour son travail dans le recrutement chrétien, Naddaff a fait face à une opposition dure de la part des communautés arabes et palestiniennes.

Au cours des récentes années, on lui a même interdit d’entrer dans l’Eglise de l’Annonciation de Nazareth, sa voiture a été vandalisée et il a reçu des menaces de mort.

En 2013, son fils a été hospitalisé après avoir été attaqué par des activistes opposés au travail de Naddaff.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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