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Dieudonné contraint de retirer deux passages d’une vidéo

La justice a estimé que le premier passage constitue une contestation de crimes contre l'Humanité et le second une provocation à la haine raciale

Dieudonné M'Bala M'Bala au théâtre de la Main d'Or - 11 janvier 2014 à Paris. (Crédit : AFP/Archives/Alain Jocard)
Dieudonné M'Bala M'Bala au théâtre de la Main d'Or - 11 janvier 2014 à Paris. (Crédit : AFP/Archives/Alain Jocard)

La justice a ordonné mercredi à l’humoriste controversé Dieudonné de retirer deux passages de la vidéo « 2014 sera l’année de la quenelle » diffusée sur son compte YouTube , selon une décision consultée par l’AFP.

Saisi en référé (procédure d’urgence), le tribunal de grande instance de Paris a notamment estimé que le premier passage constitue une contestation de crimes contre l’Humanité et le second une provocation à la haine raciale.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF), à l’origine de cette action visant à obtenir le retrait de cette vidéo, compte à présent saisir le parquet « pour que les poursuites pénales qui s’imposent soient engagées à son initiative », a déclaré l’avocat de l’association, Stéphane Lilti.

D’autre part, l’UEJF va demander à YouTube de « se rapprocher des associations pour voir dans quelles conditions ils respecteront à l’avenir leurs obligations légales ».

Dans la vidéo litigieuse, Dieudonné déclarait notamment : « Je suis né en 66, donc j’étais pas né (…) moi les chambres à gaz j’y connais rien, si tu veux vraiment je peux t’organiser un rencard avec Robert », en allusion à l’historien négationniste Robert Faurisson. Ce passage reprenait un extrait de son spectacle « Le Mur », interdit dans plusieurs villes françaises en raison notamment de ses passages jugés antisémites.

Rappelant le « contexte plus général des déclarations » de Dieudonné, « dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure, diffamation et provocation à la haine antisémite », le juge Marc Bailly a estimé qu’il « ressort bien de cette formulation (…) une contestation » de crime contre l’Humanité.

Dans son ordonnance, le magistrat considère que « l’humour invoqué » par la défense de Dieudonné « n’apparaît que comme le moyen de véhiculer publiquement des convictions en ‘testant les limites de la liberté d’expression’ – en l’espèce dépassées – et non comme le ressort d’un sketch comique et provocateur dont les excès pourraient être admis ».

La décision prévoit une astreinte de 500 euros par jour de retard constaté pour chacun des passages si Dieudonné ne les retire pas dans un délai de cinq jours, à compter de la signification de l’ordonnance.

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