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Eli Avidar : Bennett ne « réalise pas son potentiel » en tant que chef du gouvernement

Pour le ministre, l'état de la démocratie est "aussi mauvais" que sous Netanyahu, et les membres de la coalition devraient s'opposer à des projets de loi en représailles

Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Un ministre du parti Yisrael Beitenu connu pour son non-conformisme a déclaré samedi que le Premier ministre Naftali Bennett ne « réalise pas son potentiel » en tant que dirigeant d’Israël, tout en ajoutant que les membres de la coalition devraient envisager de voter contre les projets de loi du Premier ministre s’il refuse de soutenir les lois souhaitées par les autres membres du gouvernement.

Eli Avidar, qui s’exprimait lors d’un événement politico-culturel à Tzur Hadassah, dans la banlieue de Jérusalem, a déclaré que Bennett est « chanceux – il a eu une occasion en or d’être Premier ministre dans un gouvernement de changement, de changer le visage de la société israélienne… Je ne pense pas qu’il réalise son potentiel ».

Il a affirmé que « l’état de la démocratie est aussi mauvais qu’il l’était » sous l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, notant que certaines lois problématiques adoptées sous Netanyahu et qui lui donnaient des pouvoirs accrus en tant que Premier ministre n’ont pas été annulées par le nouveau gouvernement.

« Que s’est-il passé ? Est-ce que tout va bien maintenant parce que Netanyahu n’est pas au bureau du Premier ministre ? ».

Il a également critiqué la réticence apparente de Bennett à soutenir un projet de loi proposé par le ministre de la Justice Gideon Saar visant à interdire à une personne faisant l’objet d’une grave inculpation pénale d’occuper le poste de Premier ministre. Le parti Yamina de Bennett s’est tenu à l’écart d’une telle législation, craignant que les électeurs de droite ne la considèrent comme un projet de loi destiné à empêcher Netanyahu de revenir au pouvoir.

« Si Bennett et [Ayelet] Shaked, de Yamina, ne veulent pas adopter ce projet de loi, nous ne devrions pas adopter leurs propositions. Cela n’a aucun sens que nous n’adoptions que les projets de loi de leur côté. Qu’en est-il des gens qui étaient dans la rue pendant un an et demi ? », a-t-il déclaré, en référence aux grandes manifestations qui ont eu lieu en Israël en 2020-2021 contre la direction de Netanyahu alors qu’il était sous le coup d’une inculpation pénale.

Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem, le 14 novembre 2021. (Crédit : Ariel Schalit / POOL / AFP)

M. Saar a déclaré qu’il travaillait à persuader M. Bennett de soutenir une législation interdisant à toute personne faisant l’objet d’une grave mise en examen de se présenter à un poste politique.

Le ministre de la Justice, qui a quitté le parti Likud l’année dernière pour former la faction dissidente Tikva Hadasha, a nié que le projet de loi soit personnellement lié à Netanyahu. « Il ne s’agit pas du tout d’une loi personnelle », a déclaré Saar à la Douzième chaîne. « Je ne traite pas du tout avec [Netanyahu] ».

L’amendement proposé aux lois fondamentales semi-constitutionnelles d’Israël empêcherait tout membre de la Knesset inculpé pour un crime qui comprend une peine minimale de trois ans et une turpitude morale d’être chargé par le président de former un gouvernement. Un tel député ne pourrait pas non plus être inclus dans un vote de confiance dans un nouveau gouvernement ou devenir Premier ministre suppléant. La loi proposée, si elle est approuvée, entrera en vigueur après les prochaines élections, lorsqu’une nouvelle Knesset sera assermentée.

Avidar a été nommé en août au poste de ministre chargé de la planification stratégique au sein du cabinet du Premier ministre.

Avidar est membre du parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman depuis 2019, mais les liens entre les deux partis se sont dégradés en juin lorsque le législateur n’a pas obtenu de poste ministériel.

Le jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement ce mois-là, Avidar a déclaré qu’il ne voterait plus selon les lignes du parti, en représailles après que Liberman ne lui a pas accordé son choix de poste ministériel.

Le Premier ministre Naftali Bennett tient une réunion ministérielle à Jérusalem, le 15 novembre 2021, pour discuter des crimes violents dans le secteur arabe. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Bien qu’il ait déclaré par la suite son engagement envers le gouvernement, Avidar s’est déclaré « législateur indépendant », a retiré le logo d’Yisrael Beytenu de sa page Facebook et aurait menacé de voter contre le projet de budget de la coalition.

À la suite de négociations entre Avidar et le bureau de Bennett, un compromis a été trouvé aux termes duquel Avidar a été nommé ministre au sein du bureau du Premier ministre, en charge de la planification stratégique. On s’attendait par la suite à ce qu’il soit nommé ministre du Renseignement, car Elazar Stern de Yesh Atid, qui occupe actuellement ce poste, était pressenti pour prendre la tête de l’Agence juive pour Israël.

Toutefois, Stern s’est finalement retiré de la course en raison de ses commentaires controversés sur le rejet de plaintes anonymes pour harcèlement sexuel, et l’on ne sait pas encore ce qu’il adviendra du poste d’Avidar.

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