Ehud Barak : Netanyahu est comme le dictateur roumain Ceausescu
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Ehud Barak : Netanyahu est comme le dictateur roumain Ceausescu

Le Likud a accusé l'ex-Premier ministre d'incitation au meurtre après un discours au cours duquel Barak a fustigé Netanyahu, poursuivi par les accusations de corruption

L'ancien ministre de la Défense Ehud Barak à Tel Aviv le 24 août 2018 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)
L'ancien ministre de la Défense Ehud Barak à Tel Aviv le 24 août 2018 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Barak a été accusé d’incitation à la violence, dimanche, après avoir déclaré que son successeur suivait l’exemple du dictateur roumain Nicolae Ceausescu et laissé entendre qu’il pourrait connaître la même destinée.

Barak, un critique fervent de Benjamin Netanyahu, a accusé le Premier ministre d’avoir adopté des législations corrompues exclusivement dans le but d’assurer sa survie politique, le comparant au leader communiste roumain qui avait été déchu du pouvoir lors d’un soulèvement populaire en 1989 puis rapidement exécuté.

« L’effondrement moral de Netanyahu a engendré des lois dont le seul objectif est d’aider le gouvernement à échapper aux affaires de corruption, de pots-de-vin et aux affaires d’abus de confiance dans lesquelles il est soupçonné », a dit Barak lors d’un discours prononcé à Tel Aviv.

« C’est l’expression d’une dégradation morale qui n’oeuvre pas pour le bien des citoyens mais pour la soumission à un chef de toute évidence corrompu. Ce qui rappelle Elena et Nicolae Ceausescu plus qu’une société modèle ou une lumière parmi les nations ».

« La nation qui l’a porté au pouvoir sera la même qui fera abandonner le pouvoir à celui qui dégrade la nation et ses citoyens », a-t-il ajouté, selon les médias.

Le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet à Jérusalem le 16 septembre 2018. (Crédit : Sebastian Scheiner/AFP)

En réponse à ce discours, le parti du Likud de Netanyahu a expliqué que l’ancien Premier ministre « incite au meurtre » contre l’actuel chef du gouvernement.

« Il est simplement devenu fou », a estimé le parti dans un communiqué.

Nicolae Ceaușescu (Crédit : domaine public)

Netanyahu est actuellement soupçonné dans trois affaires pour corruption même s’il n’a pas été inculpé. Un certain nombre de lois adoptées récemment apparaissent comme des tentatives visant à le protéger dans le cadre de ces enquêtes, avec notamment une législation qui empêcherait la police de publier ses recommandations en termes d’inculpation des suspects.

Ceausescu avait gouverné la Roumanie d’une main de fer pendant des décennies jusqu’en 1989, quand des manifestations violentes contre la corruption officielle l’avaient forcé, aux côtés de son épouse Elena, à fuir Bucarest à la fin du mois de décembre 1989.

Le couple avait été exécuté le 25 décembre après avoir été capturé par des soldats loyaux au gouvernement provisoire.

Barak, qui songerait à revenir à une fonction politique, a critiqué âprement Netanyahu dans le passé pour les enquêtes de corruption, l’appelant à démissionner.

En réponse au Likud, Barak a fait allusion sur Twitter aux accusations contre Netanyahu, qui avaient laissé entendre que ce dernier aurait incité à la violence en amont de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995.

Ce n’est pas la première fois que Netanyahu est comparé à Ceausescu, même si cette comparaison avait été établie, la dernière fois, avec Barak. En 2012, lorsque Netanyahu avait formé un gouvernement d’unité – qui n’avait pas duré longtemps – avec le parti centriste Kadima, Yair Lapid, alors politicien néophyte, avait plaisanté sur le fait que la dernière fois qu’un gouvernement avait été aussi élargi, il avait appartenu au leader roumain.

A ce moment-là, Barak, qui avait rompu avec le parti travailliste pour rejoindre le gouvernement avec sa propre formation de l’Indépendance, avait servi au poste de ministre de la Défense sous Netanyahu. Lapid et son tout nouveau parti Yesh Atid devaient rejoindre le gouvernement de Netanyahu après les élections de l’année suivante.

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