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Explosion du port de Beyrouth en 2020 : l’ONU plaide pour une enquête internationale

La déflagration, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, a fait plus de 200 morts et 7 000 blessés - dont plus de 1 000 enfants - et aucune responsabilité n'a été établie

La poussière s'élevant des silos dans le port de Beyrouth, au Liban, dimanche 31 juillet 2022. (Crédit : AP Photo)
La poussière s'élevant des silos dans le port de Beyrouth, au Liban, dimanche 31 juillet 2022. (Crédit : AP Photo)

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme s’est dit lundi favorable à une enquête internationale sur l’explosion il y a trois ans dans le port de Beyrouth, en déplorant qu' »aucune responsabilité n’a été établie » jusqu’ici dans cette affaire.

« Au Liban, trois ans après l’explosion de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts et 7 000 blessés, dont plus de 1 000 enfants, aucune responsabilité n’a été établie », a relevé Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme.

« Bien au contraire, de nombreuses inquiétudes ont émergé à propos des interférences dans l’enquête, dans un contexte de grave crise économique et sociale et de gouvernance faible. Il est donc peut-être temps d’envisager une mission d’établissement des faits internationale pour examiner les violations des droits humains liées à cette tragédie », a-t-il ajouté.

La déflagration, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’Histoire, avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d’ammonium malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

A l’occasion du troisième anniversaire de l’explosion, le 4 août dernier, des centaines de Libanais avaient marché jusqu’au port pour accuser la classe politique d’entraver l’enquête.

La veille de cette manifestation, 300 ONG dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ainsi que des familles de victimes avaient renouvelé leur appel à la formation d’une commission d’enquête internationale.

Une partie des silos qui s’effondrent, dans le port de Beyrouth, au Liban, dimanche 31 juillet 2022. Une partie des énormes silos à grains du port de Beyrouth, déchiquetés par l’explosion de 2020, s’est effondrée dimanche après un incendie de plusieurs semaines déclenché par des grains qui avaient fermenté et s’étaient enflammés dans la chaleur de l’été. (Crédit : AP Photo)

Au Liban, un premier juge chargé de l’enquête en 2020 avait dû jeter l’éponge après avoir inculpé l’ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.

Son successeur, Tarek Bitar, s’est à son tour attaqué à des responsables politiques mais le Parlement a refusé de lever l’immunité de députés inculpés, le ministère de l’Intérieur s’est opposé à l’interrogatoire de hauts gradés, et les forces de sécurité ont refusé d’exécuter des mandats d’arrêt.

Il a été contraint de suspendre son enquête pendant 13 mois, en raison de dizaines de poursuites à son encontre de la part de responsables politiques et d’intenses pressions.

En janvier dernier, il a repris son travail à la surprise générale. Il a alors été poursuivi pour insubordination par le procureur général après avoir inculpé plusieurs personnalités de haut rang, une première dans l’histoire du Liban.

Le procureur a également ordonné la libération des 17 personnes détenues sans jugement depuis l’explosion.

Le département d’Etat américain a estimé de son côté que « l’absence de progrès » dans l’enquête était « inacceptable », soulignant « la nécessité d’une réforme judiciaire ».

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