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Dissolution de la Knesset : Netanyahu prédit le retour du Likud au pouvoir

Le ministre de la Justice Saar fustige les députés qui ont causé l'effondrement de la coalition ; les partis de droite anticipent une démonstration de force électorale

Le leader de l'opposition et le chef du parti du Likud, Benjamin Netanyahu, lors d'une déclaration aux médias à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de l'opposition et le chef du parti du Likud, Benjamin Netanyahu, lors d'une déclaration aux médias à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés de l’opposition se sont réjouis, lundi, de l’annonce qui a été faite par le Premier ministre Naftali Bennett et par le ministre Yair Lapid de leur intention de dissoudre la Knesset, ce qui entraînera de nouvelles élections.

Suite à cette annonce, les leaders des partis de droite et religieux qui siègent dans l’opposition se sont retrouvés dans la soirée dans le bureau du chef du Likud pour des discussions.

Netanyahu, l’ex-Premier ministre à la tête de la formation du Likud, a déclaré dans une vidéo qui a été publiée sur les réseaux sociaux que « c’est une soirée marquée par une nouvelle formidable pour des millions de citoyens ».

« Après une année qui s’est caractérisée par l’opposition déterminée de l’opposition à la Knesset, et avec beaucoup de souffrances pour les citoyens israéliens, il apparaît clairement aux yeux de tous que le gouvernement le plus misérable de toute l’Histoire du pays touche aujourd’hui à sa fin », a-t-il dit.

« Mes amis et moi-même formeront un gouvernement nationaliste large dirigé par le Likud », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration faite ultérieurement devant les caméras, Netanyahu a rejeté l’affirmation faite par Bennett – qui a déclaré qu’il avait agi avec désintéressement à la fois en formant le gouvernement et en procédant aujourd’hui à sa dissolution – en évoquant une « mascarade » et « un lavage de cerveau ». Netanyahu a affirmé que « tout le monde se réjouit » de la chute imminente du gouvernement.

Il a expliqué qu’il se préparait à des élections mais qu’il n’excluait pas de former un gouvernement d’alternance au sein de la Knesset actuelle si des députés de droite supplémentaires mettaient un terme à leur « boycott personnel » de sa personne.

De son côté, la législatrice du Likud Miri Regev a écrit que Bennett et Lapid étaient « en faillite ». « C’est terminé pour vous », a-t-elle écrit sur Twitter. « Les Israéliens ont très bien compris qui vous êtes en réalité. Rentrez chez vous ».

Miki Zohar, du Likud, a renchéri : « Au moins, ce gouvernement va disparaître de la surface du monde ».

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à la Knesset de Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le législateur Bezalel Smotrich, à la tête du parti Sionisme religieux d’extrême-droite, a écrit sur Twitter que « l’unité juive, le sionisme et le véritable nationalisme dirigeront le pays » bientôt.

Itamar Ben Gvir, issu de la même formation, s’est réjoui : « Au moins, ce gouvernement dangereux va rentrer chez lui ».

« Nous mettrons en place un gouvernement qui sera pleinement, totalement de droite et nous rendrons les rues à nouveau sûres », a-t-il ajouté.

Le leader du parti ultra-orthodoxe d’opposition Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, a pour sa part écrit sur Twitter un extrait d’une bénédiction juive saluant les nouveaux recommencements, remerciant Dieu « qui nous a donné la vie, qui nous a soutenu et qui nous a fait connaître ce moment ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/ Knesset spokesperson’s office)

Le président du parti Shas, Aryeh Deri, ancien député qui a démissionné du Parlement au mois de janvier dans le cadre d’une négociation de peine relative à un délit fiscal, a écrit sur Twitter « Le peuple d’Israël est vivant ! », une très ancienne expression juive qui exprime le renouveau national.

La coalition fragile de Bennett – elle était constituée de huit partis issus de la gauche, du centre et de la droite, ainsi que d’un parti islamiste, Raam – était sur la corde raide après avoir perdu, il y a quelques semaines, sa majorité avec le départ de l’alliance au pouvoir de la députée Idit Silman, issue de la propre formation de Bennett. Le gouvernement avait ensuite subi des défaites au parlement, certains membres de la coalition votant contre les politiques de l’alliance, s’abstenant lors des votes ou aidant l’opposition. La semaine dernière, cela avait été le député de Yamina, Nir Orbach, qui avait lui aussi fait savoir qu’il apporterait sa voix à l’opposition, à la Knesset.

Silman a écrit lundi sur Twitter que « je remercie Dieu de m’avoir donné la force et le courage de faire ce qui était juste et de pouvoir devenir une partenaire, très rapidement, de la mise en place d’un formation d’un gouvernement de droite, juif et nationaliste ».

De son côté, le ministre Gideon Saar a écrit sur le même réseau social que « comme je l’avais dit, l’irresponsabilité de certains législateurs au sein de la coalition a entraîné une issue qui était inévitable ».

Saar a ajouté que l’objectif poursuivi lors du prochain scrutin « est clair : empêcher un retour de Netanyahu au pouvoir et la mise en esclavage du pays au nom de ses propres intérêts ».

Le ministre de la Justice Gideon Saar arrive à une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 juin 2022. (Crédit : Yoav Ari Dudkevitch/POOL)

Pour sa part, le ministre de la Défense Benny Gantz a estimé que « c’est dommage que le pays se trouve ainsi irrémédiablement entraîné vers de nouvelles élections. Nous continuerons à travailler dans le cadre du gouvernement intérimaire ».

Gantz a ensuite écrit sur Twitter que « les élections et les périodes d’instabilité ne sont pas une bonne chose – mais nous nous y présenterons déterminés et avec pour objectif de placer l’intérêt des citoyens d’Israël avant tout le reste. »

La ministre de la Protection environnementale issue du parti du Meretz, Tamar Zandberg, a voulu se montrer plus positive, écrivant sur Twitter que « l’expérience a été concluante » – une référence apparente au partenariat établi avec un nombre de partis si divers au gouvernement, et notamment avec la présence de Raam.

Le ministre de la Santé et chef du Meretz Nitzan Horowitz, dont une députée, Ghaida Rinawie Zoabi, a été l’une des législatrices à s’être retournée contre le gouvernement, a insisté sur le fait que « ce gouvernement est allé au-delà de la réussite ».

« C’est un moment historique qui a sauvé la démocratie israélienne », a-t-il noté sur Twitter.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz dirige une réunion de sa faction du Meretz à la Knesset de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan SindelFlash90)

S’exprimant devant les caméras de Kan, Horowitz a défendu les membres de son parti, notant qu’ils n’avaient jamais menacé de soutenir une motion de censure contre le gouvernement et il a mis en cause les députés Yamina pour l’effondrement de la coalition.

Bennett et Lapid ont précisé qu’un vote de dissolution de la Knesset serait organisé, la semaine prochaine. Si cette dissolution est adoptée, alors Lapid, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, deviendra Premier ministre – conformément à un accord de partage du pouvoir qui avait été conclu entre les deux hommes. Lapid devait initialement prendre la tête du gouvernement au mois d’août 2023. Une date probable pour un prochain scrutin pourrait être le 25 octobre.

Des sondages récents ont montré que le Likud deviendrait le parti le plus important au parlement suite à des élections – mais il devrait encore rencontrer des difficultés concernant la mise en place d’une coalition majoritaire à la Knesset, forte de 120 sièges, comme cela avait déjà été le cas au cours des quatre cycles électoraux qui ont marqué les plus de trois dernières années. La coalition de Bennett, qui n’avait qu’une majorité mince, était parvenue à écarter Netanyahu du pouvoir après plus d’une décennie passée au poste de Premier ministre.

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