Élections : Ce que nous savons jusqu’ici
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Élections : Ce que nous savons jusqu’ici

L'électorat n'a pas été indifférent, le président est déterminé à éviter un troisième vote et les perspectives d'immunité de Netanyahu chancellent

Le président Reuven Rivlin vote à Jerusalem, le 17 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président Reuven Rivlin vote à Jerusalem, le 17 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

A l’heure de l’écriture de ces lignes, il nous est impossible de savoir qui sera le prochain Premier ministre d’Israël.

Voici les éléments de certitude en attendant plus de précisions :

1. Une participation électorale plus élevée : Les prédictions étaient que la participation à ce second scrutin en cinq mois serait plus faible à celle du mois d’avril, qui s’était élevée à 68,5 %.

En fait, la commission centrale électorale a annoncé que les Israéliens avaient été plus nombreux à se rendre dans les bureaux de vote – 69,4 % – selon les chiffres enregistrés à leur fermeture, à 22 heures.

En totalité, et selon les chiffres rapportés à 22 heures, ce sont 4 440 141 Israéliens qui ont exercé leur droit de vote sur les 6,4 millions d’électeurs. Un total de 9,5 % d’Israéliens se trouvaient à l’étranger lors du vote.

2. Des sondages similaires : Les sondages de sortie des urnes, au sein de l’Etat Juif, sont toujours, d’une manière ou d’une autre, peu fiables dans la mesure où les sondeurs sont aux prises avec de nombreuses formations politiques, des secteurs démographiques divers, un seuil électoral de
3,25 % en dessous duquel tous les votes sont perdus, et d’autres facteurs complexes. Au mois d’avril, l’une des trois principales enquêtes d’opinion s’était avérée hors de propos. Mardi soir, toutefois, les trois ont affiché de larges similarités et ont toutes montré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’avait pas la possibilité de mettre en place une coalition majoritaire.

3. Un président pressé : Le président Reuven Rivlin, dans un communiqué émis après la diffusion des sondages de sortie des urnes, a promis de rencontrer « dans les meilleurs délais » les représentants des partis élus.

Il ne devrait officiellement recevoir les résultats définitifs que le 25 septembre mais il a indiqué qu’il commencerait ses consultations avant cette date, une fois qu’il aurait reçu une « image claire des résultats ». Il a également affirmé qu’il se laisserait « guider par la nécessité de former un gouvernement en Israël aussi vite que possible » et par « la nécessité d’éviter de troisièmes élections législatives ».

Rappelons qu’au mois d’avril, Netanyahu avait échoué à former un gouvernement majoritaire sept semaines après avoir été désigné par Rivlin et qu’il avait choisi de dissoudre le Parlement plutôt que de laisser sa chance à quelqu’un d’autre – entraînant un deuxième scrutin inédit en l’espace de cinq mois.

4. L’arbitre potentiel : Avigdor Liberman, dont le refus de prendre part à une coalition placée sous la direction de Netanyahu aux côtés des partis ultra-orthodoxes avait privé le Premier ministre de la majorité qu’il avait pensé mettre en place au mois d’avril, appelle au même gouvernement « libéral, nationaliste et large » qu’il appelait déjà de ses vœux dans les semaines ayant précédé le scrutin.

Dans un discours prononcé deux heures après la fermeture des bureaux de vote, il a affirmé qu’il travaillerait pour bâtir une coalition réunissant le Likud, Yisrael Beytenu et Kakhol lavan, mais que si c’était plus facile pour les deux formations majeures, Yisrael Beytenu n’aurait pas de difficulté à siéger à l’écart.

Il a également suggéré que face à ce qu’il a qualifié de situation « d’urgence », Rivlin devait appeler Netanyahu et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, dès l’après-midi de vendredi pour amorcer des discussions.

5. Déboires judiciaires : Les ennuis de risquent de s’avérer encore bien plus compliqués si les projections des sondages s’avèrent être exactes.

Le 2 octobre, lui et/ou ses avocats devront se rendre à une audience en compagnie du procureur-général Avichai Mandelblit, dernière opportunité offerte au Premier ministre pour persuader ce dernier de ne pas l’inculper dans trois dossiers de corruption.

Netanyahu avait espéré, après les élections du mois d’avril, obtenir l’immunité face aux poursuites par le biais d’un vote à la Knesset et il aurait également prévu, à ce moment-là, de faire adopter une législation qui aurait empêché la Cour suprême de renverser la décision prise par les députés. Il avait perdu cette opportunité en échouant à former une coalition.

Et il doit faire face, aujourd’hui, à ce qui semble être un résultat électoral bien plus problématique, avec moins de soutiens à la Knesset pour lui assurer une éventuelle immunité, une perspective bien plus réduite de faire passer une loi visant à limiter le pouvoir des juges – et le temps qu’il lui reste avant que Mandelblit ne prenne une décision lui est à la fois précieux et court.

6. Une patience nécessaire : Contrairement à ce qu’il s’était passé au mois d’avril, minuit a sonné et les minutes se sont ensuite largement écoulées sans que Gantz, de Kakhol lavan, ne prononce un discours de victoire.

Netanyahu est également resté à l’écart des projecteurs pendant les heures qui ont suivi la fermeture des bureaux de vote. La commission centrale électorale, elle aussi, a semblé ne pas avoir l’intention de se presser.

Ayant publié des chiffres incorrects il y a cinq mois, entraînant une certaine confusion, en laissant entendre que le parti HaYamin HaHadash serait représenté à la Knesset quand la formation n’avait pas, finalement, pu franchir le seuil électoral de quelques voix, la commission a fait savoir qu’elle prendrait son temps cette fois.

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