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Emmys : Des acteurs appellent à boycotter l’industrie cinématographique israélienne

Hannah Einbinder a clôturé son discours par "Free Palestine" ; Javier Bardem promet de "ne jamais travailler" avec des entreprises qui "ne condamnent pas le génocide à Gaza"

Hannah Einbinder recevant le prix du meilleur second rôle féminin pour la série comique « Hacks » lors de la 77e cérémonie des Primetime Emmy Awards, au Peacock Theater, à Los Angeles, le 14 septembre 2025. (Crédit : Chris Pizzello/AP Photo)
Hannah Einbinder recevant le prix du meilleur second rôle féminin pour la série comique « Hacks » lors de la 77e cérémonie des Primetime Emmy Awards, au Peacock Theater, à Los Angeles, le 14 septembre 2025. (Crédit : Chris Pizzello/AP Photo)

Plusieurs acteurs ont profité de la cérémonie annuelle des Emmy Awards à Los Angeles pour diffuser des messages anti-Israël et appeler au boycott de l’industrie cinématographique israélienne dimanche soir, alors que la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza se poursuit.

L’actrice juive Hannah Einbinder, qui a remporté le prix du meilleur second rôle féminin pour la comédie « Hacks », a conclu son discours en maudissant l’agence fédérale Immigration and Customs Enforcement (ICE), avant d’ajouter : « Free Palestine. »

Les prises de position politiques depuis la scène sont toutefois restées rares.

Mais en coulisses, Einbinder a déclaré à la presse avoir « des amis à Gaza qui travaillent actuellement en première ligne, en tant que médecins, dans le nord de Gaza, pour soigner les femmes enceintes et les écoliers, et pour créer des écoles dans les camps de réfugiés. »

« C’est une question qui me tient vraiment à cœur pour de nombreuses raisons. Je pense qu’il est de mon devoir, en tant que juive, de faire la distinction entre les Juifs et l’État d’Israël, car notre religion et notre culture sont des institutions si importantes et anciennes qu’elles sont vraiment distinctes de ce type d’État ethno-nationaliste. »

Einbinder a souligné son engagement envers l’initiative « The Film Workers for Palestine », qui s’engage à ne pas travailler avec l’industrie cinématographique israélienne, la qualifiant « d’outil efficace pour faire pression sur les pouvoirs en place afin qu’ils répondent à l’appel ».

Cet engagement, qui vise les institutions cinématographiques israéliennes « impliquées dans le génocide et l’apartheid contre le peuple palestinien », a recueilli plus de 4 000 signatures et a été condamné samedi par les studios Paramount.

« Nous désapprouvons les récentes initiatives visant à boycotter les cinéastes israéliens. Réduire au silence des artistes créatifs en raison de leur nationalité ne favorise pas une meilleure compréhension ni ne fait avancer la cause de la paix », a réagi Paramount dans un communiqué.

Israël, qui rejette catégoriquement les accusations de « génocide », affirme lutter pour détruire le Hamas, responsable du pogrom perpétré le 7 octobre 2023 au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage.

De plus, l’armée israélienne assure prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Sur le tapis rouge, Megan Stalter, la covedette d’Einbinder dans « Hacks », tenait un sac sur lequel était inscrit « Cease fire ! » (Cessez le feu !).

L’acteur Javier Bardem portait un keffieh et a longuement commenté la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza.

Dans une interview accordée au Hollywood Reporter, Bardem a souligné l’allégation de l’Association internationale des chercheurs sur le génocide (IAGS) selon laquelle cette guerre serait un génocide. Il a appelé à un « blocus commercial et diplomatique » ainsi qu’à des sanctions contre Israël, avant d’ajouter : « Free Palestine. »

Certains partisans d’Israël ont dénoncé cette accusation, affirmant que l’adhésion et le droit de vote au sein de l’association étaient ouverts à des personnes qui ne sont nullement considérées comme des experts en la matière. Une spécialiste du génocide et membre de l’IAGS a, pour sa part, souligné que la résolution avait été adoptée sans débat public.

L’IAGS compte environ 500 membres, mais seuls 129 d’entre eux ont voté sur la résolution relative au génocide, la plupart en faveur.

Bardem a fièrement vanté l’engagement que lui-même et plus de 4 000 cinéastes ont signé : ne pas travailler avec une institution israélienne qui n’aurait pas désavoué la guerre. Il a également rejeté la condamnation émise par la société de production Paramount, qui critiquait cette initiative.

« Nous ne ciblons pas les individus en fonction de leur identité », a-t-il affirmé, même si cet engagement ne vise qu’à obtenir des Israéliens qu’ils désavouent la guerre.

« Nous ciblons les sociétés cinématographiques et les institutions complices qui participent à la dissimulation ou à la justification du génocide perpétré par Israël à Gaza et de son régime d’apartheid. »

Bardem, nominé pour le prix du meilleur second rôle dans une série limitée ou anthologique ou dans un téléfilm pour « Monsters : The Lyle and Erik Menendez Story », a juré de « ne jamais travailler » avec des entreprises « qui ne condamnent pas le génocide à Gaza », ajoutant que si, par la suite, il obtenait moins de rôles, cela serait « absolument insignifiant par rapport à ce qui se passe là-bas ».

L’influenceuse américaine Emily Austin a foulé le tapis rouge avec un ruban jaune accroché à son sac à main, en signe de solidarité avec les 48 otages toujours détenus par des groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Plusieurs lettres ouvertes signées par des personnalités du monde du cinéma, de la musique et de la littérature ont été publiées, alors que la pression s’intensifie sur le gouvernement israélien pour qu’il mette fin à la guerre qui dure depuis près de deux ans contre le Hamas à Gaza, et qu’il s’attaque de toute urgence à la crise humanitaire qui sévirait dans cette région.

Les pays, y compris les alliés d’Israël, sont de plus en plus critiques à l’égard de l’offensive à Gaza, où le nombre de morts ne cesse d’augmenter et où la crise humanitaire s’aggrave. Fin août, l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC) a déclaré qu’une famine sévissait dans certaines parties de l’enclave.

Israël conteste l’existence d’une famine à Gaza, accuse le Hamas de piller les livraisons d’aide humanitaire destinées à la bande de Gaza et rend le groupe terroriste responsable des morts civiles dans la région, affirmant qu’il utilise les Gazaouis comme boucliers humains.

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