Diskin : Un Etat terroriste juif nous guette
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Diskin : Un Etat terroriste juif nous guette

Dans un post Facebook, Yuval Diskin annonce un « Etat de Judée », alimenté par des rabbins qui ont perdu le contrôle et des efforts trop faibles du Shin Bet

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Yuval Diskin (Kobi Gideon/Flash90)
Yuval Diskin (Kobi Gideon/Flash90)

L’ancien chef de la sécurité israélienne avertit que les clivages sociaux ont conduit à la création d’un Etat de résidents des implantations juifs purs et durs aux côtés d’Israël, dans un post acerbe couronnant une semaine de remise en question dans le pays, suite à une attaque terroriste présumée de terroristes juifs.

Diskin prévient que le pays devient de plus en plus à droite et religieux, en passe de devenir un « Etat de Judée, » terme biblique pour le sud de la Cisjordanie.

Selon lui, les efforts pour étancher le terrorisme juif sont trop réduits et trop tardifs.

La Judée est une « nation de loi juive, de terreur, de haine contre l’autre ou de racisme. Aujourd’hui, même les rabbins qui ont donné naissance à ces idéologies délirantes sont devenus trop modérés et doux aux yeux de certains de leur troupeau », écrit Diskin.

Ses commentaires, postés sur Facebook vendredi en fin d’après-midi, ont été publiés après que les responsables israéliens aient juré de réprimer les extrémistes juifs de Cisjordanie et d’ailleurs après les bombes incendiaires lancées sur des maisons palestiniennes dans le village de Duma de la semaine dernière, où un bébé et son père sont morts, et d’autres membres de la famille grièvement blessés.

Un jour plus tôt, un extrémiste religieux a poignardé six personnes lors d’un défilé de la Gay Pride de Jérusalem, tuant une adolescente israélienne de 16 ans.

Diskin affirme que son agence n’a jamais priorisé la lutte contre le terrorisme juif. « Maintenant et pour toujours, il y a un manque total d’intérêt et de volonté d’aborder cette question au niveau politique », écrit-il.

Il a toujours été du plus grand intérêt, ajoute-t-il, d’enquêter sur le terrorisme arabe et autre. Ceux qui travaillent pour lutter contre le terrorisme juif au Shin Bet, dit-il, se heurtent souvent à la critique acerbe de la communauté religieuse.

Diskin énumère plusieurs membres du département juif chargé de lutter contre le terrorisme juif et d’autres officiers religieux de haut rang du Shin Bet qui ont été harcelés par des militants d’extrême-droite et même par certains rabbins orthodoxes du « mainstream ».

Les allégations de ce genre sont colportées depuis des années, et traitées au sein de l’establishment de la défense lui-même, mais pour des raisons de sécurité et de confidentialité, elles sont rarement discutées ouvertement.

Diskin, qui pourrait envisager une carrière politique depuis qu’il a quitté le Shin Bet en 2011, est un critique acerbe des politiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ces dernières années ont vu une légère hausse d’aggravation du terrorisme juif et d’attaques de type « Prix à payer » – actes de vandalisme et de violence contre les Palestiniens et autres non-Juifs.

« Dans l’’Etat de Judée’ il existe des normes différentes, des systèmes de valeurs différents, des approches différentes de la démocratie », écrit Diskin, « et il y a deux systèmes juridiques. Celui qui juge les Juifs (la loi israélienne) et celui qui juge les Palestiniens (la loi martiale). »

Dans l’aile de droite religieuse de Judée, ajoute-t-il, « l’imposition [de la loi] aux Juifs est faible de manière inquiétante ».

L’initiative récente pour qualifier les attaques dites de « Prix à payer » d’illégales est essentiellement trop peu trop tard, écrit Diskin.

Le problème central dans cette situation, dit-il, est le concept sioniste religieux de « sainteté de la terre », au lieu de « sainteté du peuple ».

Cela signifie que les croyants prennent toutes les mesures nécessaires pour défendre la terre, même au détriment du peuple.

« Il n’y a rien de plus dangereux pour la sécurité nationale, » conclut-il.

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