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Drapeaux en berne et veillées après l’attaque antisémite meurtrière à Pittsburgh

Robert Bowers inculpé de 29 chefs d'accusation ; Trump se rendra dans le Nord-Est ; des rassemblements en hommage aux victimes se sont organisés à proximité de la synagogue

Les gens se rassemblent à quelques pâtés de maisons du lieu d'une fusillade à la synagogue de l'Arbre de vie, le 27 octobre 2018 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. (Crédit : Jeff Swensen / Getty Images / AFP)
Les gens se rassemblent à quelques pâtés de maisons du lieu d'une fusillade à la synagogue de l'Arbre de vie, le 27 octobre 2018 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. (Crédit : Jeff Swensen / Getty Images / AFP)

Le président des Etats-Unis Donald Trump a ordonné samedi soir que les drapeaux américains soient mis en berne à la suite de l’attaque antisémite dans une synagogue de Pittsburgh (nord-est des États-Unis) qui a fait onze morts.

Tous les drapeaux à la Maison Blanche, sur les bâtiments publics, dans les camps militaires, dans les bases navales et sur les navires de guerre seront en berne jusqu’au 31 octobre en signe de « respect solennel » pour les victimes, selon les ordres du président Trump.

L’homme qui a tué samedi 11 personnes en ouvrant le feu sur les fidèles dans une synagogue de Pittsburgh a été inculpé de 29 chefs d’accusation pour crimes fédéraux, selon un communiqué officiel.

Les chefs d’accusation retenus contre le tireur, Robert Bowers, incluent 11 chefs pour obstruction à l’exercice de croyances religieuses entraînant la mort et 11 chefs pour usage d’une arme à feu pour commettre un meurtre, a annoncé le bureau du ministère fédéral de la Justice pour le district ouest de l’Etat de Pennsylvanie, où se trouve Pittsburgh.

A son arrivée sur les lieux, la police a dû ouvrir le feu pour appréhender Bowers, qui disposait d’un fusil d’assaut et d’au moins trois armes de poing quand il est entré dans la synagogue, selon les autorités.

Le 27 octobre 2018 à Pittsburgh, en Pennsylvanie, la synagogue Tree of Life, dans le quartier de Squirrel Hill. (Crédit : Jeff Swensen / Getty Images / AFP)

Des veillées d’hommage se sont organisées à proximité de la synagogue. Bougies à la main, des dizaines d’habitants de Pittsburgh se sont recueillis, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des habitants du quartier sont sortis de chez eux pour apporter du café aux policiers qui tenaient sous la pluie des barrages empêchant l’accès au lieu de l’attaque.

La congrégation Tree of Life a été fondée il y a 150 ans à Pittsburgh. La synagogue se situe dans le quartier de Squirrel Hill, où se trouve le coeur de l’importante communauté juive de cette ville de Pennsylvanie.

Robert Bowers. (Crédit ; Pennsylvania DOT)

Le FBI a indiqué que Bowers n’était pas connu jusqu’alors des services de police. Mais il est apparemment l’auteur d’une série de posts antisémites en ligne, notamment sur le site Gab.com, où des théories conspirationnistes s’affichent couramment.

Une citation en haut de la page de Bowers déclarait ainsi : « Les juifs sont les enfants de Satan », selon des captures d’écran de son compte, à présent suspendu, réalisées par le groupe SITE, qui surveille les mouvements extrémistes.

La tuerie de Pittsburgh a suscité de nombreuses réactions à l’étranger. Le Premier israélien Benjamin Netanyahu a déploré une attaque « antisémite horrible ». Berlin, Ottawa, Paris et l’ONU ont aussi condamné l’attentat.

A lire : Castaner demande aux préfets de « renforcer la vigilance » autour des synagogues

Le président américain Donald Trump a annoncé qu’il se rendrait à Pittsburgh. « Je vais aller à Pittsburgh », a-t-il déclaré sur le tarmac de l’aéroport de Murphysboro, dans l’Illinois, avant de participer à un meeting en vue des élections législatives de mi-mandat du 6 novembre.

« Nous devons nous tenir aux côtés de nos frères et soeurs juifs pour vaincre l’antisémitisme et les forces de la haine », a-t-il ensuite lancé devant ses partisans, en adressant ses « prières » aux victimes et sa « gratitude » aux forces de l’ordre qui ont arrêté l’auteur de la fusillade.

« Face à des crimes racistes, qu’ils visent tel ou tel groupe, nous devons utiliser la peine de mort », a encore déclaré le milliardaire républicain, sous les applaudissements du public.

A l’annonce de la fusillade de Pittsburgh, Donald Trump avait envisagé d’annuler ce meeting de campagne, mais il a expliqué à ses supporters avoir changé d’avis en se rappelant que la bourse de Wall Street avait rouvert dès le lendemain des attentats du 11-Septembre.

Le président des États-Unis, Donald Trump, s’entretient avec des journalistes avant de partir pour un rassemblement le 27 octobre 2018 à Murphysboro, dans l’Illinois. (Crédit : Nicholas Kamm / AFP)

« On ne peut pas donner de l’importance à ces gens déments et maléfiques », a-t-il poursuivi, « en changeant nos vies ou nos emplois du temps. » « On a nos vies, on a nos emplois du temps et personne ne va changer ça, ok ? »

Ces derniers jours, l’envoi de colis piégés à une dizaine de ses détracteurs ne l’avait pas fait changer de ton. Mais samedi, il a réagi avec une gravité inhabituelle, martelant tout au long de la journée qu’il ne tolèrerait pas l’antisémitisme.

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