Drogues et « dark web » : le franco-israélien « OxyMonster » plaide coupable
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Drogues et « dark web » : le franco-israélien « OxyMonster » plaide coupable

Gal Vallerius encourt une peine de 20 ans de réclusion pour avoir, selon les procureurs, vendu des drogues sur le dark web

Illustration : Dark web via Shutterstock
Illustration : Dark web via Shutterstock

Un Français primé dans des concours pour son imposante barbe rousse, suspecté de se dissimuler sur internet sous le pseudonyme d' »OxyMonster », a plaidé coupable mardi en Floride de trafic de stupéfiants et de blanchiment d’argent.

Gal Vallerius – sa véritable identité – a comparu devant un juge fédéral de Miami apparemment détendu, bien que détenu et menotté. Souriant, il a échangé des plaisanteries avec son avocat.

Le Franco-Israélien de 36 ans, coiffé d’une kippa, s’est exprimé en hébreu par le biais d’un interprète.

« Oui, Votre Honneur », a-t-il répondu au magistrat Robert Scola qui lui demandait s’il avait bien compris la procédure de plaider coupable qu’il a acceptée.

« OxyMonster » encourt une peine de 20 ans de réclusion pour avoir, selon les procureurs, vendu des drogues dont de l’oxycodone sur le dark web, cet univers caché d’internet où se déroulent notamment des transactions illégales.

Verdict en septembre

L’audience du prononcé de la sentence a été fixée au 25 septembre. Le juge Scola conserve la faculté d’imposer une durée de réclusion plus ou moins longue en fonction de la coopération du trafiquant présumé.

Selon l’accusation, Gal Vallerius exerçait ses activités sur la plateforme Dream Market et se faisait payer en crypto-devises.

Il a été arrêté le 31 août 2017 à l’aéroport d’Atlanta, dans l’Etat de Géorgie, alors qu’il se rendait au championnat du monde des barbes et moustaches, organisé au Texas.

« Dans son ordinateur portable était installé le navigateur TOR (qui permet de naviguer de façon anonyme, NDLR), des codes apparemment pour pénétrer sur Dream Market, l’équivalent de 500.000 dollars en bitcoins et une clé cryptée intitulée OxyMonster », détaille un procès-verbal d’un agent de la DEA, l’agence fédérale de lutte contre les trafics de drogue.

En Bretagne, où résidait le barbu polyglotte, les autorités française ont ouvert une enquête préliminaire.

Les trois domiciles connus du suspect, tous situés dans le département des Côtes d’Armor, ont été perquisitionnés.

Les policiers ont découvert « des restes d’emballage de produits stupéfiants », en fait des « parachutes », c’est-à-dire des petits emballages plastiques permettant de peser et doser de façon individuelle la cocaïne, a indiqué le parquet de Saint-Brieuc.

Aucun stupéfiant n’a toutefois été trouvé dans les trois maisons. Sur place « il n’y a aucun laboratoire de production ou lieu de stockage » pour la drogue, a noté le parquet, en confiant « se poser des questions » sur l’origine de son patrimoine, l’homme n’ayant aucun emploi déclaré ou connu.

Les enquêteurs ont saisi en revanche chez M. Vallerius 52 000 euros en liquide et une moto Harley Davidson.

Sa compagne, une Israélienne d’origine russe, a été entendue comme simple témoin, sans révéler « d’élément significatif ».

Les policiers ignorent quand Gal Vallerius a quitté Israël pour s’installer en France, mais ils savent qu’il a de la famille dans plusieurs pays.

« Ego surdimensionné » 

C’est quelqu’un doté d’un « égo surdimensionné » en raison de sa « maîtrise totale de l’accès au numérique », a commenté une source judiciaire française contactée par l’AFP.

Gal Vallerius, « personnage hors normes », était persuadé d’être l’un des grands noms du dark web et d’avoir toujours un coup d’avance sur les enquêteurs, a ajouté cette source.

En 2015, Vallerius était arrivé en huitième position d’un tournoi mondial de barbes en Autriche. Une vidéo de l’événement le montre avec des lunettes réfléchissantes, souriant et plaisantant avec les autres finalistes.

Les résultats du concours cette année-là ont été retirés du site internet de l’organisation, la World Beard and Moustache Championships (WBMC).

MJ Johnson, un habitant de Minneapolis qui avait remporté la catégorie « libre style » se souvient de Gal Vallerius comme « quelqu’un qui paraissait toujours gai et insouciant ».

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