Discours de Benjamin Netanyahu aux funérailles de Shimon Peres
Rechercher

Discours de Benjamin Netanyahu aux funérailles de Shimon Peres

Le Premier ministre a dit qu’il n’oubliera jamais l’éloge prononcé par Peres pour son frère Yoni

“Vous êtes venus de près et de loin à Jérusalem, capitale d’Israël, pour rendre hommage à Shimon Peres, l’un des pères fondateurs de notre Etat”, dit-il en hébreu aux dirigeants du monde.

Il s’agit d’ “un témoignage de son optimisme, pour sa quête de la paix, pour son amour d’Israël”, a dit Netanyahu en anglais.

“Le peuple d’Israël apprécie profondément l’honneur que vous lui avez témoigné et que vous avez témoigné à l’Etat auquel il a consacré sa vie”, ajoute t-il. Peres “a vécu une vie de buts, il a grimpé à des sommets incroyables.”
“Il était un grand homme d’Israël, il était un grand homme du monde. Israël est en deuil, le monde est en deuil. Mais nous, et le monde, voulons trouver dans sa postérité les raisons d’espérer”, a dit M. Netanyahu.

Il a ajouté que Shimon Peres, « a non seulement mené une longue vie, mais aussi une vie qui a eu du sens. Il a joué un grand rôle en tant qu’acteur principal dans la renaissance nationale du peuple juif ». Avant d’ajouter qu’il « appartenait à la génération qui est née de l’esclavage pour aller vers la liberté, qui a planté les racines dans notre ancienne patrie, et a manié l’épée de David pour sa défense ».

Pour Netanyahu, « Shimon a apporté une contribution monumentale à pour garantir notre capacité à nous défendre pour les générations à venir. Et pour cela, il aura la reconnaissance pour des générations ». Saluant le fait qu’il ait « travaillé tout au long de sa vie d’adulte pour atteindre la paix avec nos voisins ».

Netanyahu raconte ensuite une anecdote : « lors de l’une de nos nombreuses réunions de fin de soirée à la Maison du Président, tard le soir, je lui ai demandé : « Dis-moi, Shimon, tout au long de ta longue carrière, qui étaient les dirigeants israéliens que vous admiriez le plus ? » Avant qu’il ne me réponde j’ai rajouté : « le premier est évident, vous avez étudié auprès de Ben Gurion ».

Benjamin Netanyahu, le 30 septembre 2016 (crédit : capture d'écran GPO)
Benjamin Netanyahu, le 30 septembre 2016 (crédit : capture d’écran GPO)

En effet, jeune homme Shimon a vu comment Ben-Gurion a forgé notre liberté et a assumé la responsabilité de la construction d’Israël et afin d’assurer son destin. Mais dans la même conversation, il a également parlé de Rabin, Begin, et d’autres dirigeants avec une véritable reconnaissance pour leur contribution unique à notre état.

Il m’a alors un peu surpris quand il a également mentionné une autre personne – Moshe Dayan. Shimon a parlé de la valeur de Dayan sur le champ de bataille et de son originalité, et une autre caractéristique. « Moshe ne se souciait pas de ce que l’on pensait de lui, » m’a dit Shimon. « Dayan ignorait les considérations politiques. Il était ce qu’il voulait être. »

Le Premier ministre précise ensuite que « Shimon appréciait ces qualités, mais il savait aussi une autre vérité – que si vous voulez réaliser les choses en lesquelles vous croyez, vos objectifs diplomatiques, économiques et sociaux, vous ne pouvez pas vraiment vous déconnecter de la politique ».

Netanyahu a estimé que « au cours des 50 années qu’il a servi à la Knesset et au gouvernement, Shimon a vécu dans cette dualité permanente entre Homme d’Etat et politique. Il voulait être visionnaire mais il savait que la politique était un champ miné. Il ne cessait d’être attaqué, de tomber et de retomber sur ses pieds à chaque fois et ce, grâce à sa passion pour le militantisme et les idéaux ».

Netanyahu reconnaissant des mots de Peres lors de la mort de son frère Yoni

Netanyahu a dit que ce n’est “pas un secret que nous étions des rivaux politiques”, mais des années plus tard nous sommes devenus des amis.

Netanyahu a dit qu’il a rencontré d’abord “la ferveur” de Peres dans l’action il y a 40 ans au mont Herzl, à l’enterrement de son frère, Yoni Netanyahu, tué lors du raid d’Entebbe.

Le Premier ministre a dit qu’il n’oubliera jamais l’éloge prononcé par Peres.

“C’était la première fois que je le rencontrais,” dit-il. « Mes parents, Qu’ils reposent en paix, mon frère et moi, ont été profondément émus par ses paroles au sujet de Yoni, sur le fonctionnement, sur la connexion à nos ancêtres … et en ce moment, nous avons un lien puissant qui n’a jamais été rompu.”

Netanyahou a rappelé que « Shimon et moi étions en désaccord sur beaucoup de choses, mais ces désaccords n’éclipsaient pas nos nombreuses discussions chaleureuses et attentionnées. Notre amitié a grandi avec chaque réunion », ajoutant qu’ils n’avaient « jamais tu leurs différences d’opinion ».

Il raconte encore : « Lors de l’une de nos discussions lors d’une longue nuit, nous avons abordé une question fondamentale: Du point de vue d’Israël, qu’est-ce qui est primordial : la sécurité ou la paix ? Shimon a répondu avec enthousiasme,

« Bibi, la paix est la vraie sécurité. S’il y a la paix, il y aura la sécurité. » Et je lui ai répondu, « Shimon, au Moyen-Orient, la sécurité est essentielle pour parvenir à la paix et pour le maintenir. »

Le débat s’est intensifié. Nous avons débattu durant des heures, argumentant chacun de notre côté. Je venais de la droite et il venait de la gauche. Et à la fin – comme deux boxeurs fatigués – nous avons rendu les armes. J’ai vu dans ses yeux, et je pense qu’il a vu dans les miens, que nos principes découlaient de croyances profondes et d’un engagement à une cause – assurer l’avenir d’Israël ».

Enfin Nenyahou avoue, qu’il a compris avec le temps « que nous étions tous les deux dans le vrai. Dans un Moyen-Orient turbulent dans lequel seuls les forts survivent, la paix pourra être atteinte autrement que par la préservation permanente de notre pouvoir. Mais le pouvoir n’est pas une fin en soi. Il est un moyen pour atteindre notre objectif. Cet objectif est d’assurer notre existence et coexistence. Pour favoriser le progrès, la prospérité et la paix – pour nous, pour les pays de la région, et pour nos voisins palestiniens ».

Netanyahu explique ensuite que « Shimon est également parvenu à la conclusion qu’aucun camp ne dispose du monopole de la vérité. Le lendemain de sa prestation de serment comme 9e président d’Israël, il a assisté à la cérémonie commémorative officielle de Ze’ev Jabotinsky, que je considère comme l’un de mes mentors spirituels.

Lors de la cérémonie, Shimon a dit: «L’Histoire confie aux deux grands courants du sionisme – le mouvement ouvrier et le mouvement Jabotinsky – la construction du sionisme. Les nombreux différends entre ces deux camps créés de nombreux problèmes. Les partisans de ces courants sont aujourd’hui des partenaires dans les partis politiques et dans la direction de l’Etat – ce qui était inconcevable dans le passé ». « Il semble, » Shimon a conclu, « que le roi Salomon avait raison. Deux valent mieux qu’un. » A la fin de son discours, je l’ai approché, lui serrai la main et chaleureusement l’ai remercié pour son message unificateur ».

Netanyahu à Peres : Je t’aimais, nous t’aimions tous

Netanyahu a déclaré qu’il y a deux mois, lui et sa femme se sont rendus au Centre Peres pour la Paix. « Je ne pense pas l’avoir déjà vu si heureux », dit-il. « C’était l’un de ses rêves devenu réalité. » « Shimon regardait toujours vers l’avant. Il croyait, tout comme nous, dans le progrès, la science et la technologie. «

Netanyahu a dit que ces éléments doivent être utilisés pour faire progresser Israël sur le plan militaire et pour promouvoir la paix, afin que la modernité triomphe sur le « barbarisme » et que le « bien triomphe sur le mal ».
Netanyahu a terminé son éloge funèbre en ces termes, emprunt de larmes : « Je pleure ta perte aujourd’hui. Je t’aimais. Nous t’aimions tous. »

Repose en paix, « cher homme, chef acclamé ». Ajoutant « Nous chérirons ta mémoire dans le cœur de notre nation et – je peux dire avec confiance – dans le cœur de toutes les nations ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...