Israël intègre officiellement le CENTCOM américain
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Israël intègre officiellement le CENTCOM américain

Cette initiative, annoncée en janvier, vise à améliorer la communication et la coordination entre Israël et les autres alliés des USA dans la région pour combattre l'Iran

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

De gauche à droite : Le chef d'État-major Aviv Kohavi, le commandant du CENTCOM Kenneth F. McKenzie, Jr., et le ministre de la Défense Benny Gantz à Tel Aviv, le 29 janvier 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense Ministry)
De gauche à droite : Le chef d'État-major Aviv Kohavi, le commandant du CENTCOM Kenneth F. McKenzie, Jr., et le ministre de la Défense Benny Gantz à Tel Aviv, le 29 janvier 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense Ministry)

Le CENTCOM (Commandement Central) américain a officiellement pris la responsabilité, jeudi, de la relation militaire avec Israël environ huit mois après l’annonce de l’initiative. Jusqu’à présent, l’État juif dépendait de l’EUCOM (Commandement européen).

« Ce réalignement, qui a été annoncé au mois de janvier par le département américain de la Défense, renforce la relation stratégique de défense entre les États-Unis et Israël et offre l’opportunité d’approfondir la collaboration opérationnelle entre l’armée israélienne et les nombreux partenaires du CENTCOM dans la région », a fait savoir le CENTCOM dans un communiqué.

Depuis des décennies, l’État juif dépendait de l’EUCOM dans le but de prévenir de tensions possibles entre le CENTCOM et les nations arabes et musulmanes placées sous la responsabilité de ce dernier, dont un grand nombre n’entretenait pas de liens formels avec Israël. Ce commandement central couvre la zone de tout le Moyen-Orient jusqu’à l’Asie centrale, et couvre notamment le Golfe persique, l’Afghanistan et le Pakistan.

L’arrangement précédent permettait à Israël de travailler étroitement avec les membres européens de l’Organisation du traité de l’Atlantique-nord (OTAN) au sein du Commandement européen, limitant à la base les interactions entre l’armée israélienne et les armées arabes couvertes par le Commandement central.

Des avions-chasseurs F-15 et F-16 AFCENT dans le ciel du sud d’Israël pendant l’exercice ‘Aigle du désert’, le 10 août 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Ces dernières années, les alliés du CENTCOM ont développé des relations avec l’État juif de manière croissante – certaines de façon informelle – et le contexte a donc changé. Si l’initiative reste partiellement symbolique, l’inclusion d’Israël au sein du CENTCOM devrait toutefois améliorer les communications directes entre les forces israéliennes et les troupes américaines dans la région et, par le biais des États-Unis, avec les autres armées de la région. Ce transfert ne devrait rien modifier la localisation des bases des soldats américains au Moyen-Orient ou en Europe.

« Le CENTCOM va dorénavant œuvrer à concrétiser l’engagement pris par le gouvernement américain d’adopter une approche holistique face à la sécurité régionale et à la coopération avec nos partenaires. L’attachement sans faille du gouvernement américain à la sécurité israélienne reste ferme et indéfectible », a noté le CENTCOM.

En période de crise, Israël, dans le passé, a bénéficié de l’aide en termes de défense aérienne de l’EUCOM – cela avait été particulièrement le cas en 1991, pendant la Première guerre du Golfe, quand l’Irak avait lancé des dizaines de missiles Scud vers l’État juif. De tels déploiements pourront encore avoir lieu dans l’avenir et l’armée israélienne et l’EUCOM organisent des entraînements de défense aérienne régulièrement. Un exercice de ce type s’est d’ailleurs déroulé cette année.

Même si Israël a rejoint officiellement le CENTCOM jeudi, il est difficile de dire si ce transfert comprend les déploiements de défense aérienne. Sollicité à ce sujet, le Pentagone n’avait pas répondu au Times of Israel au moment de la rédaction de cet article.

La décision de transférer Israël au sein du CENTCOM avait été prise par l’ancien président américain Donald Trump, peu avant la fin de son mandat, suite aux pressions exercées par plusieurs groupes pro-israéliens à Washington et dans un contexte de liens croissants entre Tsahal et le CENTCOM.

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