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Espagne: Sanchez promet de « rendre des comptes » après un scandale d’espionnage

Le dirigeant socialiste a promis des "réponses sérieuses" après la publication d'un rapport sur l'espionnage de plus de 60 indépendantistes grâce au logiciel israélien Pegasus

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez prononce un discours lors d'une session à la Chambre basse à Madrid le 25 mars 2020 pour débattre de la prolongation du confinement jusqu'au 11 avril dans un effort pour ralentir la propagation du COVID-19. (Photo par Mariscal / POOL / AFP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez prononce un discours lors d'une session à la Chambre basse à Madrid le 25 mars 2020 pour débattre de la prolongation du confinement jusqu'au 11 avril dans un effort pour ralentir la propagation du COVID-19. (Photo par Mariscal / POOL / AFP)

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a promis mercredi devant le Parlement de « rendre des comptes » sur un scandale d’espionnage présumé de dirigeants indépendantistes catalans qui menace son gouvernement minoritaire.

« Nous allons rendre des comptes », a affirmé le dirigeant socialiste, qui s’exprimait pour la première fois sur ce sujet depuis la publication lundi dernier d’un rapport d’une organisation canadienne sur l’espionnage de plus de 60 indépendantistes grâce au logiciel israélien Pegasus.

« Il s’agit d’un sujet sérieux qui demande des réponses sérieuses », a-t-il martelé en rappelant que son gouvernement avait annoncé dimanche le lancement d’une enquête interne au sein du Centre national du renseignement (CNI) doublée d’une enquête du Défenseur du peuple (ombudsman) ainsi qu’un contrôle parlementaire des services de renseignement.

Promettant une « transparence maximale » et la possibilité de déclassifier des documents, M. Sanchez a toutefois défendu l’action des services secrets. « Tout ce qu’a fait le CNI a été fait, scrupuleusement et avec rigueur, dans le cadre de la loi », a-t-il assuré.

Le logo du NSO Group sur un smartphone placé sur un clavier. (Crédit : Mundissima/Alamy)

Alors que son gouvernement dépend notamment du soutien parlementaire du parti séparatiste ERC (Gauche Républicaine de Catalogne), M. Sanchez a appelé cette formation à « reconstruire la confiance » avec l’exécutif et à ne pas lui retirer son appui.

Les indépendantistes catalans accusent depuis la semaine dernière Madrid d’avoir espionné plus de 60 personnes dont de hauts dirigeants du mouvement en installant Pegasus sur leurs téléphones portables entre 2017 et 2020, après la publication d’un rapport de l’organisation canadienne Citizen Lab.

Ce logiciel permet, une fois installé sur un portable, d’accéder aux messageries, aux données, ou d’activer l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

Depuis le début de cette affaire, le gouvernement n’a jamais reconnu que des indépendantistes avaient été espionnés.

Cette photo prise le 19 avril 2022 au Parlement européen à Bruxelles montre un document intitulé « La démocratie catalane sous surveillance », lors d’une conférence de presse de l’ancien dirigeant catalan en exil et membre du Parlement européen. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Citant des sources proches du CNI, le quotidien El Pais a toutefois affirmé mardi que les services de renseignement espagnols avaient bien espionné des indépendantistes catalans mais avec l’autorisation de la justice et de manière ciblée et non massive.

Dans un autre geste destiné à calmer les indépendantistes, la présidente socialiste de la Chambre des députés a autorisé mardi une modification de l’élection des futurs membres de la commission parlementaire des « secrets officiels », qui se penchera sur l’action des services de renseignement dans cette affaire, afin notamment qu’ERC puisse y siéger.

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