En campagne électorale, Netanyahu cesse de serrer la main à cause du coronavirus
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En campagne électorale, Netanyahu cesse de serrer la main à cause du coronavirus

Une décision "responsable" car le Premier ministre voit des milliers de gens chaque jour, selon ses collaborateurs ; un officiel exclu de réunion, sa fille rentrait de Thaïlande

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe "Besheva", le 25 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe "Besheva", le 25 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne serre plus les mains pendant la campagne, un signe révélateur de l’inquiétude croissante des responsables israéliens face à la menace d’une épidémie de coronavirus COVID-19.

Lors d’une visite au Tombeau des Patriarches à Hébron mardi, le Premier ministre a été filmé en train de refuser de serrer la main des personnes qu’il a rencontrées dans la ville de Judée-Samarie [Cisjordanie]. Les images ont été diffusées par la chaîne publique Kan, six jours avant les élections nationales.

Dans le clip, on voit Netanyahu en train de visiter le lieu saint lorsque quelqu’un lui tend la main. Le Premier ministre ne tend pas sa propre main, et on entend un assistant dire : « Pas de poignée de main ».

Netanyahu, un peu gêné, s’incline légèrement et dit « namaste », une salutation hindoue habituelle adressée en s’inclinant.

On entend Sara, l’épouse de Netanyahu, crier en arrière-plan que la décision de s’abstenir de serrer la main est venue « sur instruction du gouvernement ».

Mais une source de la campagne de Netanyahu a déclaré au Times of Israel que le Premier ministre lui-même avait pris cette décision « responsable » car il « rencontre des milliers de militants [de la campagne] chaque jour » avant les élections de lundi prochain.

Le Tombeau des Patriarches était l’un des sites sur l’itinéraire d’un groupe de touristes sud-coréens qui ont visité Israël au début de ce mois et dont on a découvert plus tard qu’ils étaient porteurs du virus mortel.

Capture d’écran de médias sociaux montrant des touristes sud-coréens au Tombeau des Patriarches à Hébron à la mi-février 2020. Un autre groupe de touristes sud-coréens qui a visité le site deux jours plus tard a été découvert comme étant porteur du coronavirus COVID-19. (Capture d’écran Twitter)

Les craintes liées au coronavirus ont également atteint les plus hautes instances décisionnelles israéliennes.

Le général de brigade Ofer Winter, le plus haut conseiller militaire du ministre de la Défense, a été tenu à l’écart des réunions de haut niveau sur la violence à Gaza au cours des deux derniers jours après que sa fille est revenue de Thaïlande la semaine dernière avec un rhume, et a reçu l’ordre de se mettre en quarantaine à domicile jusqu’à ce que la souche du virus puisse être déterminée.

L’exclusion de Winter semble être une décision de Netanyahu et ne fait pas partie d’une politique établie, puisqu’il était présent aux réunions avec le ministre de la Défense Naftali Bennett pendant la même période, selon le quotidien Yedioth Aharonoth, qui a publié des photos des briefings de sécurité avec Netanyahu et avec Bennett au cours des deux derniers jours.

Le général de brigade Ofer Winter assiste à une réunion de la Commission des affaires étrangères et de la défense à la Knesset, le 22 octobre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Plus de 80 000 personnes ont été infectées dans le monde par l’épidémie virale qui a débuté fin décembre en Chine. Plus de 2 600 personnes sont mortes du virus en Chine continentale.

Le virus a également infiltré des dizaines d’autres nations, y compris au Moyen-Orient, où des dizaines de cas ont été signalés en Iran. Mardi, les premiers cas de virus ont été signalés en Croatie, en Autriche et en Suisse.

Les autorités sanitaires israéliennes ont sévèrement restreint les voyages à destination et en provenance de la Chine, de la Corée du Sud, du Japon, de Hong Kong, de Macao, de Singapour, de la Thaïlande et d’autres pays afin d’endiguer la propagation dans le pays.

Mardi également, M. Netanyahu a convoqué une réunion gouvernementale de haut niveau sur la gestion des retombées économiques attendues du virus.

« Je demande que les citoyens israéliens observent les instructions que nous donnons – nous travaillerons ensemble et nous surmonterons cette crise », a déclaré M. Netanyahu dans une déclaration lors de la réunion.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu convoque une réunion de haut niveau des dirigeants gouvernementaux et industriels pour examiner les retombées économiques de l’épidémie de coronavirus COVID-19, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 25 février 2020. (Haim Zach/GPO)

« Notre politique est la même : sur-préparation et non sous-préparation et surtout, prudence et non hystérie ».

Le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat a déclaré que les responsables concernés se réunissaient « quotidiennement pour évaluer la situation et suivre les tendances mondiales et en relation avec Israël ». Il existe un processus ordonné en coopération avec tous les ministères du gouvernement afin de permettre un contrôle, une synchronisation et une coordination maximum entre tous les éléments. Il faut dire que nous sommes prudents, et certainement pas hystériques. Tout est sous contrôle et rationnel ; les risques sont constamment évalués ».

Le ministère de l’Economie a ouvert une « salle de crise » pour suivre de près les dommages causés à l’économie israélienne par l’épidémie, les responsables recherchant déjà des financements pour les compagnies aériennes touchées par la baisse soudaine des vols.

« Le ministère des Finances s’efforcera de renforcer le système financier et de développer des procédures pour lui permettre de continuer à faire face aux conséquences de la situation pour l’économie israélienne, y compris le processus de compensation », a déclaré le cabinet du Premier ministre dans un communiqué mardi.

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