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Dispute entre Lapid et le Likud au sujet de l’accord nucléaire américain avec l’Iran

Le chef de l'opposition déclare que le Premier ministre a perdu toute influence sur l'administration Biden ; un haut responsable israélien n'est "pas surpris" par l'accord

Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, le 2 novembre 2022 (à gauche) ; le premier ministre sortant, Yair Lapid, à Tel-Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédits : Tsafrir Abayov AP ; Avshalom Sassoni/Flash90)
Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, le 2 novembre 2022 (à gauche) ; le premier ministre sortant, Yair Lapid, à Tel-Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédits : Tsafrir Abayov AP ; Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef de l’opposition Yair Lapid et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont disputés vendredi au sujet d’un accord émergent entre les États-Unis et l’Iran sur son programme nucléaire, tandis que des signes indiquent qu’Israël s’est résigné à accepter l’arrangement.

Lapid a critiqué Netanyahu pour avoir permis à l’accord entre l’Iran et les États-Unis d’avoir lieu, affirmant que l’incapacité de Netanyahu à influencer l’administration Biden est due à la réforme judiciaire controversée.

« Malgré les tentatives de le presenter différemment, ce que les Etats-Unis et l’Iran sont sur le point de signer est un accord nucléaire. C’est le même accord qu’ils ont tenté de signer sous le gouvernement [Bennett-Lapid] et que nous avons pu empêcher », a déclaré l’ancien Premier ministre.

« À cause de la refonte judiciaire, Netanyahu a perdu l’attention des Américains et toute capacité à exercer une influence. Il doit annuler la réforme et faire tout ce qui est en son pouvoir pour stopper cet accord. Nous, l’opposition, soutiendrons de tels efforts, comme nous l’avons fait par le passé », a ajouté le dirigeant de Yesh Atid.

En réponse aux propos de Lapid, le parti Likud de Netanyahu a déclaré que le positionnement dur du Premier ministre avait amené les États-Unis à quitter l’accord initial sur le nucléaire iranien en 2015 et qu’il les empêcherait de conclure à nouveau un accord aujourd’hui.

Par ailleurs, le communiqué soulignait que Lapid, qui avait soutenu le « dangereux » premier accord nucléaire avec l’Iran et qui avait « cédé gratuitement des champs gaziers au Hezbollah », était la dernière personne à pouvoir critiquer ce gouvernement.

« Contrairement à Lapid qui a promis aux États-Unis une politique ‘sans surprise’, le Premier ministre Netanyahu n’a jamais été disposé à faire une telle promesse et a même clairement indiqué qu’avec ou sans accord, Israël agirait pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires », indique le communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse concernant le programme nucléaire iranien, au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 9 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bien que les deux dirigeants aient juré de s’opposer à l’accord, de nombreux éléments indiquent qu’Israël acceptera les paramètres généraux de l’accord.

L’échange a eu lieu après qu’un haut responsable israélien, cité par le quotidien Haaretz (en hébreu), a déclaré que les États-Unis avaient informé Israël des accords qui se dessinaient et que Jérusalem ne semblait pas chercher à faire dérailler les pourparlers.

« Un dialogue ouvert et continu est maintenu avec les Américains », a déclaré le responsable, ajoutant qu’Israël n’avait pas été « surpris » par les dernières informations sur l’émergence d’un accord.

Le haut responsable a déclaré qu’Israël continuait à examiner les développements, mais qu’il n’essayait pas activement de les contrecarrer.

« Pour l’instant, nous examinons les questions afin d’élaborer un plan sur la manière de réagir », a-t-il déclaré. « Le plan qui se dessine n’est pas d’attaquer [l’accord], mais de formuler des objections ».

Ces commentaires font écho à des remarques similaires de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Michael Herzog.

« La diplomatie n’est pas nécessairement une mauvaise chose », a déclaré Herzog lors d’un événement organisé par la Majorité Démocratique pour Israël, selon Haaretz.

« En ce qui nous concerne, la diplomatie en elle-même, et de tels accords, ne sont pas nécessairement mauvais dans la mesure où ils peuvent aider à désamorcer une situation », a ajouté Herzog.

Cette photo satellite de Planet Labs PBC montre la construction d’une nouvelle installation souterraine sur le site nucléaire iranien de Natanz, le 14 avril 2023. (Crédit : Planet Labs PBC/AP)

En début de semaine, Netanyahu a informé les responsables israéliens des détails d’un éventuel accord nucléaire entre les États-Unis et l’Iran qu’Israël serait en mesure d’accepter, selon des informations parues dans la presse israélienne.

Netanyahu a minimisé les négociations entre les États-Unis et l’Iran en disant qu’elles se rapprochaient d’un « mini-accord, pas d’un accord », selon les rapports de Walla et de Treizième chaîne, citant plusieurs parlementaires anonymes qui ont participé à la réunion à huis clos de trois heures de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.

« Ce qui est à l’ordre du jour en ce moment entre Washington et Téhéran n’est pas un accord nucléaire, c’est un mini-accord », aurait déclaré Netanyahu. « Nous serons en mesure d’y faire face. »

Jeudi, le New York Times a rapporté que l’accord prévoyait que Téhéran s’engage à ne pas enrichir l’uranium au-delà de son niveau actuel de pureté de 60 %, à coopérer avec les inspecteurs nucléaires de l’Agence internationale de l’énergie atomique des Nations unies (AIEA), à empêcher ses groupes terroristes mandataires d’attaquer les sous-traitants américains en Irak et en Syrie, à ne pas fournir de missiles balistiques à la Russie et à libérer trois Américains d’origine iranienne détenus dans la République islamique.

En contrepartie, Washington promettrait de ne pas renforcer les sanctions économiques existantes, de débloquer les milliards d’euros d’avoirs iraniens détenus à l’étranger en garantissant que l’argent ne sera utilisé qu’à des fins humanitaires et de ne pas adopter de résolutions punitives contre la République islamique aux Nations unies ou à l’AIEA.

Les États-Unis ne vont pas jusqu’à qualifier l’entente avec l’Iran d’accord officiel, car cela nécessiterait l’approbation du Congrès.

Jeudi, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le secrétaire américain à la défense Lloyd Austin ont discuté du développement de la coopération bilatérale israélo-américaine contre l’Iran lors d’une réunion en Europe.

Le Secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin (à gauche) et le ministre de la Défense Yoav Gallant se rencontrent à Bruxelles le 15 juin 2023. (Crédit : Elad Malcha/ministère de la Défense)

Lors de sa rencontre avec Austin jeudi, Gallant a souligné l’importance pour Israël que l’accord intérimaire comprenne un engagement de l’Iran à cesser de fabriquer des missiles balistiques et des drones d’attaque.

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