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Élections : La commission centrale électorale va lutter contre l’influence de l’IA

A la Knesset, la directrice de la CEC a déclaré qu'elle était en train de constituer une équipe d'experts pour traiter cette question avant les prochaines élections nationales, qui doivent se tenir en octobre

Illustration : Un homme ouvrant l'application "TikTok sur son téléphone portable, à Islamabad, au Pakistan, en juillet 2020. (Crédit : Anjum Naveed/AP)
Illustration : Un homme ouvrant l'application "TikTok sur son téléphone portable, à Islamabad, au Pakistan, en juillet 2020. (Crédit : Anjum Naveed/AP)

La commission centrale électorale a expliqué, dans la journée de lundi, qu’elle était en train de mettre en place, en collaboration avec le Shin Bet, une équipe qui sera chargée d’examiner les craintes liées à l’influence de l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre des prochaines élections nationales.

S’exprimant lors d’une audience de la commission des Sciences et de la Technologie à la Knesset, Orly Adas, la directrice-générale de la CEC, a fait savoir que son instance collaborait avec de nombreuses agences de sécurité avant chaque campagne électorale dans le but de garantir des élections sûres et sécurisées.

« Nous sommes actuellement en train de rechercher des consultants dans le domaine de l’IA, des spécialistes qui mettront en place un forum dédié à cette question, et la problématique figure à l’ordre du jour », a affirmé Adas devant les membres de la commission, a noté le bureau du porte-parole de la Knesset.

Elle a indiqué que les élections à venir seront le sixième scrutin national au cours duquel « nous convoquerons un panel très large qui inclura toutes les instances de sécurité au sein de l’État d’Israël – notamment le Shin Bet, l’Administration nationale de la cybersécurité, l’Autorité chargée de la protection de la vie privée et d’autres – afin de tirer parti des outils et des connaissances qu’elles seules peuvent fournir ».

Elle a ajouté que la CEC travaillait régulièrement avec le Shin Bet. L’instance a organisé une réunion conjointe avec l’agence pour mettre en place « une équipe dédiée » chargée de faire face à ce genre de menaces avant le prochain scrutin.

Adas a admis que la commission avait une tâche difficile à accomplir pour lutter contre la propagation de fausses informations en ligne : « Il n’est pas réaliste de penser que nous pourrons nettoyer l’espace en ligne des campagnes et autres contenus problématiques et fictifs — même si une grande campagne est supprimée, elle peut réapparaître en quelques heures », a-t-elle fait remarquer.

La directrice générale de la Commission électorale centrale de la Knesset, Orly Adas, à Jérusalem, le 14 septembre 2022 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Si aucune date n’a encore été fixée pour les prochaines élections nationales, ces dernières devraient avoir lieu avant le 27 octobre 2026. Depuis les dernières élections, en 2022, les outils d’IA ont connu un essor fulgurant, inondant les réseaux sociaux d’images et de vidéos falsifiées.

Même le Premier ministre Benjamin Netanyahu a partagé ce type de contenu – cela a notamment été le cas au mois d’octobre, quand il a diffusé une image générée par l’IA sur son compte officiel X, représentant le président américain Donald Trump recevant le prix Nobel de la paix.

Trump lui-même partage régulièrement ce type de vidéos. L’une d’elles, postée en février dernier, le montrait en compagnie de Netanyahu en train de se prélasser au bord de la piscine d’un hôtel « Trump à Gaza », au sein d’une enclave côtière totalement reconstruite.

Si un grand nombre de ces vidéos sont à l’évidence des faux, il devient presque impossible, avec l’amélioration des capacités de l’IA, de les distinguer des vraies.

S’exprimant lundi lors de l’audience de la commission à la Knesset, Lior Weintraub, directeur des affaires publiques chez TikTok Israël, a déclaré que la plateforme disposait d’outils qui permettaient d’étiqueter et d’identifier clairement les contenus générés par l’IA.

« Pendant les périodes électorales, nous ouvrons une cellule de crise afin de pouvoir apporter des réponses immédiates à toutes les questions susceptibles de se poser », a expliqué Weintraub. « Nous avons développé un outil automatisé basé sur l’IA qui crée une étiquette qui précise qu’un contenu ou un autre a été créé à l’aide de l’intelligence artificielle », a-t-il ajouté, affirmant que cet outil était efficace à 97 % pour signaler ou pour supprimer ce type de contenu.

Une vidéo générée par l’IA, publiée par le président américain Donald Trump sur son réseau social Truth Social le 26 février 2025, montre Trump (à gauche) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu profiter de la plage d’une « Riviera » dans la bande de Gaza. (Capture d’écran X / @yashar / utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Idan Ring, représentant de l’Association israélienne de l’Internet, a affirmé que les plateformes pouvaient et devaient faire beaucoup plus pour lutter contre la désinformation.

« Des opérations frauduleuses se déroulent actuellement sous nos yeux. Nous voyons de fausses vidéos de ministres recommandant des actions boursières » et d’autres campagnes « qui impliquent l’Iran », a confié Ring.

Il a accusé les plateformes de réseaux sociaux de ne pas tenir compte des inquiétudes liées à l’intelligence artificielle : « Nous devons exiger beaucoup plus, nous devons exiger des préparatifs spécifiques », a-t-il insisté. « Les plateformes disposent d’outils, elles savent comment mettre un terme aux campagnes qui ne cessent de réapparaître. Nous devons exiger davantage de réponses ».

Une étude qui a été diffusée le mois dernier dans la revue Science and Nature par un professeur de l’université Cornell a révélé qu’une brève conversation avec un chatbot né de l’intelligence artificielle suffisait à influencer les opinions politiques des électeurs, les arguments étayés par des preuves — vraies ou fausses — s’avérant être particulièrement persuasifs.

Différentes études ont fait savoir que la tactique la plus couramment utilisée par les chatbots pour persuader était « d’être poli et de fournir des éléments de preuve » – les bots qui n’utilisent pas de faits s’avérant être beaucoup moins persuasifs. Mais les faits et les éléments de preuves utilisés par les chatbots ne sont pas pour autant nécessairement véridiques, a noté l’étude.

L’AFP a contribué à cet article.

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