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Et pourtant Mireille Knoll le considérait « comme un fils »

Dans le HLM où vivait en harmonie juifs, musulmans et anciens communistes, le meurtre de la rescapée de la Shoah a peut-être brisé cette entente harmonieuse

Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien, en mars 2018. (Autorisation)
Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien, en mars 2018. (Autorisation)

Mireille Knoll a été assassinée le 23 mars dans des circonstances encore troubles que l’enquête devra éclaircir. Au-delà de savoir lequel des deux suspects est responsable de sa mort, l’enquête devra se prononcer sur les circonstances aggravantes d’antisémitisme qui constituent une part très sensible du dossier.

Aujourd’hui, c’est l’histoire du havre si particulier où Mireille Knoll résidait depuis plus de 30 ans habiter qui attriste.

Les journalistes du Monde Elise Vincent et Raphaëlle Bacqué ont remonté le fil de la vie de Mireille Knoll, depuis son meurtre par le duo formé par Yacine B. et Alex C. à son arrivée dans ce HLM du 11e arrondissement de Paris. Une vie intimemant liée à cet HLM.

Dans cet immeuble de 102 appartements, tous connaissaient « Mireille » et Yacine, racontent les reporters. Car cet ensemble HLM formait, et peut-être saura-t-il se remettre de ce traumatisme, une « petite communauté où cohabitent religions et diverses nationalités ».

Une petite communauté, reliée par une très active amicale des locataires issus de « familles venues du Maghreb, d’Afrique noire ou de Chine » venues « s’installer peu à peu, à partir des années 1980, remplaçant une partie des vieux ouvriers de la confection et les anciens militants communistes (…) raconte Le Monde. Ramadan, Shabbat, Noël, l’amicale des locataires (…) a appris à composer avec ces familles si différentes qui cohabitent sans trop de difficulté ».

Le président français Emmanuel Macron lors des funérailles de Mireille Knoll, survivante de l’Holocauste, le 28 mars 2018 (Abraham Ben Isaac / Twitter via JTA)

Et dans ce creuset de mixité, l’ouverture et la bonté de Mireille Knoll représentait sans doute une sorte de symbole, elle qui expliquait souvent au président de l’amicale, Philippe Gautier, qu’elle avait  » pardonné aux nazis qui ont déporté en 1941 à Auschwitz celui qui allait devenir son mari, Kurt », comme elle a pardonné à Yacine B. d’avoir été condamné pour agression sexuelle sur la fille de 12 ans de son auxiliaire de vie.

L’avenir dira si Yacine B, qui était chez Mireille Knoll comme chez lui, et peut-être même mieux que chez lui où sa mère ne le laissait pénétrer qu’avec réticence depuis sa sortie de prison, aura eu raison de ce bastion de la mixité.

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