Evoquant 600 décès par mois, Gamzu ordonne d’ouvrir de nouvelles unités COVID-19
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Evoquant 600 décès par mois, Gamzu ordonne d’ouvrir de nouvelles unités COVID-19

"Notre situation est très grave", a dit Gamzu alors que le bilan des décès a grimpé ; la mise en place de nouvelles restrictions reste improbable jusqu'à après Yom Kippour

Des employées du centre médical Soroka de Beer Sheva dans l'unité de coronavirus de l'hôpital, le 15 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Des employées du centre médical Soroka de Beer Sheva dans l'unité de coronavirus de l'hôpital, le 15 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

L’homme fort de la lutte contre le coronavirus en Israël a averti dimanche que le nombre de cas de coronavirus dans le pays atteignait des niveaux « d’urgence » qui pourraient entraîner 600 décès par mois des suites de la maladie. Il a ordonné aux hôpitaux d’ouvrir de nouvelles unités pour accueillir les personnes atteintes par le coronavirus.

Le professeur Ronni Gamzu a déclaré au cours d’un entretien accordé à la Douzième chaîne qu’il craignait que le nombre de formes graves de la COVID-19 n’atteigne les 800 d’ici la fin de la semaine – un chiffre souvent invoqué comme étant le seuil maximum avant dépassement des capacités des hôpitaux.

Gamzu a ajouté redouter qu’au vu des taux actuels, Israël n’enregistre jusqu’à 20 décès par jour ou 600 morts par mois, soit presque la moitié du bilan national depuis le début de l’épidémie sur le territoire.

« Notre situation est très grave », a-t-il averti. Il y a eu 30 morts en vingt-quatre heures dans le pays dans la journée de samedi.

Le ministère de la Santé, dimanche, a fait savoir que 2 122 nouveaux cas de coronavirus avaient été enregistrés depuis samedi minuit – ce qui amène le nombre total d’infections à 187 902 depuis le début de la pandémie. Il a confirmé la mort de six personnes supplémentaires. Depuis l’apparition de la maladie, 1 256 personnes ont succombé des suites de la COVID-19 dans le pays.

Le nombre de cas est inférieur à celui des derniers jours – mais cette baisse reflète probablement la chute du nombre de tests de dépistage réalisés pendant Rosh HaShana.

Le ministère a annoncé que 52 577 cas actifs avaient été confirmés. 643 personnes se trouvent dans un état grave et un nombre record de 170 personnes sont actuellement placées sous respirateur.

Gamzu a ajouté qu’alors que le nombre de cas graves pourrait rapidement augmenter et atteindre les 800, il avait ordonné à tous les hôpitaux d’ouvrir des unités de coronavirus supplémentaires en mettant en garde contre « une situation d’urgence ». Il a noté que les soins médicaux non-urgents pourraient être dorénavant reportés.

Ronni Gamzu lors d’une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Leon, à l’hôtel de ville de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Gamzu a toutefois ajouté qu’à ce stade, il n’était pas favorable à un renforcement des restrictions imposées aux Israéliens, deux jours après le lancement du nouveau confinement national.

Selon la Douzième chaîne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Santé Yuli Edelstein soutiendraient tous les deux de plus importantes limitations.

Parmi les mesures envisagées, réduire encore le nombre d’employés autorisés à se rendre sur leur lieu de travail, dans le privé, et durcir les règles d’application des directives de lutte contre le coronavirus dans les manifestations et dans les synagogues, a annoncé la chaîne.

« Nous devons donner une chance avant d’exprimer notre manque de confiance total dans les Israéliens. Le gouvernement doit leur donner une chance », a affirmé Gamzu, qui a noté que « le prix à payer pour la fermeture totale du secteur privé est très dur ».

Néanmoins, les chaînes d’information ont indiqué qu’aucun renforcement du confinement national n’était attendu avant la fin de Yom Kippour. Le Jour du grand pardon commencera, cette année, pendant la nuit du 27 septembre et il s’achèvera la soirée suivante.

Gamzu a déclaré que sur la base des éléments réunis au cours des premières quarante-huit heures de confinement, il s’avérait qu’une majorité d’Israéliens adhérait aux directives et que ces derniers ne cherchaient pas à exploiter d’éventuelles « failles ».

Et il est vrai que le bouclage du pays a été largement respecté samedi et dimanche et que les routes sont restées généralement désertes alors que l’Etat juif marquait le premier des deux jours de Rosh HaShana, le Nouvel an juif.

Il y a toutefois eu des informations portant sur des rassemblements qui ont été dispersés par la police. Des centaines de fidèles ont ainsi été renvoyés chez eux à Haïfa, vendredi et samedi, alors qu’ils se trouvaient à l’entrée d’une synagogue sans obéir aux directives de distanciation sociale. Une petite fête réunissant plusieurs douzaines de personnes sur la plage de Tel Aviv, samedi soir, a aussi été interrompue. Les personnes présentes ont fait savoir qu’elles avaient voulu manifester leur mécontentement à l’égard du confinement.

La Douzième chaîne a annoncé que la police n’avait pas fait appliquer les restrictions gouvernementales sur les prières dans les synagogues ultra-orthodoxes de Jérusalem et de Bnei Brak pendant Rosh HaShana.

Par ailleurs, des milliers de personnes se sont rassemblées aux abords de la résidence de Netanyahu à Jérusalem en tentant de se conformer aux mesures de distanciation sociale décidées dans le cadre des mouvements de protestation.

La police a divisé les manifestants en « capsules » d’une vingtaine de personnes et les manifestants ont fait des inscriptions à la craie, dans la rue, pour désigner les endroits où devaient se tenir les participants.

Les manifestants israéliens brandissent des panneaux et scandent des slogans au cours d’une manifestation contre le Benjamin Netanyahu aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 20 septembre 2020 (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Les Israéliens se sont retrouvés, dimanche soir, à l’occasion de la manifestation hebdomadaire anti-Netanyahu organisée aux abords de sa résidence officielle de Jérusalem – un test grandeur nature du bouclage du pays. C’était le premier mouvement de protestation de ce type depuis le début du nouveau confinement dans le pays et il a eu lieu après l’annonce des nouvelles restrictions en direction des participants.

Si les manifestations ne sont pas concernées directement par les nouvelles limitations sur les déplacements et sur les regroupements, Israël a imposé une nouveau confinement national en raison du coronavirus vendredi – c’est le deuxième cette année. C’est la première fois dans le monde qu’un pays développé met en vigueur un second bouclage pour réduire l’ampleur de la pandémie. Ce bouclage devrait durer trois semaines, mais il pourrait, selon les observateurs, durer plus longtemps, alors que l’Etat juif s’efforce de venir à bout d’un nombre quotidien de nouveaux cas record.

A Tel Aviv, samedi, environ 200 personnes se sont retrouvées sur la plage pour protester contre les limitations induites par le confinement et contre la gestion de la pandémie de coronavirus par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dénonçant également ses mises en examen.

Les organisateurs ont exploité une faille des règles qui ont été mises en place pour le bouclage du pays, et qui permet aux personnes de s’éloigner à plus d’un kilomètre de leurs habitations – le périmètre autorisé – s’ils veulent se rendre à un mouvement de protestation. Les directives n’empêchent pas explicitement les manifestations sur les plages – même si ces dernières sont fermées, exclusivement ouvertes aux amateurs de sport.

Certains protestataires se sont livrés à des activités sportives, tandis qu’un autre a fait sonner le Shofar – utilisant une autre faille dans les régulations mises sur les déplacements.

Ce bouclage de trois semaines, qui exige la fermeture de nombreuses entreprises et établit des limitations strictes sur le public israélien, a commencé quelques heures avant le Nouvel An juif, Rosh HaShana, et il couvrira d’autres fêtes religieuses importantes, notamment Yom Kippour et Souccot.

Des Israéliens protestent contre le confinement national et contre le Premier ministre sur la plage de Tel Aviv, le 19 septembre 2020 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Vendredi, environ 7 000 policiers et soldats – soutenus par les personnels des municipalités locales – ont été déployés dans tout le pays pour faire respecter le confinement, à l’aide de barrages routiers et de patrouilles. En effet, les craintes sur une coopération moindre de la part des Israéliens, à la fois épuisés et exaspérés face à ces nouvelles restrictions, à ce second confinement restent bien réelles.

Les amendes distribuées aux personnes contrevenant aux directives sont de 500 shekels pour les individus et de 5 000 shekels pour les entreprises.

Netanyahu avait déclaré, avant le bouclage du pays, que l’Etat juif n’avait pas d’autre choix que d’imposer un nouveau confinement.

« Le système de santé a brandi le drapeau rouge… Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour atteindre l’équilibre entre les nécessités sanitaires et les besoins de l’économie », avait-il déclaré au cours d’un discours télévisé, jeudi.

Des kite-surfers au crépuscule, au large de Tel Aviv, alors qu’un second confinement a été mis en oeuvre dans le pays pour cause de coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Si le gouvernement israélien avait été salué pour sa prise en charge initiale de la pandémie au mois de mars – mettant en place un confinement strict – de nombreux Israéliens ont exprimé leur frustration face à ce qu’ils considèrent comme une gestion mauvaise de la crise sanitaire par le cabinet, au cours de ces derniers mois.

L’Etat juif est le premier pays développé à avoir recours à un nouveau bouclage, même si de nombreuses nations occidentales ont connu une recrudescence des cas ces dernières semaines et que certaines envisagent dorénavant de mettre en place de nouvelles restrictions, notamment le Royaume-Uni.

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